Le « forçat » est-il un journaliste ?

Crédit photo : @Nina Robert

Je reviendrai plus tard sur la formation que je suis actuellement en webjournalisme à l’université de Metz. Pour l’heure, ce sont plus certains débats ayant lieu en cours qui attirent mon attention.

A vrai dire, je ne pensais pas vivre un échange aussi houleux sur les forçats dans ma formation. J’espérais même ce terme enterré après l’interview de Xavier Ternisien que j’avais réalisé aux Assises du Journalisme. Si, même l’instigateur de cette terminologie, la déclare désuète, les autres devraient suivre non ?

Hors, ce matin notre professeur (dont on ignore toujours la matière) est  revenu sur le sujet déclarant :

« Les « journalistes » qui passent leur temps derrière un écran ne sont pas des journalistes. »

Premiers émois de ma part… Qui s’accentuent quand il commence à décrire ces poulets en batterie…

Plusieurs choses…

Comment peut-on encore dresser un portrait pareil du journalisme web ? Ils ne sont (enfin j’ose le croire) qu’une minorité à faire du bâtonnage de dépêches comme il le dit. Dans la plupart des cas, il y a vraiment un travail de sourçage, d’enrichissement de l’information, d’enquête même parfois. Pas besoin de chercher loin pour ça, il me suffit de me baser sur mes différents stages au Télégramme, à Presse Océan ou à Maville. Alors oui on fait de la dépêche mais pas que ça.
Un étudiant de la licence de webjournalisme en plein travail @Nina Robert
Le souci c’est que dans ma promotion, nous n’avons pas encore touché véritablement à cette partie du travail web. La vidéo, le son, les papiers on en bouffe. Mais la partie ingrate non. Je me suis donc heurté à une certaine incompréhension de mes collègues.

Deuxième point important du débat, le rôle du journaliste web, - celui qui ne fait pas que du bâtonnage de dépêches et qu’on peut donc nommer journaliste -. Plongés dans notre débat, il m’a donné des exemples que j’ai tout simplement trouvé… aberrants. Nous parlions alors des faits divers, il me disait qu’il y avait 3 meurtres par semaine et qu’au web nous devrions les traiter. Mais est-ce vraiment notre rôle ? L’objectif n’est-il pas d’apporter une plus-value grâce aux différents médias utilisés ?

Nous avions réalisé il y a peu, la couverture d’assises d’un tribunal avec du son, une infographie pour présenter le rôle de chaque participant, un live-twitt… Alors certes oui l’exercice est divertissant. Pour autant était-ce nécessaire ? Doit-on faire du multimédia à tout prix ? Je ne le pense pas, je vois même mal comment en faire de manière pertinente dans l’assassinat de Madame Michu, Michou et Mochui dans la même semaine.

Il a tenté ensuite de me donner des exemples, parlant par exemple de filmer des reconstitutions du crime faites par la police. D’une, je doute que l’on puisse les filmer, de deux est-ce que cela intéresse réellement le lecteur ? Et y a t’il réellement une rentabilité (bouh le vilain mot) à faire ça ? Le temps passé sur un sujet pareil est-il nécessaire ? A l’heure actuelle, ce sont les locales qui gèrent ce travail, envoyant une dépêche à la rédaction internet pour la publier ensuite. Un traitement qui dans la plupart des cas est bien suffisant.

Le journaliste web idéal ou ce qui s’en rapproche le plus actuellement (Shiva ?) travaille souvent dans les rédactions des pure-players. Alternant vidéo, son, texte et se refusant à la publication de dépêches d’agences pour une information de qualité. Mais combien de postes dans ces médias ?

Crédit photo : @Nina Robert

A propos de Jérémy

Nomade et l’esprit en vacances, un pied à Orléans ou ailleurs et l'autre dans ma Bretagne natale. Journaliste multimédia, un peu de webdocu, une bonne dose d'écriture et beaucoup de réseaux sociaux sont au menu... Revendique la paternité des biographies de l'ensemble des auteurs sur ce blog.

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