Retour sur le live-twitt des Assises du Journalisme
Pendant les Assises du Journalisme, j’ai pu voir que de nombreuses personnes utilisaient Twitter, réalisant un live des différents débats. Utile pour suivre quand on est dans une autre salle mais surtout pour les absents puisque plusieurs émettaient des requêtes ou remerciaient pour ce suivi. Le vendredi matin, j’ai lancé un appel pour une petite réunion des utilisateurs du hashtag #aij09. Limités par un emploi du temps serré, nous n’avons pas vraiment eu le temps de discuter. Place donc à un questionnaire pour connaître les lives-twitteurs et leurs us et coutumes.
@jokerwoman , @couve , @ivalerio , @valeriepailler , @ariane_k , @initials_cc , @enora_ollivier , @mariekirschen , @ze_ben , @tchaff y ont répondu. Merci à eux du temps qu’ils ont pris et désolé pour l’attente.
1. Travail ou formation
Première surprise tout d’abord, seulement deux journalistes confirmés parmi les 11 personnes participant à ce test.
Philippe Couve de RFI, spécialiste des nouveaux médias et Valérie Pailler, responsable de la formation continue en presse écrite et multimédia au CFPJ.
9 étudiants donc ensuite. Le CUEJ emporte la mise avec 4 représentants. L’école étant sur Strasbourg, on comprend facilement la raison. Derrière, le CFJ et le Celsa avaient deux live-twitter. Enfin, l’auteur même de ces lignes envoyé par la formation en webjournalisme de l’Université de Metz.
Peu de journalistes qui twittent à moins que peu n’aient fait le déplacement comme le souligne Pierre France des DNA. Relativement peu d’étudiants aussi. Comme nous allons le voir ensuite, plusieurs comptes du questionnaire sont nés à l’occasion des Assises.
C’est peut-être pour lutter contre cette faible présence étudiante que Steven Jambot a donné des cours à l’EJT ou encore que Aude Baron a initié les étudiants du CFJ à Twitter (#jesuisaucfj).
2. Profils twitter
Peu de twitter-addicts dans le lot.
- 6 inscrits depuis moins d’un mois dont 2 la semaine des Assises.
- 3 inscrits depuis l’été.
- 2 vieux de la vieille habitués des live-twitts.
La quantité de tweets envoyée a été très variable. Certains en ont envoyé plus de 300, d’autres une dizaine. Les étudiants du CUEJ sont parmi ceux qui ont envoyé le moins mais ariane_k livre un début d’explication « nous avions beaucoup de travail à côté donc pas le nez dans le timeline. »
Environ 60% du total des tweets était constitué de citations. 15% à tendance ironique, 10% d’échanges avec les intervenants et 5% de messages enrichis avec des liens extérieurs.
Pour Ivalerio et Valérie Pailler, c’est la citation qui reste à privilégier : « Il faut rester rigoureux dans le contenu des tweets. L’humour, l’ironie et la causticité ne parlent qu’à ceux qui sont sur place ».
3. Expérience
Quelle expérience les participants en tirent-ils ? Dans l’ensemble ils sont plutôt satisfaits. Pour les uns, c’est la découverte de Twitter avec un évènement pareil, pour les autres, le développement du réseau.
Valérie Pailler note ainsi « nous sommes une communauté alors que jusque là, je ne l’avais pas véritablement ressenti« .
Presque tous font mention d’échange avec leurs followers, qui demandent plus de détails ou encore de poser des questions pour eux. Certains soulignent aussi l’augmentation du nombre de leurs followers (+60 environ pour ma part). Les #followfriday délivrés par SylvainLapoix ou encore Xternisien, ont aussi du y contribuer.
Pour Tchaff et Enora_ollivier, un problème demeure. Quelle information choisir ? « Dans l’immédiateté, on manque de recul pour sélectionner les bonnes informations. Et pour que d’autres ne le twittent pas avant, il faut aller vite. »
Couve tient lui à préciser un point. « L »expérience n’est pas purement journalistique. Elle a à voir avec la notion de réseau et de partage. Les live-twit sont des moment de partage qui créent un lien et les conditions favorables pour des collaborations futures. »
4. Le refaire ?
Si vous deviez le refaire que changeriez-vous ? A cette question, les réponses ont été très variables. Pour certains, c’est tout simplement une application à télécharger sur le téléphone. Une réponse justifiée par la nécessité d’être plus rapide défendue par la plupart.
Tchaff va lui à contre-courant : « je twitterais à intervalles réguliers (10min) ce qui vient d’être dit en substance, quitte à utiliser plus d’un tweet pour le dire ».
Ze_ben imagine pour sa part une collaboration plus poussée entre collègues : « Pourquoi ne pas faire des duo ou trio de live-twitteurs qui choisissent une personne dans un débat pour le suivre lui et uniquement lui, en réponse aux autres. Je pense aussi que pour ce genre d’évènement, il faudrait aussi peut être pouvoir créer des sous-catégories de hashtag pour mieux se repérer dans les discussions ».
Bilan
Il semble difficile de dégager une bonne méthode de live-twitt. Chacun d’entre nous ayant eu des réactions positives peu importe l’approche. Une situation peut-être liée à un phénomène de complémentarité. L’utilisation du hashtag permettant de retrouver facilement les live-twitters et donc de choisir ceux ayant le style que l’on préfère.
Je partage l’opinion de Couve concernant la mise en place de liens favorables à des conditions ultérieures de collaboration et de discussion. L’idée d’une association des écoles de journalisme y trouve peut-être son origine.
L’utilisation de twitter reste encore faible parmi les journalistes. L’article de Slate sur le tout à l’ego des journalistes qui « se livrent au plus grand concours de bites jamais organisé dans notre pays » via Twitter me semble auto-centré sur la presse parisienne. Lors du congrès du SNJ, j’ai aperçu un tweet d’Ariane_k (que je n’arrive pas à retrouver) illustrant très bien cet état de fait. Elle était apparemment une des seules à twitter. C’est la PQR qui était la plus représentée lors de cette réunion. Hormis quelques journaux « en avance » ou dotés de journalistes « branchés », la presse régionale n’a pas encore globalement suivi le mouvement. En tout cas pas avec une ampleur équivalente aux Parisiens. Pour preuve le recueil (certes non exhaustif) des journalistes français sur Twitter qui ne compte que 311 membres…
Vous pouvez revivre les Assises sur les blogs du CUEJ et du CFJ.
Le bon usage journalistique de Twitter sur le site de France 2.
A propos de Jérémy
Nomade et l’esprit en vacances, un pied à Paris ou ailleurs et l'autre dans ma Bretagne natale. Journaliste multimédia, un peu de webdocu, une bonne dose d'écriture et beaucoup de réseaux sociaux sont au menu... Revendique la paternité des biographies de l'ensemble des auteurs sur ce blog.
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