Les stages : découvreurs de talents

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La veille du premier jour de mon stage (qui se révèle, après une semaine, très intéressant), je me demandais ce qu’on me confierait comme tâches. Pour avoir été déjà stagiaire plusieurs fois, j’ai craint de revivre certains épisodes peu glorieux que j’ai rendus élégants pour les placer sur mon CV.

Par exemple, je me souviens bien de ce stage dans une maison d’édition régionale où, les premiers jours, on me sollicitait pour que je donne mon opinion sur la mise en page ou sur un texte. J’ai même eu un rendez-vous avec un auteur – qui n’aura finalement pas été publié chez eux. Et puis arriva le jour où le chef s’absenta, me laissant seule avec sa secrétaire sans préciser les missions qu’il attendait de moi. « Regarde les livres, lis, c’est ça le boulot », m’a-t-il dit avant de partir. C’était sans compter les nouvelles missions de secrétariat que je me suis vu attribuer : pendant quatre (longues) heures, j’ai tamponné des enveloppes du nom de l’entreprise.

Lors d’un autre stage, dans une maison d’édition de plus grande envergure, je vois un jour la directrice s’approcher de moi, qui tenais

misérablement le standard alors que personne n’appelait. Elle me tenta : « Serais-tu intéressée par des tâches un peu plus proches de l’éditorial ? », ce à quoi j’ai immédiatement acquiescé, l’éditorial, j’en veux, bien sûr ! Je me suis donc retrouvée, pendant une demi journée, à trier les feuilles de paie des auteurs par ordre alphabétique. 1 500 auteurs, il y avait.

Chef d'entreprises, profitez des stagiaires (caricature)

J’ai aussi effectué un stage dans une librairie. Je ne souhaite pas être libraire mais ma formation me contraint à faire au minimum 2 semaines de stage en édition et en librairie. Ainsi en fut-il… Êtes-vous déjà entré dans une librairie pendant les vacances d’hiver ? Sans doute que non : personne ne rentrait jamais dans cette librairie. Pourtant, un mois plus tôt, quand j’étais passée faire signer mes conventions, la boutique était pleine, c’était pas de chance, ces dates. Et personne ne voulait me laisser m’échapper plus tôt : de 10h à 18h, debout, à guetter le client. Le summum fut atteint quand un client me demanda où étaient les salopes. Et me hurla dessus quand je répondis que je ne savais pas, un peu rougissante, un peu bégayante. En fait, Les Salopes… c’est un livre.

Pour finir dans le tour des stages « poisse », j’ai été amenée aussi, dans le cadre de l’IUT, à être en stage lors d’une manifestation littéraire. Il s’agit d’un événement vraiment génial, chroniqué jusque dans France Culture et Le Magazine littéraire, quelque chose de grande ampleur, en somme. J’ai été assignée, pendant les trois jours de la manifestation, à un stand où personne n’allait. Pendant trois jours entiers, où je restais debout pour répondre aux questions pertinentes des personnes qui se retrouvaient là par hasard (« Les toilettes, c’est au fond, à droite »), avec le sourire.

J’en ai donc déduit que les employeurs n’ont qu’une hâte : engager un stagiaire, qui fera du travail gratuit et de bonne qualité (car le stagiaire souhaite une embauche, un jour). Et en plus le travail pénible et non gratifiant. Et j’ai à présent, au vu des expériences exprimées, coutume de penser que, même si les premiers temps d’un stage sont agréables, cela ne présage pas forcément que la suite sera fantastique elle aussi. Je n’ose même pas aborder la question des petits boulots qu’on accepte pour payer le reste de la vie, ce sujet serait bien trop long à lui seul…

Quelles ont été vos (mauvaises) expériences de stage ? Quel enseignement en tirez-vous ? Et surtout, n’oublions pas : stagiaires de tous les pays, unissons-nous !

Les stages, j’en parlais aussi ici…

A propos de Stéphanie

« Un livre c’est vivant! », « L’Europe n’est qu’un grand pays ». Deux citations qui esquissent la définition de cette bordelaise de 21 ans. Initiée cet été à Twitter, elle continue maintenant son chemin sur Internet, prenant garde à y lier ses deux passions, l’Europe et la lecture. Si je devais lui trouver un défaut… C’est sans aucun doute qu’elle habite aussi loin de la capitale. Pour le reste, ça sera à vous de la découvrir.

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