La rédaction du futur, c’est quoi pour vous ?

rédaction du futur

Vendredi 25 mars se tenaient les Entretiens de l’Information dans les locaux de l’Ina. La thématique de ce rendez-vous : « Rédactions du futur ». Prospective et échanges autour d’un concept bien difficile à imaginer.

A quoi ressembleront les rédactions dans 30 ans ? C’est la question qu’a posé Alain le Gouguec de France Inter à ses invités lors de la 2e conférence.

Les participants étant :

Si Benoît Raphaël, commence par préciser que c’est impossible à prévoir, il dévoile tout de même quelques pistes.

Une rédaction dématérialisée, agile ce qui entraînera la disparition des grosses rédactions. On pourra tout voir en temps réel, de partout dans le monde. L’information pourrait aussi être traduite dans plusieurs langues en simultané. Trier et mettre en scène, donner du sens, ne sera plus forcément le rôle des journalistes mais celui des éditeurs.

Serge Schick n’oublie pas les fondamentaux :

La valeur ajoutée est l’élément clé. Sans lui, on va vers une perte de statut de média. Les rédactions pourraient totalement varier leurs angles et leurs types d’article en fonction de la plateforme à laquelle l’article est destiné.

Un avis qui va dans le sens de celui de Didier Pourquery et des projets déjà en cours au Monde.fr :

Nous réfléchissons à de nouveaux profils de coordination notamment avec la rédaction intégrée. On peut imaginer des chefs de rubrique qui travailleraient pour l’ensemble des supports. On se dirige aussi de plus en plus vers un journaliste qui va interroger les experts au lieu d’être un expert lui-même.

Un mouvement déjà en cours à la RTBF si l’on en croit Christian Dauriac :

Nous n’envoyons plus les journalistes sur des accidents, des déclarations de politique. Nous savons que nous pourrons trouver ces informations autrement. Il faut s’interroger sur la véritable plus-value que l’on peut apporter.

Au-delà, de ces quelques citations, l’ensemble des intervenants s’accorde sur la nécessité d’une rédaction intégrée. Il ne semble plus imaginable de séparer les journalistes travaillant sur les différents supports à court terme. Un sujet qui faisait encore débat, il y a quelques années, mais que de plus en plus de journaux adoptent.

Soulevé par un membre du public, la question des documentalistes a elle fait davantage débat. Ont-ils leur place dans les rédactions actuelles et à fortiori dans les rédactions du futur ? Tombé quasiment en désuétude, ce métier me semble être peu à peu supprimé des journaux. Le web et l’accès aux archives numériques du journal semblent le rendre caduc à terme. Sébastien Bailly de Paris-Normandie soulève lui une piste de réflexion intéressante sur Twitter.

Un avis à nouveau évoqué pendant l’après-midi par un autre spectateur se plaignant du manque de « profondeur » de l’information sur les sites web français. Trouver l’article de la veille ne l’intéresse pas, il préfèrerait avoir différentes ressources recommandées par la rédaction.

Philippe Couve, présent pour la première table ronde semble lui plus « perplexe ».

A noter qu’il a aussi été interrogé sur ce sujet par Erwann Gaucher.

Je n’ai choisi ici que de développer un seul aspect de ces entretiens. Vous pouvez retrouver le live sur l’Observatoire des médias.

A propos de Jérémy

Nomade et l’esprit en vacances, un pied à Orléans ou ailleurs et l'autre dans ma Bretagne natale. Journaliste multimédia, un peu de webdocu, une bonne dose d'écriture et beaucoup de réseaux sociaux sont au menu... Revendique la paternité des biographies de l'ensemble des auteurs sur ce blog.

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