L’insoutenable indisponibilité du Nobel de Littérature 2009
Quand le Nobel de Littérature a été attribué à Herta Müller, Allemande née en Roumanie, ma curiosité a été piquée au vif. Pour en savoir plus sur ses publications, je suis allée me renseigner sur ses publications à Mollat (première librairie indépendante française située dans la plus belle ville du monde, Bordeaux).
Première surprise : ses ouvrages traduits en français sont en cours de réimpression, tant en poche qu’en grand format.
Les éditeurs français n’indiquent aucune date à laquelle les ouvrages, un par éditeur, seront à nouveau disponibles. Pourtant, il est ici question de mastodontes de l’édition française : Gallimard, qui a acheté les droits du dernier ouvrage de Müller il y a peu, Le Seuil et Métailié, petite maison réputée pour sa rigueur dans les traductions.
Sans perdre espoir, je me dirige vers le rayon VO, assez fourni chez Mollat, et demande conseil auprès de la libraire. Qui, un peu amère, m’explique que, dès l’annonce du prix Nobel, ils ont fait une commande auprès de l’éditeur allemand. Trois semaines après, ils n’avaient toujours rien reçu. Rien non plus en traduction anglaise. À n’en pas douter, il s’agit d’un prix Nobel fantôme.
On peut en rire tant qu’on veut, l’an dernier Jean-Marie-Gustave Le Clézio, publié chez Gallimard, n’a pas rencontré ce problème… en France, certes. Mais les Américains ignoraient tout de cet auteur et ont dû contacter Gallimard en express pour acheter les droits et le traduire.
Le paradoxe de ce prix international avec les prix français est fort : impossible d’entrer dans une librairie sans se trouver submergé face à l’omniprésence des ouvrages d’auteurs nommés pour les Goncourt, Médicis, Renaudot, Femina and Co. Le harcèlement médiatique en vue du couronnement d’auteurs français est presque risible à côté du Nobel accordé presque dans l’indifférence. Et sans livre avec un bandeau « Prix Nobel 2009″, c’est un peu comme s’il n’y en avait pas eu du tout…
Revue de presse du 9 octobre 2009 sur le site des Éditions Métailié.
A propos de Stéphanie
« Un livre c’est vivant! », « L’Europe n’est qu’un grand pays ». Deux citations qui esquissent la définition de cette bordelaise de 21 ans. Initiée cet été à Twitter, elle continue maintenant son chemin sur Internet, prenant garde à y lier ses deux passions, l’Europe et la lecture. Si je devais lui trouver un défaut… C’est sans aucun doute qu’elle habite aussi loin de la capitale. Pour le reste, ça sera à vous de la découvrir.
Pingback: Twitted by jeremyjoly