Ne m’appelez pas brandeur

Ne m’appelez pas brandeur

Disclaimer : Ce que je vais dire ici ne s’applique pas forcément à tous ceux qu’on qualifie de personal brandeurs.

Certains vont sans doute trouver ce billet hautement ironique, hypocrite ou que sais-je d’autre étant donné ma position. Pourtant, au vu de la folie sur le sujet, en réaction aux billets chez JC Feraud et Erwann Gaucher, à l’article de Libération, à celui des Inrocks et à toutes les « conneries » que j’ai pu lire sur le sujet, il me paraît nécessaire.

Qu’est ce qui me vaut (et à d’autres) la qualification de « personal-brandeur » ? Revenons-en à la définition. Je vais vous livrer celle d’Eric Maillard.

« Le Personal Branding consiste à s’exposer comme une marque, mais avec une identité publique qui doit ressembler trait pour trait à la personne qui se cache derrière, sans exclure les failles qui font l’humain. »

Ce que je vais retenir là-dedans et qui me dérange vraiment, c’est l’action de vouloir se mettre en avant, une certaine « recherche » de la célébrité ou en tout cas, de la reconnaissance.

Petit flash-back historique.

Ma présence sur Internet en 2008 ? Un blog sous pseudo aujourd’hui supprimé et un compte Facebook à usage uniquement personnel.  A noter aussi une tentative de site d’actualité avec Morgan Marietti qui s’est révélée un échec total. Traces sur le web à mon nom : proche de zéro. Et déjà la très forte concurrence d’un champion d’enduro…

Juin 2009, je rentre d’Espagne. Ma présence sur le web en est toujours au même point. Ah si, un blog photo. Qui existe encore mais il faut vraiment le chercher. Je fais cet été là mon premier stage sur Internet et je me crée un compte Twitter. La première page vraiment identifiée à mon nom sur la toile.

Depuis ? Un LinkedIn, un Viadeo, un CV, un Tumblr (que je ne mets pas à jour), un blog (vous êtes dessus) qui est en « copropriété » et absolument pas optimisé dans les métadonnées. Il ne ressort même pas si on me « googlise ».

Alors certes, ma présence en ligne est à présent plus ou moins « intensive » bien que venue relativement sur le tard (le terme de personal branding est apparu en 1997). Pourtant je ne l’ai jamais conçue  pour être reconnu. Je ne l’ai même jamais envisagé comme ça. Alors oui clairement, c’est agréable, cela fait plaisir, ça ne sert à rien de le nier. Mais je ne suis vraiment pas convaincu par l’idée que cette démarche doit être forcée ou même réfléchie. Il y a certains écueils à ne pas franchir c’est évident.  Mais l’ensemble doit se faire d’une manière naturelle, en privilégiant le plaisir avant tout. Une simple raison à ça. Beaucoup de personnes tentent de se « mettre en valeur » (pour éviter ce mot qui me semble tabou) et les fumistes, intéressés et non sincères sont vite repérés dans la masse et catalogués.

C’est le message que j’ai essayé de faire passer aux élèves de la licence pro journalisme et média numérique de Metz la semaine dernière. Certains d’entre eux vont peut-être s’étouffer en lisant ce billet. A mon grand regret j’ai dû insister sur l’aspect purement formel, des choses à faire et ne pas faire.

Comment décrire le fait d’être naturel ? « Soyez-vous même ». C’est bien court pour occuper 4h de cours. J’avais ironiquement nommé un de mes chapitres « personal branding ». Certains d’entre eux, je m’y attendais et je l’espérais, ont comparé cette pratique à du marketing. Une vision qui rejoint celle définie par tous les spécialistes (111 000 000 résultats sur Google en cherchant personal branding quand même…). Et c’est cette vision que je veux battre en brèche.

Certains collègues riaient quand je me rendais à des conférences (ici ou encore ici et) ou aux soirées du Djiin. Je n’allais pas à ces soirées pour me faire connaître (ceux qui m’ont déjà vu avec un badge, levez la main). Certes, cela permet de faire des connaissances, d’élargir son réseau. Une pratique journalistique somme toute classique. Mais je m’y rendais plus par réelle envie et surtout avec les yeux d’un journaliste « néo-parisien ». Quelles sont les chances pour quelqu’un habitant à Metz, à Tours ou à Rennes de voir des conférences sur le storytelling, le transmédias ?

Si nous discutons sur les réseaux, échangeons sur les blogs, ce n’est pas pour nous faire repérer et faire parler de nous (pas uniquement en tout cas) mais surtout parce que ces outils font maintenant partie de qui nous sommes, de comment nous envisageons notre métier. Je ne peux pas imaginer travailler sans les utiliser. Mais il est ici bien question de travail journalistique, pas de marketing.

Nous échangeons nos avis, nos idées, notre vision du métier. Prétentieux que nous sommes à notre âge n’est-ce pas ? Les journalistes brandeurs semblent être une espèce « honnie » car jouant de leur célébrité et cherchant toujours à l’augmenter. Des profiteurs abusant du système dans un métier en crise. Cela serait faire bien peu de cas des recruteurs et des journalistes déjà en place. Traitez-moi de rêveur mais si la « célébrité » ne s’accompagne pas de compétences, elle ne mène à rien. Et là encore, les « hypocrites, intéressés, faux-culs » seront vite démasqués par les rédactions.

Note :  Reguen m’a prévenu que je n’étais pas crédible sur le sujet. A vous de juger. N’hésitez pas à lire son très bon billet.  Et non Reguen je ne te lance pas de fleurs pour que tu m’épargnes dans les commentaires. Lâche-toi.
Note 2 : Coup de gueule du week-end que je vais peut-être regretter plus tard. Tant pis. Pardonnez aussi la forme parfois un peu brouillonne, je reviendrai dessus au besoin. Le titre est une idée de Steven Jambot.

A lire la réponse de Morgane Tual : Je suis une personal brandeuse. Et j’assume.

A propos de Jérémy

Nomade et l’esprit en vacances, un pied à Paris ou ailleurs et l'autre dans ma Bretagne natale. Journaliste multimédia, un peu de webdocu, une bonne dose d'écriture et beaucoup de réseaux sociaux sont au menu... Revendique la paternité des biographies de l'ensemble des auteurs sur ce blog.

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  • Jb_Allemand

    Alors en fait tu étais d’accord avec les élèves qui te critiquaient… pourquoi ne pas l’avoir dit ? En cours on avait vraiment l’impression que tu croyais au concept…

    Donc au final on est d’accord : le personal-branding n’est rien d’autre qu’une expression fumeuse et pompeuse (pour être poli) qui renvoie à une idée simplissime : dans un secteur concurrentiel, se démarquer en mettant en avant ses particularités. Wahou, révolutionnaire.

    • Jérémy

      Je crois au concept. Pas dans la forme telle qu’il est défini actuellement en fait. Je n’étais pas d’accord avec la vision marketing développé par certains élèves. C’est prendre le problème par le mauvais côté.

      Le personal branding c’est avant tout un « état d’esprit » (mon dieu que c’est cliché), lié au journalisme web. Ensuite, il y a certains écueils à éviter. Je vous l’ai précisé que j’avais mis « personal branding » dans mon powerpoint pour en signaler l’ironie ;)

      • http://twitter.com/Reguen Guénaël

        Wha trop bizarre, la seule fois où un prof m’a assommé avec l’expression « état d’esprit » c’était pour… le marketing.(attention ça va beaucoup parler de Twitter)Le truc, c’est qu’en un an, ta présence numérique est passé du néant (à te croire) à un blog, plus de 11 000 tweets (et c’est pas rien), un joli CV, une bonne expérience dans des rédacs Web et… C’est déjà pas mal. Voire beaucoup.Tu concurrences directement Steven Jambot (coucou !) dans la catégorie des hyperactifs qui écrivent sur le journalisme en leur nom, en « apportant leur pierre » hautement susceptible d’être repérée par un employeur qui cherche du sang neuf. Donc proposer du nouveau avec une présence forte pour se vendre : marketing.Ta bio ne contient rien d’autre que ton CV et une blague pour que l’envie de vendre ne soit pas trop évidente.Et j’en reviens à la critique que j’avais formulé dans mon billet : rien ne ressort de ces discussions, de ces blog posts, de ces liens retweetés 50 fois… A peine la construction d’un réseau professionnel, sans vraie cohérence idéologique ni débat de fond (paie tes 140 caractères pour discuter, surtout à 50, autant aller sur IRC).Ce qui est aussi dérangeant, c’est l’idéal microcosmique qui se forme dans ces échanges : tout le monde se connaît dans la sphère ultra parisienne des nouveaux médias, comme nos aînés. Poum, à peine tu retweetais mon billet qu’il était repris par Owni, typiquement.Le marketing est né comme une activité inconsciente (l’envie de se vendre). Ce que tu pratiques sans trop t’en rendre compte.Après que tu puisses avoir un regard ironique sur ces pratiques et leur perception, c’est parfait. C’est bien pour ça qu’on prend la peine de débattre.Voilou.Signé : un rageux.

  • Jérémy

    Je crois au concept. Pas dans la forme telle qu’il est défini actuellement en fait. Je n’étais pas d’accord avec la vision marketing développé par certains élèves. C’est prendre le problème par le mauvais côté.

    Le personal branding c’est avant tout un « état d’esprit » (mon dieu que c’est cliché), lié au journalisme web. Ensuite, il y a certains écueils à éviter. Je vous l’ai précisé que j’avais mis « personal branding » dans mon powerpoint pour en signaler l’ironie ;)

  • Jb_Allemand

    Alors en fait tu étais d'accord avec les élèves qui te critiquaient… pourquoi ne pas l'avoir dit ? En cours on avait vraiment l'impression que tu croyais au concept…

    Donc au final on est d'accord : le personal-branding n'est rien d'autre qu'une expression fumeuse et pompeuse (pour être poli) qui renvoie à une idée simplissime : dans un secteur concurrentiel, se démarquer en mettant en avant ses particularités. Wahou, révolutionnaire.

  • Jérémy

    Je crois au concept. Pas dans la forme telle qu'il est défini actuellement en fait. Je n'étais pas d'accord avec la vision marketing développé par certains élèves. C'est prendre le problème par le mauvais côté.

    Le personal branding c'est avant tout un « état d'esprit » (mon dieu que c'est cliché), lié au journalisme web. Ensuite, il y a certains écueils à éviter. Je vous l'ai précisé que j'avais mis « personal branding » dans mon powerpoint pour en signaler l'ironie ;)

  • Christophe Colinet

    « Traitez-moi de rêveur mais si la « célébrité » ne s’accompagne pas de compétences, elle ne mène à rien. Et là encore, les « hypocrites, intéressés, faux-culs » seront vite démasqués par les rédactions. »
    Oui, je crois aussi à la capacité d’autorégulation de ce système de notoriété là, comme des autres, d’ailleurs. Quand il y a tromperie sur la marchandise, le client change de boutique (-;

  • Camille

    Tu dis :  » mais je ne suis vraiment pas convaincu par l’idée que cette démarche doit être forcée ou même réfléchie.  » Pourtant, tu nous as posé la question :  » comment allez-vous faire pour vous mettre en valeur « … Et par conséquent, comment faire remonter notre nom sur google ? C’est précisément ça qui me gêne, personnellement…
    Avoir un blog, être sur les réseaux sociaux, etc, c’est pas le problème, bien sûr ! C’est le faire dans l’unique but de se faire connaître, de se faire  » un nom  » sur la toile qui me pose problème… D’où la réaction quand tu nous as posé cette question… !

    • Jérémy

      J’y vais peut-être un peu fort dans cette tournure. C’est vraiment l’aspect « forcé » qui est important. Être sur les réseaux pour y être seulement n’a pas de sens. En revanche cela fait partie du bagage indispensable au journaliste web.
      Erwann Gaucher disait à ce sujet : « sortir en 2010 d’une école de journalisme sans être actif sur Twitter et les réseaux sociaux, sans dialoguer avec les millions d’autres utilisateurs, échanger, serait une véritable faute professionnelle. » Tout dépend ensuite de l’utilisation qu’on en fait. Après, j’ai été engagé pour vous faire un cours sur le sujet. J’ai essayé de le faire du mieux que j’ai pu mais il est difficile de donner des cours sur « être naturel ». J’ai donc joué sur la forme, les écueils et les choses à faire. Un peu trop peut-être.

      • Camille

         » Être sur les réseaux pour y être seulement n’a pas de sens.  » Ca, je suis d’accord. En fait, je suis d’accord avec ce que tu dis là… Peut-être que tu n’avais pas tout à fait un discours qui représentait ton point de vue pendant le cours, alors !

  • http://twitter.com/Cecile_Jandau Cécile Jandau

    Ce serait vraiment prendre pour des cons des recruteurs qui choisiraient d’embaucher quelqu’un uniquement sur ses multiples gazouillis. Je rejoins Jérémy&Christophe sur ce point : »les hypocrites, intéressés, faux-culs », autrement dit, les imposteurs en tous genres, seront vite démasqués par les rédactions.

    Bien évidemment, se faire un nom sur la toile n’est pas inutile, ça peut servir à engager une conversation #irl, provoquer une rencontre professionnelle, ajouter quelques contacts à son carnet d’adresse, mais tout ça est vain s’il n’y a pas un véritable travail derrière, des compétences, voire pour certains, du talent.

    Et puis, le journalisme est avant tout un métier de contact si je ne m’abuse, ça a toujours fonctionné comme ça, les outils changent et se modernisent simplement, la jeune génération, les « digital natives » s’en emparent, quoi de plus naturel ? ( et les pistonnés alors, on fait quoi contre eux, une avalanche de billets acerbes ? ça prendrait des mois que dis-je, des années…)

    Marketing, pas marketing, on s’en tape, quand on écrit cette bonne vieille lettre (mail) de motivation, on essaie tous de se montrer sous son meilleur jour, de SE VENDRE (oh mon dieu, le gros mot !), comme en entretien d’ailleurs. Au final donc, ces « brandeurs » comme on les appelle, ont tout à prouver, peut-être même plus encore, face aux professionnels.Signé : une sacrée brandeuse !

    • http://twitter.com/Reguen Guénaël

      « ça peut servir à engager une conversation #irl, provoquer une rencontre professionnelle, ajouter quelques contacts à son carnet d’adresse »

      C’est bien comme objectif. Mais construire une vraie réflexion globale, avoir des échanges sur le métier qui mènent à des actions concrètes, ce serait pas mieux ? Le PB ne sert qu’à se vendre à coups de réflexions ponctuelles. Du point de vue de l’épanouissement et de la réflexion sur le métier lui-même, c’est du vide intégral.

      Le PB dans l’optique de se vendre soi plutôt que sa vision et ses envies pour le secteur, c’est très critiquable.

      « le journalisme est avant tout un métier de contact »

      Oui, enfin de là à passer du rôle de journaliste à celui de communicant, c’est passer du côté clair au côté obscur de la force.

      « ( et les pistonnés alors, on fait quoi contre eux, une avalanche de billets acerbes ? ça prendrait des mois que dis-je, des années…) »

      Faudrait continuer à écrire dessus, les pistonnés. C’est juste que le phénomène est tellement ancré qu’on en est blasés…

      « Marketing, pas marketing, on s’en tape, quand on écrit cette bonne vieille lettre (mail) de motivation, on essaie tous de se montrer sous son meilleur jour, de SE VENDRE (oh mon dieu, le gros mot !), comme en entretien d’ailleurs. »

      La lettre de motivation est justement censé être un moment d’exception, un espace court pour se vendre, pour communiquer sur soi et uniquement soi. Il remplit très bien son office.

      Etendre la pratique à toute activité visible « parce qu’on ne sait jamais, des fois que Laurent Joffrin me lise », c’est créer l’overdose.

      Question à tous : vous avez des activités sous pseudo, sans mise en avant de votre identité professionnelle sur le Web ? Quelle part de votre présence Web représente-t-elle ?

      • Jérémy

        On en a déjà parlé et il y a des pistes à creuser pour une utilisation réelle de ces débats, échanges et idées.

        Pour le reste, on en a assez parlé lundi soir. Tu es dans l’excès concernant ta vision du personal branding…La vision que je dénonce dans ce billet d’ailleurs…Tu as trop lu Libé toi.

        Je t’ai déjà répondu concernant d’autres identités : non. Avoir la réponse d’autres personnes m’intéresse ceci dit…Et l’intérêt réel.

  • Christophe Colinet

    « Traitez-moi de rêveur mais si la « célébrité » ne s’accompagne pas de compétences, elle ne mène à rien. Et là encore, les « hypocrites, intéressés, faux-culs » seront vite démasqués par les rédactions. »
    Oui, je crois aussi à la capacité d'autorégulation de ce système de notoriété là, comme des autres, d'ailleurs. Quand il y a tromperie sur la marchandise, le client change de boutique (-;

  • Camille

    Tu dis :  » mais je ne suis vraiment pas convaincu par l’idée que cette démarche doit être forcée ou même réfléchie.  » Pourtant, tu nous as posé la question :  » comment allez-vous faire pour vous mettre en valeur « … Et par conséquent, comment faire remonter notre nom sur google ? C'est précisément ça qui me gêne, personnellement…
    Avoir un blog, être sur les réseaux sociaux, etc, c'est pas le problème, bien sûr ! C'est le faire dans l'unique but de se faire connaître, de se faire  » un nom  » sur la toile qui me pose problème… D'où la réaction quand tu nous as posé cette question… !

  • Jérémy

    J'y vais peut-être un peu fort dans cette tournure. C'est vraiment l'aspect « forcé » qui est important.
    Être sur les réseaux pour y être seulement n'a pas de sens. En revanche cela fait partie du bagage indispensable au journaliste web.

    Après, j'ai été engagé pour vous faire un cours sur le sujet. J'ai essayé de le faire du mieux que j'ai pu mais il est difficile de donner des cours sur « être naturel ». J'ai donc joué sur la forme, les écueils et les choses à faire. Un peu trop peut-être.

  • http://twitter.com/Reguen Guénaël

    Wha trop bizarre, la seule fois où un prof m'a assommé avec l'expression « état d'esprit » c'était pour… le marketing.

    (attention ça va beaucoup parler de Twitter)

    Le truc, c'est qu'en un an, ta présence numérique est passé du néant (à te croire) à un blog, plus de 11 000 tweets (et c'est pas rien), un joli CV, une bonne expérience dans des rédacs Web et… C'est déjà pas mal. Voire beaucoup.

    Tu concurrences directement Steven Jambot (coucou !) dans la catégorie des hyperactifs qui écrivent sur le journalisme en leur nom, en « apportant leur pierre » hautement susceptible d'être repérée par un employeur qui cherche du sang neuf. Donc proposer du nouveau avec une présence forte pour se vendre : marketing.

    Ta bio ne contient rien d'autre que ton CV et une blague pour que l'envie de vendre ne soit pas trop évidente.

    Et j'en reviens à la critique que j'avais formulé dans mon billet : rien ne ressort de ces discussions, de ces blog posts, de ces liens retweetés 50 fois… A peine la construction d'un réseau professionnel, sans vraie cohérence idéologique ni débat de fond (paie tes 140 caractères pour discuter, surtout à 50, autant aller sur IRC).

    Ce qui est aussi dérangeant, c'est l'idéal microcosmique qui se forme dans ces échanges : tout le monde se connaît dans la sphère ultra parisienne des nouveaux médias, comme nos aînés. Poum, à peine tu retweetais mon billet qu'il était repris par Owni, typiquement.

    Le marketing est né comme une activité inconsciente (l'envie de se vendre). Ce que tu pratiques sans trop t'en rendre compte.
    Après que tu puisses avoir un regard ironique sur ces pratiques et le regard qui est posé dessus, c'est parfait. C'est bien pour ça qu'on prend la peine de débattre.

    Voilou.

    Signé : un rageux.

  • Contact

    L’ironie c’est qu’écrire un billet comme ça, c’est typiquement du personnal branding ;)

    Autre chose, la plupart de ceux qu’on taxe de PB (ce qui n’est pas une insulte, non plus) sont ceux qui passent bcp de temps à parler du métier de journaliste alors que, souvent, ils en ont une expérience très limitée.

    Et quand on les interviewe sur le sujet ou pire, qu’on leur demande de faire des cours… on enfonce le clou gravement.

    • Jérémy

      J’aurais aimé pouvoir répondre à une personne identifiable, au moins par un pseudo..^^
      Au nom de quoi devrait-on avoir 20 ans d’expérience pour réfléchir sur le métier ? Je vais m’autoquoter : « Prétentieux que nous sommes à notre âge n’est-ce pas ? « . Rien à ajouter.

  • http://twitter.com/Cecile_Jandau Cécile Jandau

    Ce serait vraiment prendre pour des cons des recruteurs qui choisiraient d'embaucher quelqu'un uniquement sur ses multiples gazouillis. Je rejoins Jérémy&Christophe sur ce point : »les hypocrites, intéressés, faux-culs », autrement dit, les imposteurs en tous genres, seront vite démasqués par les rédactions.

    Bien évidemment, se faire un nom sur la toile n'est pas inutile, ça peut servir à engager une conversation #irl, provoquer une rencontre professionnelle, ajouter quelques contacts à son carnet d'adresse, mais tout ça est vain s'il n'y a pas un véritable travail derrière, des compétences, voire pour certains, du talent.

    Et puis, le journalisme est avant tout un métier de contact si je ne m'abuse, ça a toujours fonctionné comme ça, les outils changent et se modernisent simplement, la jeune génération, les « digital natives » s'en emparent, quoi de plus naturel ? ( et les pistonnés alors, on fait quoi contre eux, une avalanche de billets acerbes ? ça prendrait des mois que dis-je, des années…)

    Marketing, pas marketing, on s'en tape, quand on écrit cette bonne vieille lettre (mail) de motivation, on essaie tous de se montrer sous son meilleur jour, de SE VENDRE (oh mon dieu, le gros mot !), comme en entretien d'ailleurs. Au final donc, ces « brandeurs » comme on les appelle, ont tout à prouver, peut-être même plus encore, face aux professionnels.

    Signé : une sacrée brandeuse !

  • Nat59

    Mettre un peu de marketing dans sa façon d’aborder le marché du travail quand on cherche du boulot, je ne vois pas le problème.
    En revanche, attention au travers du personnal branding, qui est souvent de passer plus de temps à parler de son métier qu’à le faire…

    Quand à la remarque que tu cites d’Erwann Gaucher sur le fait que ne pas être présent sur les réseaux sociaux en 2010 serait une faute professionnelle… j’espère qu’il parlait des webjournalistes, parce que pour les autres, ce n’est pas une nécessité, je pense.
    Mais ça se discute ;)

    • Jérémy

      Je ne suis pas d’accord pour limiter l’usage des réseaux sociaux aux webjournalistes. On voit beaucoup de jeunes étudiants en radio notamment, en faire un usage intéressant. Tout est une question de proportions après. Mais en terme de veille, d’ouverture d’esprit, de rencontres, c’est un plus.

      • Nat59

        Je ne dis pas qu’il faut limiter l’usage des réseaux aux webjournalistes. Je dis juste que considérer que ne pas s’en servir est « une faute professionnelle », c’est quand même aller loin… surtout si l’on parle de journalistes papier ou autre.
        Question de proportions, comme tu dis.

  • http://twitter.com/Reguen Guénaël

    « ça peut servir à engager une conversation #irl, provoquer une rencontre professionnelle, ajouter quelques contacts à son carnet d'adresse »

    C'est bien comme objectif. Mais construire une vraie réflexion globale, avoir des échanges sur le métier qui mènent à des actions concrètes, ce serait pas mieux ? Le PB ne sert qu'à se vendre à coups de réflexions ponctuelles. Du point de vue de l'épanouissement et de la réflexion sur le métier lui-même, c'est du vide intégral.

    Le PB dans l'optique de se vendre soi plutôt que sa vision et ses envies pour le secteur, c'est très critiquable.

    « le journalisme est avant tout un métier de contact »

    Oui, enfin de là à passer du rôle de journaliste à celui de communicant, c'est passer du côté clair au côté obscur de la force.

    « ( et les pistonnés alors, on fait quoi contre eux, une avalanche de billets acerbes ? ça prendrait des mois que dis-je, des années…) »

    Faudrait continuer à écrire dessus, les pistonnés. C'est juste que le phénomène est tellement ancré qu'on en est blasés…

    « Marketing, pas marketing, on s'en tape, quand on écrit cette bonne vieille lettre (mail) de motivation, on essaie tous de se montrer sous son meilleur jour, de SE VENDRE (oh mon dieu, le gros mot !), comme en entretien d'ailleurs. »

    La lettre de motivation est justement censé être un moment d'exception, un espace court pour se vendre, pour communiquer sur soi et uniquement soi. Il remplit très bien son office.

    Etendre la pratique à toute activité visible « parce qu'on ne sait jamais, des fois que Laurent Joffrin me lise », c'est créer l'overdose.

    Question à tous : vous avez des activités sous pseudo, sans mise en avant de votre identité professionnelle sur le Web ? Quelle part de votre présence Web représente-t-elle ?

  • Camille

     » Être sur les réseaux pour y être seulement n'a pas de sens.  » Ca, je suis d'accord. En fait, je suis d'accord avec ce que tu dis là… Peut-être que tu n'avais pas tout à fait un discours qui représentait ton point de vue pendant le cours, alors !

  • Contact

    L'ironie c'est qu'écrire un billet comme ça, c'est typiquement du personnal branding ;)

    Autre chose, la plupart de ceux qu'on taxe de PB (ce qui n'est pas une insulte, non plus) sont ceux qui passent bcp de temps à parler du métier de journaliste alors que, souvent, ils en ont une expérience très limitée.

    Et quand on les interviewe sur le sujet ou pire, qu'on leur demande de faire des cours… on enfonce le clou gravement.

  • Nat59

    Mettre un peu de marketing dans sa façon d'aborder le marché du travail quand on cherche du boulot, je ne vois pas le problème.
    En revanche, attention au travers du personnal branding, qui est souvent de passer plus de temps à parler de son métier qu'à le faire…

    Quand à la remarque que tu cites d'Erwann Gaucher sur le fait que ne pas être présent sur les réseaux sociaux en 2010 serait une faute professionnelle… j'espère qu'il parlait des webjournalistes, parce que pour les autres, ce n'est pas une nécessité, je pense.
    Mais ça se discute ;)

  • Jb_Allemand

    Jérémy, tu dis que « le personal branding est un état d’esprit lié au journalisme web ». A priori, je ne vois pas où est la spécificité. Pouvoir mener des réflexions collectives sur l’avenir du métier, sur les dernières innovations ?

    Mais rien ne distingue ces réflexions de celles qui pourraient être menées entre consultants en management pour les entreprises, entre publicitaires d’une multinationale, ou plus largement entre les acteurs d’un secteur donné qui réfléchissent à la manière d’utiliser l’explosion d’Internet. Autrement dit, pas de spécificité du webjournalisme là-dessus.

    D’ailleurs ce serait intéressant de connaître la branche professionnelle la plus représentée sur twitter. Journalistes ? J’en suis pas si sûr.

    Mais bon, admettons que ce serait ça, l’intérêt du personal branding : que chacun mette en avant ses spécificités, pas seulement pour se démarquer individuellement, mais aussi pour partager ses expériences afin d’échanger ensemble sur l’avenir du journalisme en ligne, ou tout simplement sur nos parcours et nos expériences.

    Ok, mais après ? Comme c’est communément admis ici, difficile de réfléchir longtemps à coups de twitts ou de DM. Il y a un moment où il faut se rencontrer physiquement, continuer les échanges de vive voix. Lors de son cours ce matin, Steven Jambot l’a lui-même dit : il a rencontré physiquement une bonne partie de son réseau Twitter, parce qu’effectivement, c’est nécessaire.

    Et c’est là que le bât blesse. Se rencontrer où ? A Paris. Et sinon ? Ben… à Paris, quoi. Et c’est là que j’aurais tendance à rejoindre Guénaël : ça m’a l’air très parisien, tout ça. Autre stat qui me semblerait intéressante : combien de % de journalistes web (y compris étudiants et assimilés) parisiens sur Twitter ?

    Ne prenez pas ça pour de l’anti-parisianisme primaire d’un provincial frustré. Si c’est ainsi, c’est aussi parce que la réflexion et l’innovation se situe du côté des sites PQN et dans les pure-players parisiens, sans compter tous les sites d’info spécialisée. On voit bien moins de choses venir du côté de la PQR (même si des initiatives existent ça et là). En matière de journalisme web, tout ou presque est à Paris.

    Alors ça créé un cloisonnement, de fait. Je vois mal des webjournalistes de « La Provence » ou de « Sud-Ouest » se taper l’aller-retour jusqu’à Paris pour aller à des twitt-apéros. Alors par la force des choses, pour reprendre les termes de Guénaël, se constitue le « microcosme où tout le monde se connaît », où tout le monde se renvoie l’ascenseur, et surtout où tout le monde ne jure que par Paris, ne pense que pour Paris.

    Le risque, ce serait de développer cette vision parisiano-centrée qui est malheureusement, depuis Louis XIV, une tentation à laquelle il est difficile de résister quand on vit dans la capitale. Et qu’au bout du compte, une fois la phase d’expérimentation terminée, une fois un modèle économique correct trouvé, on aboutisse une nouvelle fois à ce résultat : vaste « copie/collage » d’idées entre amis, usage et abus des concepts jusqu’à épuisement, pour une info monocorde partout comme résultat. Comme après chaque innovation journalistique. Retournez à la case départ, ne touchez pas 20 000 F.

    Pendant ce temps, la PQR se meurt, lit-on partout. Quel modèle de média web local veut-on voir sortir de son cadavre ? Ca, j’espère qu’on y réfléchit aussi dans les twitts-apéros parisiens…

    • Nat59

      Je suis d’accord avec pas mal de tes réflexions. Mais je suis obligée de m’inscrire en faux sur ce postulat : « En matière de journalisme web, tout ou presque est à Paris. »
      On en parle bcp à Paris, à coup de rendez-vous dans les bars, de conférences, de débats, etc. Mais ce n’est pas forcément là où on en parle le plus, qu’on en fait le plus ;)
      Il y a bcp de rédacs web de PQN où ça batonne sérieusement de la dépêche alors qu’en PQR, les webjournalistes sont bcp plus polyvalents. (évidemment ça dépend des rédactions, d’un côté ou de l’autre)

      ——————–

      Par ailleurs, ça n’a rien à voir, mais je m’inquiète quand même du fait que des jeunes gens qui sont à peine sortis de l’école donnent des cours de journalisme.
      Pour donner des cours, il ne suffit pas de bien connaitre des outils, il faut aussi avoir de l’expérience, me semble-t-il.

      • Jb_Allemand

        Oui, j’ai un peu exagéré, même si j’ai mentionné les initiatives en PQR. C’est vrai que le côté polyvalent recherché par certaines rédacs est intéressant, mais ça peut être parfois au détriment de la qualité.
        La faute notamment à des formations internes trop courtes à des « non habitués », ou problème de matos trop juste pour faire du bon boulot.

        Pour l’instant, la plupart de ce que j’ai vu en multimédia par la PQR ne donne pas trop envie. Pour la vidéo, j’ai l’impression que la plupart des rédacs ne sont pas sorties du raisonnement « faire une petite vidéo parce que ça fait bien »… Ce qui donne une utilisation inopportune de la vidéo – rien de pire que des interviews insipides de 5 min.

        Et ne parlons pas de technique : Des vidéos trop longues, filmées à l’arrache, avec une image tout juste potable…

        Côté audio, j’ai le souvenir de podcasts faits par un célèbre journal du Nord (désolé ^^), avec le son du vent qui souffle dans le micro… Insupportable, inpubliable en l’état. Dommage, car c’est le titre de PQR que j’aie vu faire des podcasts audio… et le sujet était intéressant.

        J’ai l’impression qu’une bonne partie des titres de PQR n’a pas encore engagé de réflexion sérieuse sur le multimédia, ou en tout cas qu’ils n’ont pas encore mis le paquet niveau moyens financiers…

        • Nat59

          Il y a pas mal de redacs de PQR qui ont fait leur équipe web en prenant des journalistes papier, pas formés (ou formés après) et sans culture web. Généralement, cela se ressent. Mais ce n’est pas le cas de toute la PQR (certaines équipes sont formées par de « vrais » journalistes web).

          C’est vrai qu’on voit pas mal de videos (en PQR et surtout en PHR) qui sont filmées complètement à l’arrache, mise en ligne parfois sans montage… Parce que la redaction n’a pas réfléchi à l’intérêt des videos sur le web ni aux moyens que cela supposaient.
          Ce n’est pas de la télé, mais il faut pas non plus faire du travail d’amateur… Il y a un équilibre à trouver.

          L’audio nécessite moins de temps et moins de moyens, pourtant quasiment personne n’en fait. de même pour les Vuvox, les diaporamas sonores, les googlemaps, etc.

          Globalement, c’est vrai qu’il y a un problème de moyens, aussi bien technique qu’humains. Mais tout est lié au modèle économique… un problème qui est loin d’être résolu !

      • Jérémy

        Le cliché sur la PQN qui bâtonne à bon dos…Pour avoir tâté des deux, le bâtonnage n’est pas forcément là où on le pense…Les sites web des journaux tant de PQR que de PQN sont des laboratoires permanents. A différentes échelles.
        J’approuve le fait que tout ne se passe pas à Paris. Mais c’est quand même là que c’est le plus facile…

        En ce qui concerne les cours, je pense avoir à l’heure actuelle, un certain bagage professionnel. Et sur des outils pareils, l’expérience ne se monte pas à dix ans de toute façon…à plus forte raison vu l’évolution très rapide des choses.

        • Nat59

          « En ce qui concerne les cours, je pense avoir à l’heure actuelle, un certain bagage professionnel. Et sur des outils pareils, l’expérience ne se monte pas à dix ans de toute façon »

          Quand je parle d’expérience, je ne parle pas d’expérience sur les outils, justement. Je parle d’expérience dans le métier en général. De l’expérience, du recul, de la maturité… Tout ce que ne s’acquiert pas sur les bancs de l’école.

          En ce qui concerne le cliché sur la PQN, tu as raison, c’est trop facile. C’était juste une façon de battre le cliché sur la PQR, mais on ne bâtit pas de refléxion en renvoyant un cliché sur un autre.

  • Jérémy

    J'aurais aimé pouvoir répondre à une personne identifiable, au moins par un pseudo..^^
    Au nom de quoi devrait-on avoir 20 ans d'expérience pour réfléchir sur le métier ? Je vais m'autoquoter : « Prétentieux que nous sommes à notre âge n’est-ce pas ? « . Rien à ajouter.

  • Jérémy

    Je ne suis pas d'accord pour limiter l'usage des réseaux sociaux aux webjournalistes. On voit beaucoup de jeunes étudiants en radio notamment, en faire un usage intéressant. Tout est une question de proportions après.

  • Jb_Allemand

    Jérémy, tu dis que « le personal branding est un état d'esprit lié au journalisme web ». A priori, je ne vois pas où est la spécificité. Pouvoir mener des réflexions collectives sur l'avenir du métier, sur les dernières innovations ?

    Mais rien ne distingue ces réflexions de celles qui pourraient être menées entre consultants en management pour les entreprises, entre publicitaires d'une multinationale, ou plus largement entre les acteurs d'un secteur donné qui réfléchissent à la manière d'utiliser l'explosion d'Internet. Autrement dit, pas de spécificité du webjournalisme là-dessus.

    D'ailleurs ce serait intéressant de connaître la branche professionnelle la plus représentée sur twitter. Journalistes ? J'en suis pas si sûr.

    Mais bon, admettons que ce serait ça, l'intérêt du personal branding : que chacun mette en avant ses spécificités, pas seulement pour se démarquer individuellement, mais aussi pour partager ses expériences afin d'échanger ensemble sur l'avenir du journalisme en ligne, ou tout simplement sur nos parcours et nos expériences.

    Ok, mais après ? Comme c'est communément admis ici, difficile de réfléchir longtemps à coups de twitts ou de DM. Il y a un moment où il faut se rencontrer physiquement, continuer les échanges de vive voix. Lors de son cours ce matin, Steven Jambot l'a lui-même dit : il a rencontré physiquement une bonne partie de son réseau Twitter, parce qu'effectivement, c'est nécessaire.

    Et c'est là que le bât blesse. Se rencontrer où ? A Paris. Et sinon ? Ben… à Paris, quoi. Et c'est là que j'aurais tendance à rejoindre Guénaël : ça m'a l'air très parisien, tout ça. Autre stat qui me semblerait intéressante : combien de % de journalistes web (y compris étudiants et assimilés) parisiens sur Twitter ?

    Ne prenez pas ça pour de l'anti-parisianisme primaire d'un provincial frustré. Si c'est ainsi, c'est aussi parce que la réflexion et l'innovation se situe du côté des sites PQN et dans les pure-players parisiens, sans compter tous les sites d'info spécialisée. On voit bien moins de choses venir du côté de la PQR (même si des initiatives existent ça et là). En matière de journalisme web, tout ou presque est à Paris.

    Alors ça créé un cloisonnement, de fait. Je vois mal des webjournalistes de « La Provence » ou de « Sud-Ouest » se taper l'aller-retour jusqu'à Paris pour aller à des twitt-apéros. Alors par la force des choses, pour reprendre les termes de Guénaël, se constitue le « microcosme où tout le monde se connaît », où tout le monde se renvoie l'ascenseur, et surtout où tout le monde ne jure que par Paris, ne pense que pour Paris.

    Le risque, ce serait de développer cette vision parisiano-centrée qui est malheureusement, depuis Louis XIV, une tentation à laquelle il est difficile de résister quand on vit dans la capitale. Et qu'au bout du compte, une fois la phase d'expérimentation terminée, une fois un modèle économique correct trouvé, on aboutisse une nouvelle fois à ce résultat : vaste « copie/collage » d'idées entre amis, usage et abus des concepts jusqu'à épuisement, pour une info monocorde partout comme résultat. Comme après chaque innovation journalistique. Retournez à la case départ, ne touchez pas 20 000 F.

    Pendant ce temps, la PQR se meurt, lit-on partout. Quel modèle de média web local veut-on voir sortir de son cadavre ? Ca, j'espère qu'on y réfléchit aussi dans les twitts-apéros parisiens…

  • Nat59

    Je ne dis pas qu'il faut limiter l'usage des réseaux aux webjournalistes. Je dis juste que considérer que ne pas s'en servir est « une faute professionnelle », c'est quand même aller loin… surtout si l'on parle de journalistes papier ou autre.
    Question de proportions, comme tu dis.

  • Nat59

    Je suis d'accord avec pas mal de tes réflexions. Mais je suis obligée de m'inscrire en faux sur ce postulat : « En matière de journalisme web, tout ou presque est à Paris. »
    On en parle bcp à Paris, à coup de rendez-vous dans les bars, de conférences, de débats, etc. Mais ce n'est pas forcément là où on en parle le plus, qu'on en fait le plus ;)
    Il y a bcp de rédacs web de PQN où ça batonne sérieusement de la dépêche alors qu'en PQR, les webjournalistes sont bcp plus polyvalents. (évidemment ça dépend des rédactions, d'un côté ou de l'autre)

    ——————–

    Par ailleurs, ça n'a rien à voir, mais je m'inquiète quand même du fait que des jeunes gens qui sont à peine sortis de l'école donnent des cours de journalisme.
    Pour donner des cours, il ne suffit pas de bien connaitre des outils, il faut aussi avoir de l'expérience, me semble-t-il.

  • Antoinebusnel

    Je pense que le côté « marketing » associé à ton nom est lié au fait qu’on voit ton nom mais que l’info que tu ramènes, on ne la voit pas forcément. Mais cette mise au point est intéressante. En ce qui me concerne, entendre parler de personal branding à tout bout de champ commence à me gonfler. J’ai l’impression que c’est une étiquette péjorative collée sur les entrants sur le marché du journalisme uniquement pour détériorer.
    C’est d’ailleurs marrant de voir à quel point le personal branding peut cristalliser tant de critiques et commentaires, alors qu’il ne concerne quand même pas tant de monde que ça dans le milieu du journalisme. D’autant que c’est sûrement pas quelque chose de nouveau. Alain Duhamel, Christophe Barbier (et d’autres) sont également des marques dans ce cas.
    Quand on évoque le personal branding, on cite une poignée de noms de jeunes journalistes qui chercheraient à se faire une célébrité sur la toile pour atteindre un Graal qui s’appellerait CDI (je schématise). Là, on s’écrie : « bouh ! Et pendant qu’ils se font référencer pour que leur nom monte le plus haut possible sur google, elle est où l’info qu’il ramènent ? ». Là, on peut déjà dire que le reproche de pas ramener d’info, on peut l’appliquer à un paquet de journalistes titulaires croisés dans les différentes rédactions de France et de Navarre.
    Mais sur le côté « marketing » de la démarche, j’ai envie de dire « et alors ? ». Vu le marché de l’emploi en France (et je sais de quoi je cause avec mes dix villes, quatre journaux en cinq et toujours CDD), je vais sûrement pas reprocher à qui que ce soit de trouver du taf ou de vivre du métier par ce biais. Si un jeune journaliste arrive à faire des contacts pour trouver sa place, eh bien tant mieux pour lui. Quel journal (ou n’importe quel autre média) engagerait quelqu’un uniquement parce que c’est un brandeur ? C’est que si derrière y’a pas de fond, y’a pas de raison de continuer l’expérience. C’est aussi qu’il faut du monde pour trouver les sujets qui vont permettre de donner à manger aux gens qui achètent.
    A mon sens, le personal branding n’est qu’un épiphénomène. La question, bien ou mal posée, serait pour moi plutôt celle de savoir pourquoi des jeunes journalistes en arrivent à « marketer » autour de leur nom pour trouver leur place? Eh bien parce qu’elles sont chères, parce que nous sommes nombreux sur peu de postes et que quelque chose fait que les médias ne font pas de place aux nouveaux venus sur le marché. Sans forcément devenir des requins les uns avec les autres, chacun sa méthode.
    Laissons brander tranquille quoi… Franchement on s’en tape

  • Antoinebusnel

    Je pense que le côté « marketing » associé à ton nom est lié au fait qu'on voit ton nom mais que l'info que tu ramènes, on ne la voit pas forcément. Mais cette mise au point est intéressante. En ce qui me concerne, entendre parler de personal branding à tout bout de champ commence à me gonfler. J'ai l'impression que c'est une étiquette péjorative collée sur les entrants sur le marché du journalisme uniquement pour détériorer.
    C'est d'ailleurs marrant de voir à quel point le personal branding peut cristalliser tant de critiques et commentaires, alors qu'il ne concerne quand même pas tant de monde que ça dans le milieu du journalisme. D'autant que c'est sûrement pas quelque chose de nouveau. Alain Duhamel, Christophe Barbier (et d'autres) sont également des marques dans ce cas.
    Quand on évoque le personal branding, on cite une poignée de noms de jeunes journalistes qui chercheraient à se faire une célébrité sur la toile pour atteindre un Graal qui s’appellerait CDI (je schématise). Là, on s'écrie : « bouh ! Et pendant qu'ils se font référencer pour que leur nom monte le plus haut possible sur google, elle est où l'info qu'il ramènent ? ». Là, on peut déjà dire que le reproche de pas ramener d'info, on peut l'appliquer à un paquet de journalistes titulaires croisés dans les différentes rédactions de France et de Navarre.
    Mais sur le côté « marketing » de la démarche, j'ai envie de dire « et alors ? ». Vu le marché de l'emploi en France (et je sais de quoi je cause avec mes dix villes, quatre journaux en cinq et toujours CDD), je vais sûrement pas reprocher à qui que ce soit de trouver du taf ou de vivre du métier par ce biais. Si un jeune journaliste arrive à faire des contacts pour trouver sa place, eh bien tant mieux pour lui. Quel journal (ou n'importe quel autre média) engagerait quelqu'un uniquement parce que c'est un brandeur ? C'est que si derrière y'a pas de fond, y'a pas de raison de continuer l'expérience. C'est aussi qu'il faut du monde pour trouver les sujets qui vont permettre de donner à manger aux gens qui achètent.
    A mon sens, le personal branding n'est qu'un épiphénomène. La question, bien ou mal posée, serait pour moi plutôt celle de savoir pourquoi des jeunes journalistes en arrivent à « marketer » autour de leur nom pour trouver leur place? Eh bien parce qu'elles sont chères, parce que nous sommes nombreux sur peu de postes et que quelque chose fait que les médias ne font pas de place aux nouveaux venus sur le marché. Sans forcément devenir des requins les uns avec les autres, chacun sa méthode.
    Laissons brander tranquille quoi… Franchement on s'en tape

  • Jb_Allemand

    Oui, j'ai un peu exagéré, même si j'ai mentionné les initiatives en PQR. C'est vrai que le côté polyvalent recherché par certaines rédacs est intéressant, mais ça peut être parfois au détriment de la qualité.
    La faute notamment à des formations internes trop courtes à des « non habitués », ou problème de matos trop juste pour faire du bon boulot.

    Pour l'instant, la plupart de ce que j'ai vu en multimédia par la PQR ne donne pas trop envie. Pour la vidéo, j'ai l'impression que la plupart des rédacs ne sont pas sorties du raisonnement « faire une petite vidéo parce que ça fait bien »… Ce qui donne une utilisation inopportune de la vidéo – rien de pire que des interviews insipides de 5 min.

    Et ne parlons pas de technique : Des vidéos trop longues, filmées à l'arrache, avec une image tout juste potable…

    Côté audio, j'ai le souvenir de podcasts faits par un célèbre journal du Nord (désolé ^^), avec le son du vent qui souffle dans le micro… Insupportable, inpubliable en l'état. Dommage, car c'est le titre de PQR que j'aie vu faire des podcasts audio… et le sujet était intéressant.

    J'ai l'impression qu'une bonne partie des titres de PQR n'a pas encore engagé de réflexion sérieuse sur le multimédia, ou en tout cas qu'ils n'ont pas encore mis le paquet niveau moyens financiers…

  • Jérémy

    Un billet à lire aussi chez Cyceron qui réagit à mon billet et à celui de Morgane : http://www.mediaculture.fr/2010/09/21/le-personal-branding-larme-des-plus-faibles/

  • Christophe Colinet

    Désolé, j’ai pas eu le temps avant ce matin de développer :
    « Oui, je crois aussi à la capacité d’autorégulation de ce système de notoriété là, comme des autres, d’ailleurs. Quand il y a tromperie sur la marchandise, le client change de boutique »
    Ce que je voulais dire par là, c’est que ce que ce truc dont on parle aujourd’hui a toujours existé, en tout cas ces vingt dernières années au moins pour ce que j’en sais.
    Je me souviens comment ça se passait quand, il y a plusieurs siècles, j’étais un jeune journaliste à l’école. Nous étions quelques provinciaux à Lille, mais la majorité des élèves étaient parisiens.
    Nous produisions des piges et nous nous efforcions tous avec plus ou moins d’efficacité d’en assurer la publication/diffusion dans les médias, en espérant qu’elles – ces piges – nous permettraient d’être repérés.
    C’était « système de notoriété » qui reposait sur des réseaux, les parisiens ayant sur les provinciaux un avantage certain (grandes familles, grandes écoles… Reproduction des élites, je vous économise le passage bourdieusien).
    Reste que ce sont les meilleures piges qui, au final, ont assuré de la « notoriété » à leurs auteurs, et augmenté leurs chances de trouver un emploi.
    Evidemment, j’ai vu des pigistes médiocres se sortir du lot grâce à leur réseau, mais est-ce que ça a changé ?
    Ce qui me semble important, c’est qu’aujourd’hui, le Net est peut être un peu moins inégalitaire : ça n’est pas parce qu’on est bien né qu’on dispose d’un vrai réseau social. Il se construit sur une base de confiance et de respect mutuel.
    Cela dit, on voit aussi se reconstituer des « élites » dans ce nouveau système de notoriété ; une cour des petits et une cour des grands.
    Mais comme avant le système s’auto-régule : l’élite aura beau retweeter en boucle un lien vers un sujet de merde, il n’en restera pas moins un sujet de merde… qui aura bénéficié d’une certaine notoriété… et décrédibilisé ceux qui en auront assuré la promotion.

  • Nat59

    Il y a pas mal de redacs de PQR qui ont fait leur équipe web en prenant des journalistes papier, pas formés (ou formés après) et sans culture web. Généralement, cela se ressent. Mais ce n'est pas le cas de toute la PQR (certaines équipes sont formées par de « vrais » journalistes web).

    C'est vrai qu'on voit pas mal de videos (en PQR et surtout en PHR) qui sont filmées complètement à l'arrache, mise en ligne parfois sans montage… Parce que la redaction n'a pas réfléchi à l'intérêt des videos sur le web ni aux moyens que cela supposaient.
    Ce n'est pas de la télé, mais il faut pas non plus faire du travail d'amateur… Il y a un équilibre à trouver.

    L'audio nécessite moins de temps et moins de moyens, pourtant quasiment personne n'en fait. de même pour les Vuvox, les diaporamas sonores, les googlemaps, etc.

    Globalement, c'est vrai qu'il y a un problème de moyens, aussi bien technique qu'humains. Mais tout est lié au modèle économique… un problème qui est loin d'être résolu !

  • Jérémy

    Le cliché sur la PQN qui bâtonne à bon dos…Pour avoir tâté des deux, le bâtonnage n'est pas forcément là où on le pense…Les sites web des journaux tant de PQR que de PQN sont des laboratoires permanents. A différentes échelles.
    J'approuve le fait que tout ne se passe pas à Paris. Mais c'est quand même là que c'est le plus facile…

    En ce qui concerne les cours, je pense avoir à l'heure actuelle, un certain bagage professionnel. Et sur des outils pareils, l'expérience ne se monte pas à dix ans de toute façon…à plus forte raison vu l'évolution très rapide des choses.

  • Jérémy

    On en a déjà parlé et il y a des pistes à creuser pour une utilisation réelle de ces débats, échanges et idées.

    Pour le reste, on en a assez parlé lundi soir. Tu es dans l'excès concernant ta vision du personal branding…La vision que je dénonce dans ce billet d'ailleurs…Tu as trop lu Libé toi.

    Je t'ai déjà répondu concernant d'autres identités : non. Avoir la réponse d'autres personnes m'intéresse ceci dit…Et l'intérêt réel.

  • Jérémy

    Un billet à lire aussi chez Cyceron qui réagit à mon billet et à celui de Morgane : http://www.mediaculture.fr/2010/09/21/le-personal-branding-larme-des-plus-faibles/

  • Christophe Colinet

    Désolé, j'ai pas eu le temps avant ce matin de développer :
    « Oui, je crois aussi à la capacité d'autorégulation de ce système de notoriété là, comme des autres, d'ailleurs. Quand il y a tromperie sur la marchandise, le client change de boutique »
    Ce que je voulais dire par là, c'est que ce que ce truc dont on parle aujourd'hui a toujours existé, en tout cas ces vingt dernières années au moins pour ce que j'en sais.
    Je me souviens comment ça se passait quand, il y a plusieurs siècles, j'étais un jeune journaliste à l'école. Nous étions quelques provinciaux à Lille, mais la majorité des élèves étaient parisiens.
    Nous produisions des piges et nous nous efforcions tous avec plus ou moins d'efficacité d'en assurer la publication/diffusion dans les médias, en espérant qu'elles – ces piges – nous permettraient d'être repérés.
    C'était « système de notoriété » qui reposait sur des réseaux, les parisiens ayant sur les provinciaux un avantage certain (grandes familles, grandes écoles… Reproduction des élites, je vous économise le passage bourdieusien).
    Reste que ce sont les meilleures piges qui, au final, ont assuré de la « notoriété » à leurs auteurs, et augmenté leurs chances de trouver un emploi.
    Evidemment, j'ai vu des pigistes médiocres se sortir du lot grâce à leur réseau, mais est-ce que ça a changé ?
    Ce qui me semble important, c'est qu'aujourd'hui, le Net est peut être un peu moins inégalitaire : ça n'est pas parce qu'on est bien né qu'on dispose d'un vrai réseau social. Il se construit sur une base de confiance et de respect mutuel.
    Cela dit, on voit aussi se reconstituer des « élites » dans ce nouveau système de notoriété ; une cour des petits et une cour des grands.
    Mais comme avant le système s'auto-régule : l'élite aura beau retweeter en boucle un lien vers un sujet de merde, il n'en restera pas moins un sujet de merde… qui aura bénéficié d'une certaine notoriété… et décrédibilisé ceux qui en auront assuré la promotion.

  • Nat59

    « En ce qui concerne les cours, je pense avoir à l'heure actuelle, un certain bagage professionnel. Et sur des outils pareils, l'expérience ne se monte pas à dix ans de toute façon »

    Quand je parle d'expérience, je ne parle pas d'expérience sur les outils, justement. Je parle d'expérience dans le métier en général. De l'expérience, du recul, de la maturité… Tout ce que ne s'acquiert pas sur les bancs de l'école.

    En ce qui concerne le cliché sur la PQN, tu as raison, c'est trop facile. C'était juste une façon de battre le cliché sur la PQR, mais on ne bâtit pas de refléxion en renvoyant un cliché sur un autre.

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