Toutes des… sauf maman (ou pas)

Mère indigne

Cette contribution vient d’une auteure ayant souhaité rester anonyme. Comme nous apprécions le style et le ton, le voici publié. Merci à nos parents respectifs de ne pas se sentir visés. (Oui oui on sait que vous venez nous lire ici.)

Non mais lol et WTF quoi.

Souhaiter bonne fête à des femmes [certaines] qui, alors que j’approchais du noyau terrestre en terme de profondeur, m’ont marché dessus ? S’il fallait les lister ces sombres traitresses de la cause féministe, on en serait encore là dans un an.

Plus que les dix doigts de deux mains, voire vingt si on ajoute les pieds. Le nombre de traitresses hein. Les mêmes qui se disent féministes mais ferment l’oeil et le bon quand ça ne fleure pas bon les champs de blé à leurs côtés.

On peut être féministe et lâche

Aujourd’hui, elles s’auto-congratulent des avancées de leurs mères, soeurs et d’elles-mêmes, ayant gagné leur indépendance. Nos grands-mères, oui pourquoi pas. Nos mères, humpf, comment dire …
Faut les voir opter pour la lâcheté quand ça les arrange hein, ça vaut le détour. Sois belle ma fille, je suis féministe, ta grand-mère aussi mais bon parfois faut savoir se la boucler hein. À multiplier par autant de mères adeptes de l’abandon moral. Combien de fois on peut entendre « Ma mère a défendu mon beau-père, tu comprends, elle l’aimait et l’aime encore » ? Non je comprend pas vraiment. Ou « Ah mais tu sais ma mère m’a toujours dit, ton corps c’est le tien. Quand je lui ai dit ce qu’il se passait, elle m’a juste traité de menteuse. Et puis aujourd’hui, elle est allée distribuer des tracts « bonnes fêtes les femmes ! » à la sortie du métro, à toutes celles qu’elle a croisées ».
Ah oui quand même hein.

Non mais lol et WTF quoi.
Je refuse de souhaiter bonne fête à ces femmes et de leur dire « bravo, continuez comme ça, courage, vous allez y arriver ». Non seulement je me désolidarise du féminisme sur-médiatisé mais en plus j’enfonce le clou. Elles me font de la peine : l’occident célèbre la lâcheté d’une bande de nanas fières d’elles parce qu’elles croient soutenir et aider les opprimées. Sauf quelques irréductibles qui dénoncent le grand écart entre valeurs et actions internes. Non mais lol quoi.

Mères spectatrices de meurtres à petit feu

Mais y’a combien de gamins et de gamines qui crèvent du silence et de l’absence de leur mère, soeur ou grand-mère ? Pas l’absence physique non, le bon, le vrai voilage de face, celui qui t’écrase et te faire dire « Oh mon Dieu comment je suis rien ». Orchestrée par des femmes qui d’un côté célèbrent leur indépendance et leurs choix et de l’autre cautionnent par leurs silences les violences faites à leurs enfants (intra-familiales sinon elles défendent à peu près leurs petits), ferment les yeux devant les coups de leur conjoint sur leurs mômes (« Mais non ne dramatise pas, tu avais fait une bêtise »), et j’en passe.

Qui sont les opprimés là-dedans ? Les mères ou les enfants ?
Célébrons gaiement celles qui taisent l’innommable par amour pour leur mari/père/oncle/frère etc.

Non mais lol et WTF.
Aujourd’hui, soutenons les opprimés, pas les avancées de la parité (préférer une conne parce qu’elle est femme c’est pas vraiment pertinent). Quand les féministes médiatisées cesseront de se regarder leur nombril, on s’occupera des violences silencieuses envers ces gamines qu’on abandonne. Certaines femmes oppriment tellement mieux que les hommes.

C’est pas la parité qu’il faut obtenir. C’est cesser la schizophrénie ambiante d’une société délirante qui pour faire bien tait les violences physiques et psychologiques une fois par an le 8 mars que certaines femmes font subir à leurs enfants. Que nos grands-mères reproduisent un schéma d’accord, quoi que. Que nos mères se rendent coupables de ne pas dénoncer. Non.

La journée de la fâme ?
Non mais lol et WTF quoi.

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