L’aventure du dimanche : installer le dernier Android sur le HTC Magic

La séquence de démarrage d'Ice Cream Sandwich sur HTC Magic

Il faut parfois savoir se découvrir un esprit baroudeur et tenter des actions de prime abord contre nature… Comme installer la dernière version d’Android (Ice Cream Sandwich) sur le second smartphone sorti avec le système (en version 1.5), le HTC Magic. Un appareil sorti en 2009 en France déjà considéré comme obsolète, au point de n’avoir eu droit que très péniblement à Android 2.2 fin 2010. Le Magic ne verra jamais officiellement ICS, à cause de la taille limitée de son stockage interne (512 Mo), de sa RAM (192 Mo) et surtout ses capacités de traitement qui ne permettent pas d’afficher fluidement une interface aussi animée que celle d’Android 4.0. Et pourtant…

L’envie m’est venue ce dimanche après-midi. Après 20 minutes de recherche, je tombe sur ce post sur Google+ où un certain Marcus Thompson indique avoir installé une alpha d’ICS destinée au tout premier appareil Android vendu, le « Dream » (G1), sur son Magic (G2). Tentons donc et voyons comment se comporte le système sur ce vieil appareil.

La dernière mise à jour officielle pour le Magic, Froyo

Au revoir, version officielle !

Obtention des droits et installation

Petit moment pseudo technique. L’installation se déroule exactement comme indiqué dans le message du développeur de la ROM. Pour « rooter » (obtenir tous les droits) son appareil, avant cela, il faut se plier à une petit gymnastique. Téléchargez et installez d’abord Unlock Root (en refusant les logiciels tiers), qui supporte de (très) nombreux smartphones. Téléchargez ensuite HTC Sync sans l’installer. Lancez le programme d’installation et laissez-le installer Adobe AIR et les pilotes requis. Une fois ceux-ci en place, annulez l’installation de Sync, inutile. Ouvrez enfin Unlock Root, cliquez sur « Root », sélectionnez le Magic et attendez. Oui, c’est tout simple.

La sauvegarde du système est terminée, installation d'ICS en cours (et en flou)

N'oubliez pas de "nand backup" votre système actuel !

Téléchargez ensuite ROM Manager sur l’appareil, de préférence à partir du Market web, plus rapide que celui du téléphone. A partir de l’app, installez la dernière version de ClockworkMod (pour HTC MyTouch 3G). A partir de là, on passe aux instructions du développeur:

  1. Téléchargez recovery-v1.5.8-CustomMTD_S.zip et boot-v1.5.8-CustomMTD_S.zip sur Mediafire puis placez-les sur votre carte SD ;
  2.  Téléchargez le mtdpartmap.txt en bas de ce message et placez-le dans le même dossier que les fichiers .zip sur la carte SD ;
  3.  Installez ClockworkMod recovery (ndrl, comme expliqué au-dessus) ;
  4.  Redémarrez en recovery ;
  5.  Faites une sauvegarde du système actuel par « Nandroid backup » (ndlr, ne sautez pas cette étape, vu que tôt ou tard, vous y reviendrez) ;
  6.  Videz le cache et la mémoire (wipe cache et wipe data) ;
  7.  Redémarrez en recovery (ndlr, écran principal de CWM et « Advanced » ) ;
  8.  Dans CWM,  montez (« mount ») /sdcard (pour écrire dans mtdpartmap.txt, essentiel) ;
  9.  Flashez recovery-v1.5.8-CustomMTD_S.zip (ndlr, « installez zip from sdcard » dans CWM) ;
  10.  Redémarrez en recovery ;
  11.  Flashez la ROM (précaution supplémentaire, montez /system avant) ;
  12.  Flashez boot-v1.5.8-CustomMTD_S.zip ;
  13.  Redémarrez.

Cette méthode d’installation est relativement simple, vu que tous les fichiers sont déjà prêts. Aussi, je ne saurais pas vous indiquer des instructions spécifiques au Magic, donc ayez confiance. Ah si, juste une chose : si ClockworkMod refuse de se lancer (plus de deux minutes sur le logo de l’opérateur ou une icône danger au-dessus d’un téléphone), pas de panique. Enlevez la batterie, redémarrez normalement le téléphone et téléchargez le recovery Amon Ra (la dernière version) que vous pouvez installer à partir de ROM Manager en plaçant le fichier sur la carte SD et en descendant dans ROM Manager jusqu’à l’option proposant d’installer un autre recovery. Vous avez simplement à redémarrer puis à retenter d’installer CWM. Bizarrement, cela fonctionne. Le seul problème étant que la bizarrerie peut persister et nécessiter des allers retours assez lourds entre les deux recoveries… Bon courage.

Ce que ça donne

Alors voilà, maintenant mon Magic est très sommairement équipé d’Ice Cream Sandwich et ne pourra l’être d’une manière manière que quand quelqu’un de sérieux se pencheront sur ce non-problème. Première chose : alpha oblige, Android 4.0 très lent, bien plus que les versions officielles des versions 2.x qui ne sont déjà pas exceptionnelles. Comptez plus de cinq minutes pour le premier démarrage.

Un grand défaut d'une ROM non-optimisée : les très longs temps de démarrage.

En attendant, ça décore.

ICS intègre une alerte visuelle lorsque le système est saturé, un cadre rouge très large, qui m’a fait saigner des yeux au moins un quart de mon temps d’utilisation. Dans ces conditions, des choses comme la présence d’un widget par défaut sur le bureau aide aussi à perdre une minute à attendre une réaction. Bien entendu, cette relative débauche visuelle n’est pas désactivable en options ; la résignation est donc de mise.

Android 4.0.1 sur le HTC Magic. Enjoy.

Une image (sombre) bien trop rare.

En dehors de la lenteur, l’interface donne une impression très bizarre par rapport à la résolution de l’écran (320×240), la plus faible permise par le SDK Android. Si l’ensemble des écrans s’affichent en intégralité dans ce format, le clavier joue à cache-cache en tronquant la dernière ligne de touches, contenant le switch vers les chiuffres et symboles, l’espace et la validation des formulaires. En clair, il est simplement inutilisable en l’état. Un moindre mal pour le « Dream » et son clavier physique mais un calvaire pour le Magic, qui m’a obligé à constamment basculer entre les claviers embarqués – français et japonais – pour obtenir les touches qui m’intéressent. Roots et fun.

Par une certaine malice, il s’affiche quand la barre d’état disparait, ce qui n’est pas un comportement voulu… Tant qu’on est dans les contrôles, le bouton « Accueil » n’est simplement pas détecté. Donc plutôt que de revenir simplement au lanceur d’applications, on doit multiplier les « retours » pour atteindre l’écran principal. Un effet de l’installation d’un système prévu pour un autre téléphone.

L'écran de verrouillage d'ICS sur le Magic.

L'appareil a bien vécu et le fond d'écran également, le même d'Android 1.5 à 4.0 !

Cette version ne comporte pas les applications Google (Gmail, Maps, Youtube…) et l’Android Market ne permet aucune installation. Un « léger » problème qui ne permet pas de changer pour un autre clavier, de regarder des vidéos Youtube ou d’enregistrer l’activité avec ScreenCast par exemple. Une surprise, pourtant : le navigateur web, presque plus rapide que celui de la version 2.2 officielle, pourtant bien optimisée. J’ai donc hâte de voir ce que ça donnera sur mes appareils actuels, Galaxy S2 et Asus Eee Pad Transformer, pour lesquels je n’ai pas (encore) tenté le diable en passant à des ROM non-officielles.

Le clavier (tronqué) d'Android 4.0 sur Magic.

Surexposons ! Le clavier n'en reste pas moins incomplet.

Le peu d’applications fonctionnelles s’intègrent très bien au style matériel du « G2″. Le genre d’originalité dans le design qui me font préférer le style HTC à ceux « ultra plats pour être plats » de Samsung ou Sony. Sans parler de Motorola qui saccage l’interface pour coller à ses téléphones.

L'application SMS d'Ice Cream Sandwich.

Non, la mise au point n'est pas ratée. Non.

Détail amusant, la trackball n’active plus un défilement dans les éléments de l’interface mais fait apparaitre une souris sur l’écran. Lente.

Le trackball du Magic laisse apparaitre une souris.

Floutons ! Souris et menu d'extinction, classique.

Bien sûr, Ice Cream Sandwich « complet » est dans tous les cas inutilisable sur le Magic au quotidien. Trop lourd, surtout, comme l’était déjà Froyo ; limité dans son portage sur le Magic. Le style graphique convient pourtant bien et les avancées ergonomiques seraient bienvenues, surtout couplées aux boutons physiques du Magic, que je trouve inégalés, sinon par les claviers complets. Même si ICS a pour but de se débarasser de tout bouton physique, il est vraiment dommage de voir disparaitre des accès rapides vers les fonctions clés d’un… téléphone. Même disposé sur le « dock » de l’écran d’accueil, un lien vers la fonction d’appel reste moins intuitif qu’un bouton physique. Aux amateurs du tout tactile…

J’attends donc que quelqu’un se penche vraiment sur la thématique « ICS sur Magic », pour voir s’il est possible de redonner une seconde jeunesse au téléphone et, par bonheur, redonner ses lettres de noblesse au choix de nombreux boutons fait par HTC, il n’y a pourtant pas si longtemps. Trois ans à peine.

Et bien sûr…

Un clip presque honteux. Pas autant que les passions musicales de Stéphanie, mais tout de même. Parce que que je suis accro au groupe Filter depuis quelques mois, à vous d’en profiter. Par contre, je n’assume toujours pas leur look ni leurs clips. Trop mainstream.

PS : Heureux d’avoir pu vous faire profiter des pires « Myspace angles » des photos de gadgets. Un hommage à tous ces journalistes qui aiment le flou, les inversions de mise au point, la surexposition et montrer les appareils sur d’autres pour prétendre à la suroccupation. Et à mon objectif vraiment trop court. Big up!

A propos de Reguen

Ils sont trendy, ils sont partout : les geeks. Cet énergumène va lui plus loin, à la frontière du nerd. Passionné de culture asiatique (terme ici utilisé pour remplacer le moins politiquement correct hentai) et d'Android, il vous emmènera là où vous n'auriez jamais voulu aller, mais vous reviendrez...

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