Quand la sociologie esquisse une explication de la pseudo-démocratisation culturelle

Macbook "Culture is not a crime"

Alors la sociologie, ça sert à regarder le monde, la société différemment, avec un œil nouveau, comme s’il s’agissait d’une autre grille de lecture ou d’une paire de lunettes à tendance explicative.

Ça permet aussi de ne pas tomber dans les clichés les plus dévastateurs pour ceux pointés du doigt. Là il s’agit de la stigmatisation à outrance. Des exemples ? Les chômeurs sont fainéants, les parents issus de l’immigration sont démissionnaires, les enfants sont délinquants parce qu’ils sont mal élevés et j’en passe. Cette article n’ayant pas de valeur scientifique, ne vous attendez pas à une argumentation des plus développées : la sociologie est un vaste monde presque parallèle qui vous exclut la plupart du temps des débats familiaux ou avec des proches. Vous êtes sociologue ? Gardez ça pour vous.

Extrait d’un dialogue de sourds :

- De toute façon, avec toutes les mesures pour la démocratisation de la culture [terme datant des années 1950], tout le monde peut y aller maintenant dans les musées ! Regarde le premier dimanche du mois, les musées sont gratuits !

Elles @Pompidou, mai 2010

- Oui, peut-être. Mais si les visites sont en augmentation, ce sont toujours les mêmes qui vont au Louvre ou à Beaubourg !

- Mais tout le monde y a accès ! Quand on veut, on peut hein…

- Tout le monde peut y avoir accès, nuance…

- Mais c’est la même chose !

Et là, vous aurez beau expliquer que non ce n’est pas la même chose, qu’on a, dans la pseudo-démocratisation de la culture, la mise en place d’un frein aux classes les moins pourvues en capital économique mais surtout en capital culturel, vous n’obtiendrez rien d’autres qu’un acquiescement qui signifie « foutaises ! ».

Ici, on peut sortir l’arme sociologique pour essayer de comprendre. Qu’est ce que c’est que cette histoire de capital culturel d’ailleurs ? La sociologie apporte des réponses à la question « mais pourquoi ce sont toujours les mêmes qui vont au musée ? ». Pierre Bourdieu, sociologue, définit le capital culturel par l’ensemble des ressources dont dispose un individu en tant qu’incorporées (savoir-faire et compétences), objectivées (possession d’œuvres et d’objets culturels, d’une bibliothèque, etc.), et institutionnalisées par les titres scolaires et les diplômes. Concrètement, le capital culturel, ce sont les livres possédés, la pratique de la lecture et une licence de lettres en prenant la littérature pour exemple.

Sachez-le ou souvenez-vous, nous ne possédons pas tous le même capital culturel !

Il parlait aussi des concepts d’habitus et d’ethos, de capitaux et surtout de domination. Ceux qui dominent par leurs capitaux économiques, les classes supérieures donc, appliquent ou ont la capacité d’appliquer à la société une certaine suprématie culturelle, empreinte de violence symbolique : les dominants légitiment leur culture et de fait La Culture. Or pour lire cette culture, il faut avoir au préalable incorporé le code de lecture ! Qui ressemble à un ensemble de signes qui permettraient de comprendre ce qu’on regarde, à savoir que pour admirer une œuvre contemporaine ou une exposition classique, encore faut-il y avoir « culturellement » ou « socialement » accès et pas simplement physiquement parce qu’elles sont gratuites un jour par mois (ou plus pour certaines). Hop, on en revient au capital culturel de départ.

Et comment avoir accès à ce code de déchiffrage ? Nous y voilà. C’est toujours avec Bourdieu que nous pouvons trouver une piste d’explication avec le concept d’habitus ou tout ce que l’individu acquiert comme dispositions, comme normes au cours des différentes socialisations et formant des manières de penser et d’agir. Autrement dit, si votre appartenance à une classe sociale ne vous socialise pas, de manière non consciente, à l’amour de l’art, les musées auront beau être gratuits les premiers dimanche de chaque mois, vous n’y mettrez pas plus les pieds !

Avec ça, on pourrait dévier vers la domination et la reproduction sociale mais ce sera pour un autre chapitre. Toutefois si vous voulez clore un débat plutôt pénible, vous pouvez toujours expliquer que l’habitus, selon Bourdieu, ce sont des « structures structurées prédisposées à fonctionner comme structures structurantes », en général, ça permet de laisser votre interlocuteur quelque peu coi.

Pour aller plus loin:

L’article de janvier 2010 sur Inégalité.fr

Un peu d’histoire sur les politiques culturelles.

Photo Flickr CC by Dawn Endico.

A propos de Claire

Artiste, photographe, auteure, journaliste, mordue de travail et adepte des triples vies en une seule …Gravitant à l'ENS/EHESS et chez OWNI en même temps, cette journaliste trouve le temps de participer à l’émission la plus folle de la capitale : « Paris tout nu ». Et parfois dormir un peu. Fun Fact : fait la fête au champagne.

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  • Anonyme

    Cette réflexion m’a toujours intriguée et m’a surtout amenée à me poser une question à laquelle j’ai beaucoup de mal à répondre (il faudrait que je déconstruise totalement mon habitus pour cela… mais bien sûr c’est impossible) : a-t-on vraiment besoin d’une démocratisation de la culture ? Puisqu’elle suppose que seule la culture légitime mérite d’être comprise. Bien que d’après Olivier Donna la « bonne » culture aujourd’hui soit à éclectisme plus qu’à l’opéra seulement. Mais je m’interroge vraiment sur les moyens possibles pour établir une plus certaine égalité face à l’accès à la culture.
    Internet à ce niveau me semble apporter une réponse satisfaisante, belle liberté où l’on peut apprendre, se promener dans des musées, etc. : mais a-t-on besoin d’avoir une culture normée pour s’identifier en tant que société ? = « la société française, c’est Baudelaire et Rimbaud », mais on oublie les artistes de rue et tout ce qui n’est pas (encore) de l’art à l’époque étudiée. Bref. Très bon article, une nouvelle fois !
    Stéphanie

    • http://twitter.com/CBerthelemy CBerthelemy

      Tu as raison quand tu parles d’écletisme pour la bonne culture, Olivia Dona a très bien observé tout ça, mais justement, qui peut tout suivre ou presque sans aucun bagage?
      Et Internet c’est aussi un peu ça, tout y est disponible, à portée de souris, de clic et d’oeil mais la culture sera toujours normée en tant que légitime et non légitime: c’est à dire que la société est clivée en diverses catégories, soit le rap aura une moindre légitimité culturelle contrairement à un opéra (pour faire dans l’exemple gros comme une maison).
      Evidemment et heureusement il subsiste des exceptions, qui ont en partie été amoindrie avec l’industrialisation de l’activité culturelle si on se réfère aux différentes politiques culturelles menées depuis Malraux.
      L’accessibilité de la culture à tous ne veut toujours pas dire la culture pour tous ;-).

      (et merci….. *rougis*).
      Si seulement on pouvait faire lire ça aux décideurs, à ceux d’en haut…

  • StepheLakh

    Cette réflexion m'a toujours intriguée et m'a surtout amenée à me poser une question à laquelle j'ai beaucoup de mal à répondre (il faudrait que je déconstruise totalement mon habitus pour cela… mais bien sûr c'est impossible) : a-t-on vraiment besoin d'une démocratisation de la culture ? Puisqu'elle suppose que seule la culture légitime mérite d'être comprise. Bien que d'après Olivier Donna la « bonne » culture aujourd'hui soit à éclectisme plus qu'à l'opéra seulement. Mais je m'interroge vraiment sur les moyens possibles pour établir une plus certaine égalité face à l'accès à la culture.
    Internet à ce niveau me semble apporter une réponse satisfaisante, belle liberté où l'on peut apprendre, se promener dans des musées, etc. : mais a-t-on besoin d'avoir une culture normée pour s'identifier en tant que société ? = « la société française, c'est Baudelaire et Rimbaud », mais on oublie les artistes de rue et tout ce qui n'est pas (encore) de l'art à l'époque étudiée. Bref. Très bon article, une nouvelle fois !
    Stéphanie

  • http://twitter.com/CBerthelemy CBerthelemy

    Tu as raison quand tu parles d'écletisme pour la bonne culture, Olivia Dona a très bien observé tout ça, mais justement, qui peut tout suivre ou presque sans aucun bagage?
    Et Internet c'est aussi un peu ça, tout y est disponible, à portée de souris, de clic et d'oeil mais la culture sera toujours normée en tant que légitime et non légitime: c'est à dire que la société est clivée en diverses catégories, soit le rap aura une moindre légitimité culturelle contrairement à un opéra (pour faire dans l'exemple gros comme une maison).
    Evidemment et heureusement il subsiste des exceptions, qui ont en partie été amoindrie avec l'industrialisation de l'activité culturelle si on se réfère aux différentes politiques culturelles menées depuis Malraux.
    L'accessibilité de la culture à tous ne veut toujours pas dire la culture pour tous ;-).

    (et merci….. *rougis*).
    Si seulement on pouvait faire lire ça aux décideurs, à ceux d'en haut…

  • http://emscafe.blogspot.com/ M1

    Excellente analyse ! Et inévitablement je me pose la même question que Steph : a-t-on besoin d’une démocratisation de la culture? est-ce un concept idiot qui ne fera que niveler la culture par le bas?
    Perso je pense que ce n’est pas à la culture de se « démocratiser », mais c’est aux individus de se forger les clés d’accès à la culture…

    • Anonyme

      Je ne me pose pas la question dans le même sens que toi : je ne crois pas à un nivellement par le bas de la culture, justement, je pense que tout est culturel et qu’il n’y a pas de culture inférieure à une autre, ce que la volonté de démocratisation de la culture implique. Surtout dans une société multiculturelle où on n’a pas tous les mêmes repères…
      Par contre je te rejoins sur l’autonomie nécessaire des individus mais la société met beaucoup de bâtons dans les roues pour ça. Les dominants ne veulent pas qu’on les spolie quoi. (Oui je me sens appartenir à la classe des dominés, j’avoue ^^)

      • http://emscafe.blogspot.com/ M1

        S’il n’y a pas une culture inférieure à une autre, alors pourquoi pas cette volonté de démocratisation de la culture?
        La culture et l’autonomie nécessaire des individus ont un point de départ commun : l’éducation. Or, non seulement le système éducatif est nivelé par le bas, mais en plus tout le monde n’est pas égal intellectuellement dans un système d’éducation. Il ne s’agit pas d’une relation dominants/dominés, il s’agit tout simplement de différents niveaux de culture nécessaires à la survie même et à la dynamique de cette même culture !

        Ps : dans une société multiculturelle, cette différence de cultures forme une même culture aux repères différents, une « démocratisation » pour toi implique-t-elle une uniformisation pour que les différences soient assimilables par tous?

        • http://twitter.com/CBerthelemy CBerthelemy

          Deuxième partie de réponse ici :
          La démocratisation de la Culture implique un nivellement. Le seul possible est celui par le haut (cf les positions des dominants culturels, les plus à même de distinguer ce qui est beau de ce qui ne l’est pas *ironie*).
          Tu as raison lorsque tu dis que tout le monde n’est pas égal intellectuellement face au système d’éducation. Mais alors imagine lorsqu’on y ajoute un brin de stratégie parentale pour que son enfant réussisse et ne se noie pas dans le système éducatif: recours à des écoles privées, détournement de la carte scolaire, cours particuliers, investissement en termes de temps et de suivi de la scolarité, etc… On en revient au point de départ après ce petit égarement, aux difficultés intellectuelles potentiellement présentes dans toutes les classes sociales, si tu ajoutes des difficultés et matérielles et de compréhension par les parents du système éducatif, c’est un peu la mer***.
          L’intellectuel est un critère, mais il n’est point le seul…

          Je laisse Steph te répondre au point number two!

          (mais bonne nuit quand même hein… ;-))

          • http://emscafe.blogspot.com/ M1

            Je pense que la démocratisation de la culture ne peut être possible qu’avec un nivellement par le bas, la démocratie étant par définition, la loi du plus grand nombre, donc de la somme des cultures les plus faibles (sinon on ne parlerait pas de démocratisation)
            Comme je le disais dans ma première partie de réponse, l’individu peut s’affranchir du système d’éducation, qui donne une base mais pas la culture ! seul l’individu se donne les moyens (intellectuel) pour atteindre les hautes sphères de la culture.

      • http://twitter.com/CBerthelemy CBerthelemy

        Oui tu résumes bien le fond de ma pensée ;-)
        Quant à l’autonomie des dominés, je n’y crois guère. Evidemment il y aura toujours quequ’un pour te dire: « regarde en ZEP ils vont bien dans les musées! » Oui, et alors, qu’en font-ils ces élèves? Combien d’entre eux accrochent à cet art précis? Sans tomber dans le misérabilisme of course.

    • http://twitter.com/CBerthelemy CBerthelemy

      M1, réponse en deux parties ;-)

      Non avis perso, il n’est pas nécessaire de démocratiser la culture dans le sens où démocratiser revient à appliquer aux relation sociales une autre domination des uns sur les autres. Inutile d’en ajouter une autre. Cette volonté de démocratisation est avant tout politique (Malraux, et Lang notamment).
      Les individus ne peuvent d’eux-mêmes se forger ces clés d’accès, conditionnés par un système de shèmes de pensée ou de mode de pensée et de fonctionnement, de réflexes à leur tour conditionné par leur position sociale, par la hiérarchie des individus les uns entre les autres (et il ne s’agit pas uniquement d’un socle financier mais d’autres critères encore plus complexes qui s’imbriquent les uns dans les uns).
      C’est ce pourquoi je pense (et ça n’engage que moi) que la démocratisation de la culture est vaine et surtout: pourquoi faire? pourquoi estimer que l’art contemporain serait une culture dominée par le classique par exemple? Qui pourrait juger d’une légitimité d’une culture musicale et d’une non-légitimité d’une autre?

      Ceux à la pensée dominante. Donc ceux qui possèdent le plus de ressources (tout type de ressources confondues).
      Ce n’est encore une fois que ma vision des chose…

      • http://emscafe.blogspot.com/ M1

        Mais la démocratie en elle-même intègre une part de soumission au grand nombre, des dominants et des dominés, c’est le principe même d’une majorité !
        Mon opinion n’engage que moi bien sûr mais je pense que chaque individu se forge sa propre clé, que beaucoup l’ont fait, dans des milieux très modestes intellectuellement et socialement, avec le peu que leur a donné le système d’éducation, ils ont réussit à trouver leurs chemins dans les « paliers supérieurs » de la culture, c’est pour moi la vraie démocratisation de la culture.

        Pour la légitimité d’une culture ou la domination d’une culture ou d’un courant de culture, je dirais encore une fois que c’est ce qui fait la dynamique des cultures, que sans « confrontation », sans ce jeu de domination, les cultures sombreraient dans l’infertilité.

        Un post bien plus qu’intéressant, j’espère qu’un jour on pourra en discuter avec Steph autour d’un thé, ou d’une bière ; )

        • http://twitter.com/CBerthelemy CBerthelemy

          M1, le thé ou la bière, c’est QUAND TU VEUX ET AVEC GRAND PLAISIR!

  • http://emscafe.blogspot.com/ M1

    Excellente analyse ! Et inévitablement je me pose la même question que Steph : a-t-on besoin d'une démocratisation de la culture? est-ce un concept idiot qui ne fera que niveler la culture par le bas?
    Perso je pense que ce n'est pas à la culture de se « démocratiser », mais c'est aux individus de se forger les clés d'accès à la culture…

  • StepheLakh

    Je ne me pose pas la question dans le même sens que toi : je ne crois pas à un nivellement par le bas de la culture, justement, je pense que tout est culturel et qu'il n'y a pas de culture inférieure à une autre, ce que la volonté de démocratisation de la culture implique. Surtout dans une société multiculturelle où on n'a pas tous les mêmes repères…
    Par contre je te rejoins sur l'autonomie nécessaire des individus mais la société met beaucoup de bâtons dans les roues pour ça. Les dominants ne veulent pas qu'on les spolie quoi. (Oui je me sens appartenir à la classe des dominés, j'avoue ^^)

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    S'il n'y a pas une culture inférieure à une autre, alors pourquoi pas cette volonté de démocratisation de la culture?
    La culture et l'autonomie nécessaire des individus ont un point de départ commun : l'éducation. Or, non seulement le système éducatif est nivelé par le bas, mais en plus tout le monde n'est pas égal intellectuellement dans un système d'éducation. Il ne s'agit pas d'une relation dominants/dominés, il s'agit tout simplement de différents niveaux de culture nécessaires à la survie même et à la dynamique de cette même culture !

    Ps : dans une société multiculturelle, cette différence de cultures forme une même culture aux repères différents, une « démocratisation » pour toi implique-t-elle une uniformisation pour que les différences soient assimilables par tous?

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    M1, réponse en deux parties ;-)

    Non avis perso, il n'est pas nécessaire de démocratiser la culture dans le sens où démocratiser revient à appliquer aux relation sociales une autre domination des uns sur les autres. Inutile d'en ajouter une autre. Cette volonté de démocratisation est avant tout politique (Malraux, et Lang notamment).
    Les individus ne peuvent d'eux-mêmes se forger ces clés d'accès, conditionnés par un système de shèmes de pensée ou de mode de pensée et de fonctionnement, de réflexes à leur tour conditionné par leur position sociale, par la hiérarchie des individus les uns entre les autres (et il ne s'agit pas uniquement d'un socle financier mais d'autres critères encore plus complexes qui s'imbriquent les uns dans les uns).
    C'est ce pourquoi je pense (et ça n'engage que moi) que la démocratisation de la culture est vaine et surtout: pourquoi faire? pourquoi estimer que l'art contemporain serait une culture dominée par le classique par exemple? Qui pourrait juger d'une légitimité d'une culture musicale et d'une non-légitimité d'une autre?

    Ceux à la pensée dominante. Donc ceux qui possèdent le plus de ressources (tout type de ressources confondues).
    Ce n'est encore une fois que ma vision des chose…

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    Oui tu résumes bien le fond de ma pensée ;-)
    Quant à l'autonomie des dominés, je n'y crois guère. Evidemment il y aura toujours quequ'un pour te dire: « regarde en ZEP ils vont bien dans les musées! » Oui, et alors, qu'en font-ils ces élèves? Combien d'entre eux accrochent à cet art précis? Sans tomber dans le misérabilisme of course.

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    Deuxième partie de réponse ici :
    La démocratisation de la Culture implique un nivellement. Le seul possible est celui par le haut (cf les positions des dominants culturels, les plus à même de distinguer ce qui est beau de ce qui ne l'est pas *ironie*).
    Tu as raison lorsque tu dis que tout le monde n'est pas égal intellectuellement face au système d'éducation. Mais alors imagine lorsqu'on y ajoute un brin de stratégie parentale pour que son enfant réussisse et ne se noie pas dans le système éducatif: recours à des écoles privées, détournement de la carte scolaire, cours particuliers, investissement en termes de temps et de suivi de la scolarité, etc… On en revient au point de départ après ce petit égarement, aux difficultés intellectuelles potentiellement présentes dans toutes les classes sociales, si tu ajoutes des difficultés et matérielles et de compréhension par les parents du système éducatif, c'est un peu la mer***.
    L'intellectuel est un critère, mais il n'est point le seul…

    Je laisse Steph te répondre au point number two!

    (mais bonne nuit quand même hein… ;-))

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    Mais la démocratie en elle-même intègre une part de soumission au grand nombre, des dominants et des dominés, c'est le principe même d'une majorité !
    Mon opinion n'engage que moi bien sûr mais je pense que chaque individu se forge sa propre clé, que beaucoup l'ont fait, dans des milieux très modestes intellectuellement et socialement, avec le peu que leur a donné le système d'éducation, ils ont réussit à trouver leurs chemins dans les « paliers supérieurs » de la culture, c'est pour moi la vraie démocratisation de la culture.

    Pour la légitimité d'une culture ou la domination d'une culture ou d'un courant de culture, je dirais encore une fois que c'est ce qui fait la dynamique des cultures, que sans « confrontation », sans ce jeu de domination, les cultures sombreraient dans l'infertilité.

    Un post bien plus qu'intéressant, j'espère qu'un jour on pourra en discuter avec Steph autour d'un thé, ou d'une bière ; )

  • http://emscafe.blogspot.com/ M1

    Je pense que la démocratisation de la culture ne peut être possible qu'avec un nivellement par le bas, la démocratie étant par définition, la loi du plus grand nombre, donc de la somme des cultures les plus faibles (sinon on ne parlerait pas de démocratisation)
    Comme je le disais dans ma première partie de réponse, l'individu peut s'affranchir du système d'éducation, qui donne une base mais pas la culture ! seul l'individu se donne les moyens (intellectuel) pour atteindre les hautes sphères de la culture.

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    M1, le thé ou la bière, c'est QUAND TU VEUX ET AVEC GRAND PLAISIR!

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