L’effet rebond du débat Besson

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Qui a dit qu’on ne pouvait pas rapprocher écologie et débat sur l’identité nationale ?

Des chercheurs viennent d’inventer un moteur écologique révolutionnaire. Le groupe automobile qui les emploie, très fier de cette innovation, met les formes pour l’habiller. Design de pointe, confort optimal, vaste campagne publicitaire, tout y passe. Le public, charmé par ce gros jouet eco-friendly, l’achète en masse. Paradoxalement, cet engouement finit par compenser, voire étouffer, l’économie d’énergie prévue au départ. Ca, c’est l’effet rebond.

Un ministre vient d’inventer un débat identitaire révolutionnaire. Le gouvernement qui l’emploie, très fier de cette stratégie pré-électorale, met les formes pour l’habiller. Mobilisation politique de pointe, site Internet optimal, vaste campagne de propagande, tout y passe. Le public, déboussolé par ce gros jouet idéologique, essaie de se l’approprier sans trop savoir comment. Paradoxalement, cette mascarade finit par compenser, voire étouffer, l’économie de replis communautaires prévue au départ. Ca, c’est l’effet rebond du débat Besson.

L’objectif n’a rien de nouveau. La droite espère flatter ses partisans les plus extrêmes en mettant l’identité française sur un piédestal, juste assez pour contrer la gauche aux régionales. La manière est en revanche aussi novatrice que dangereuse. En lâchant cette baballe protéiforme, aucun membre du gouvernement ne sait comment gérer le rebond. En quelques semaines, les bourdes s’accumulent lourdement. Un maire UMP invité à un des premiers débats craint de « se faire bouffer ». Christian Estrosi se risque à une spéculation historique hasardeuse pour soutenir l’action du Ministre de l’Immigration. Le Figaro lance, dès le lendemain du « Non » Suisse, son propre sondage sur la construction des minarets.  Nadine Morano pense pouvoir noyer une allégation aberrante sur sa vision du « jeune musulman » au milieu de huit minutes de vidéo. Besson continue à justifier tant bien que mal le renvoi de sans-papiers afghans vers un pays en guerre.

Mais le pire reste encore à venir. Liberté, égalité, fraternité, sont dépassés. Le mot d’ordre actuel, « On fait quoi avec ces immigrés ? », pourrait très vite devenir « Et les enturbanés ? ».  Et, en voulant attiser la peur commune de l’intégrisme, c’est toute une communauté religieuse qui risque d’être stigmatisée. Vers qui se tourneront ces croyants désabusés, si joliment mis en dehors de « l’identité » ? Peut-être justement vers les intégristes qui leur tendront les bras. Maintenant que la balle est lâchée, il n’y a plus qu’à espérer que l’effet rebond du débat Besson ne crève pas le plafond.

Crédit : Decapro-Entreprises

A propos de RaphiPons

Maniaque de la protection de son image sur Internet, ce Mulhousien de 21 ans est sans aucun doute le plus à gauche de la bande. Quand il daignera lâcher la caméra, sortir du cinéma ou décrocher de son jeune compte twitter, vous le retrouverez ici à casser l’UMP.

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