Ca se gâte pour le Climategate

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Etonnant de constater à quel point certaines polémiques savent arriver au juste moment. Dans cette semaine d’ouverture du Sommet de Copenhague, la plus notable est évidemment le Climategate.

Voilà, on y est. Toutes les nations en rangs d’Oignon, gentiment réunies au Danemark autour de LA préoccupation ; comment endiguer la réchauffement climatique ? Au-delà du pathos inhérent aux solitaires balades en voiture ou au robinet qui coule pendant le brossage de dents, il y a un projet politique mondial. On suppose même qu’en appliquant certaines théories économiques comme la décroissance, on arriverait à diminuer efficacement nos rejets carbonés. On s’accorde plus ou moins à conjuguer, de concert et pour longtemps, un verbe qui fait très mal dans l’esprit des grands capitalistes ; réguler.

Oui, mais il y a les autres. Les optimistes qui disent qu’après tout, il n’y a pas de quoi s’alarmer. On est sûrs de rien, l’absolu n’est pas accessible, et on en passe. Et là, scandale. Le suffixe « gate » ajoutée à la noble cause du climat. Pire que Nixon et Pasqua réunis, une poignée de jours seulement avant les débats amenant les suggestions « poil à gratter » ! Des petits malins du clavier disent avoir trouvé la preuve du complot. De vilains climatologues britanniques ont truqué les chiffres, poussant l’arrogance jusqu’à s’échanger benoîtement leurs forfaits par mails. Haro sur cette fumisterie écologique ! Et quand on aura brûlé vifs ces experts menteurs, nous pourrons reprendre nos 4×4 individuels sans rougir.

Sauf que ça ne se passe pas comme ça. Les preuves piratées n’émeuvent pas autant qu’une affaire d’Etat. Elle se révèlent même lourdement légères après examen. On imagine mal l’intérêt de scientifiques du climat à dramatiser le réchauffement. En revanche, l’idée que des représentants de lobbys automobiles ou pétroliers aient intérêt à voir ces recherches discréditées fait plus aisément son chemin. Surtout que les hackers sont plutôt clients de défis plus croustillants, comme saborder la vitrine internet du FBI ou déverrouiller les coffres virtuels des plus juteuses banques. Y aurait-il eu un accord entre des pirates informatiques et un grand nom dans l’industrie pour mettre à mal la thèse du réchauffement climatique ?

Dans des enjeux aussi importants, le doute n’est pas permis. Or, c’est justement un vent d’incertitude que beaucoup d’entreprises voudrait voir souffler dans l’opinion mondiale pour se maintenir grassement. Le reportage Enfumés de Paul Moreira est à visionner d’urgence pour tous ceux désirant prolonger cette réflexion.

A propos de RaphiPons

Maniaque de la protection de son image sur Internet, ce Mulhousien de 21 ans est sans aucun doute le plus à gauche de la bande. Quand il daignera lâcher la caméra, sortir du cinéma ou décrocher de son jeune compte twitter, vous le retrouverez ici à casser l’UMP.

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