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	<title>Regardailleurs</title>
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	<description>Hi! Have you met... us?</description>
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		<title>Livre numérique, réponse à Aurélien Bellanger</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Mar 2013 20:16:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Invités</dc:creator>
				<category><![CDATA[Des lettres à la loupe]]></category>

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		<description><![CDATA[Cher Aurélien Bellanger,  J&#8217;espère vous croiser pour en discuter dans les allées du Salon du livre, ne vous méprenez pas, il n&#8217;y a dans les mots qui vont suivre aucune animosité. Je suis certainement la femme snob dont vous parlez dans l&#8217;interview à lire sur le site des Inrocks. Celle dont les piles de livres [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Cher Aurélien Bellanger,</p>
<p style="text-align: right;"><em> J&rsquo;espère vous croiser pour en discuter dans les allées du Salon du livre, ne vous méprenez pas, il n&rsquo;y a dans les mots qui vont suivre aucune animosité.</em></p>
<p>Je suis certainement la femme snob dont vous parlez <a href="http://www.lesinrocks.com/2013/03/20/livres/aurelien-bellanger-le-basculement-vers-le-numerique-me-semble-irreversible-11375765/" target="_blank">dans l&rsquo;interview à lire sur le site des Inrocks</a>. Celle dont les piles de livres sont posées tranquillement <a href="http://www.ikea.com/fr/fr/catalog/products/10208467/" target="_blank">à côté des deux grandes Billy</a> que contient ma chambre parisienne. Et qui sont déjà pleines. <span id="more-2541"></span>Je me demande d&rsquo;ailleurs pourquoi pour ne pas faire davantage preuve de snobisme, je ne les fais pas trôner dans le salon ? Peut-être est-ce simplement que les DVDs et autres CDs prennent déjà bien de la place &#8211; en plus de nos morceaux de musiques dématérialisés. #culture #étalage</p>
<p>Votre achat d&rsquo;iPad est judicieux, <a href="http://www.franceinfo.fr/high-tech/nouveau-monde/livre-numerique-liseuse-ou-tablette-561555-2012-03-20" target="_blank">il ne semble cependant pas le mieux indiqué pour la lecture mais c&rsquo;est votre choix</a> :</p>
<blockquote><p>elle {la tablette ou iPad} permet de lire des livres mais aussi d&rsquo;aller sur Internet, de jouer, de regarder des films, etc.</p></blockquote>
<p>On est un peu loin de la lecture de roman mais soit. L&rsquo;offre ira en augmentant, soyez-en sûr, les éditeurs prennent doucement le chemin du numérique, petit pas par petit pas mais ils le prennent et c&rsquo;est l&rsquo;essentiel.</p>
<p>Maintenant passons au discours sur l&rsquo;expérience du papier que vous qualifiez &laquo;&nbsp;<em>d&rsquo;un peu délirant</em>&laquo;&nbsp;. Je ne connais personne qui ne sniffe le papier à chaque page qu&rsquo;il tourne, c&rsquo;est vrai. Mais qui n&rsquo;a pas ouvert un livre en le sentant, en touchant le papier, en tâtant la qualité des pages, le grain du papier ? Je n&rsquo;en suis pas fan mais comprends que pour certains ça compte. Et pour tourner les pages, le lecteur utilise ses doigts et &#8230; il touche ces pages. Le toucher intervient donc dans la lecture d&rsquo;un livre en format papier &#8211; au même titre que vous slidez les pages de votre livre en format numérique. L&rsquo;expérience est différente mais elle existe et elle n&rsquo;est pas plus délirante que de kiffer slider sur un iPad.</p>
<p>La bourgeoisie comme vous l&rsquo;appelez n&rsquo;achète plus de livre pour décorer sa bibliothèque. Certes. Il existe en revanche des gens &#8211; beaucoup de gens &#8211; qui achètent des livres, non pas pour décorer leur bibliothèque mais pour les lire avec amour et avec passion. Je fais partie de ceux-là mais ne faisons pas de mon cas une généralité. Cela dit, mes livres étant rangés par éditeur pour les brochés comme pour les poches, vous vous seriez retrouvé coincé entre Nathalie Kuperman avec Nous étions des êtres vivants et Valentine Goby avec Des corps en silence. La compagnie est plutôt sympa et j&rsquo;en profite pour conseiller les deux ouvrages.</p>
<p>Posséder une bibliothèque relèverait plus du snobisme que d&rsquo;une réalité. Si vous parlez de la Pléiade, sans nul doute, et encore que je ne me permettrai pas de juger. Si vous parlez de la majorité des livres, la plupart des études sérieuses concernant les acheteurs férus des titres en pagaille de Guillaume Musso, Marc Levy, Amélie Nothomb et autres fonds de commerce des grands éditeurs &#8211; que je ne juge pas, encore une fois, loin de moi l&rsquo;idée de critiquer le métier &#8211; montrent que &#8230;. le snobisme n&rsquo;est pas là où vous pensez qu&rsquo;il est. Si dans votre petit milieu vous n&rsquo;avez que des lecteurs qui ont parcouru vaguement leurs ouvrages et enlèvent la poussière de leurs bibliothèques au moment des diners du samedi soir, ne cherchez plus, vous n&rsquo;êtes pas dans un milieu de lecteurs. (ces études &#8230; n&rsquo;existent pas on est d&rsquo;accord hein, elles illustrent mon propos).</p>
<p>Vous avez lu 10% des livres de votre bibliothèque et c&rsquo;est bien dommage. Pour rendre votre snobisme visible, un conseil : achetez un iPad par ouvrage numérique et empilez-les les uns à côté des autres ou les uns au dessus des autres. Le tout fonctionnera peut-être (je voulais mettre &laquo;&nbsp;ça fonctionnera peut-être&nbsp;&raquo; mais j&rsquo;ai oublié où se trouve le c cédille majuscule, mes excuses pour la tournure de phrase).</p>
<p>Voir votre livre imprimé représentait pour vous un accomplissement. Pourtant en fervent défenseur du numérique &#8211; que je défends tout autant mais en essayant d&rsquo;objectiver les choses, à mon échelle &#8211; vous établissez une différence de valeur entre les deux supports ? Le livre n&rsquo;est-il pas le même ? Pensez-vous réellement que vos lecteurs n&rsquo;ont pas parfois préféré juste aller voir leur compte Facebook, non pas parce qu&rsquo;ils n&rsquo;aimaient pas ce que vous écriviez mais parce qu&rsquo;ils avaient simplement envie de faire autre chose ? Pensez-vous alors que de glisser votre livre en format numérique &#8211; homothétique &#8211; sur des tablettes redonnerait aux gens l&rsquo;envie de lire ? Mais, Aurélien Bellanger, les gens lisent déjà, les gens lisent encore, en atteste le nombre de personnes dans le métro, tablette ou livre papier à la main !</p>
<p>Quant à votre assertion sur les écrivains qui peuvent se passer d&rsquo;éditeurs, je ne préfère pas y revenir tant l&rsquo;édition est un métier. Qui aurait assuré votre communication si vous aviez édité votre ouvrage seul ? Qui aurait relu les fautes, les incohérences de vos 500 pages comme tout écrivain peut faire de fautes et d&rsquo;incohérences ? Qui vous aurait conseillé alors ?</p>
<p>Vous ne détenez rien d&rsquo;autre que vos mots. La vie a fait le reste. Et vos éditeurs ont bien travaillé, vous pouvez les en remercier. Les auteurs ont toujours été un maillon indispensable puisqu&rsquo;à l&rsquo;origine des mots. Mais les autres maillons, vous avez tort de ne pas y penser. Chaque maillon de la chaine compte. Enlevez-en un et observez ce qu&rsquo;il se passe. Une chance sur mille qu&rsquo;il en sorte quelque chose. Et encore mes stats sont à la louche.</p>
<p>Dernier point et non des moindes, les éditeurs et les libraires ont des torts, certainement. Mais creusez davantage le sujet avant de jeter la pierre. <a href="http://owni.fr/2012/10/15/livraison-de-trouille-chez-les-editeurs-numeriques/" target="_blank">Les éditeurs se lancent à tatôns &#8211; un peu moins maintenant &#8211; parce qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas toujours les ressources nécessaires en interne, les libraires essaient de se former aussi, le mouvement suit</a>, un peu plus lentement mais finalement au même rythme que l&rsquo;achat de votre iPad. Et les livres numériques ou non restent des biens. Des biens matériels donc la propriété physique n&rsquo;est pas à démontrer et des biens immatériels pour lesquels le droit est encore balbutiant mais suit son cours.</p>
<p>Je donne mon joker sur les jeux vidéo.</p>
<p>Mes amitiés.</p>
<p>La bourgeoise snob.</p>
<p>(PS : on me souffle par mail que je n&rsquo;ai pas évoqué les DRM et l&rsquo;écosystème en dehors de l&rsquo;iPad, une prochaine fois donc &#8230;)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="https://secure.flickr.com/photos/george_eastman_house/2677422743/" target="_blank">Illustration Flickr CC</a></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>La carto appliquée à la Fashion Week parisienne.</title>
		<link>http://regardailleurs.fr/2012/09/26/carto-appliquee-a-la-fashion-week-parisienne-data/</link>
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		<pubDate>Wed, 26 Sep 2012 18:48:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Claire</dc:creator>
				<category><![CDATA[Regards sur l'actualité]]></category>
		<category><![CDATA[cartographie]]></category>
		<category><![CDATA[data]]></category>
		<category><![CDATA[fashion week]]></category>
		<category><![CDATA[Google Maps]]></category>

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		<description><![CDATA[La Fashion week a lieu à Paris en ce moment. Depuis des lustres que l&#8217;évènement réunit un certain nombre de mannequins, passionnés, journalistes, couturiers, blogueuses et photographes, je n&#8217;ai jamais compris pourquoi le programme n&#8217;était qu&#8217;un simple PDF (téléchargeable ici) et pourquoi personne n&#8217;avait fait une carto des défilés par jour. Sinon c&#8217;est sous forme [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>La Fashion week a lieu à Paris en ce moment.<br />
Depuis des lustres que l&rsquo;évènement réunit un certain nombre de mannequins, passionnés, journalistes, couturiers, blogueuses et photographes, je n&rsquo;ai jamais compris pourquoi le programme n&rsquo;était qu&rsquo;un simple PDF (téléchargeable <a href="http://www.modeaparis.com/IMG/pdf/calpap0912-2.pdf" target="_blank">ici</a>) et pourquoi personne n&rsquo;avait fait une carto des défilés par jour. Sinon c&rsquo;est sous forme d&rsquo;un calendrier interactif sur <a href="http://www.modeaparis.com/fr/les-defiles/calendriers/Pret-a-porter" target="_blank">le site de Mode à Paris</a>, mais c&rsquo;est pas pareil.<br />
<span id="more-2492"></span></p>
<p>Avec mes maigres moyens et mes petites mains, voilà donc une cartographie Google Maps des défilés parisiens et comme je m&rsquo;y suis prise un peu tard, ça commence demain sur la carte.</p>
<p><iframe src="https://maps.google.com/maps/ms?msid=200870680444297882804.0004ca9a89f7f25eb1a0e&amp;msa=0&amp;ie=UTF8&amp;t=m&amp;ll=48.855454,2.344551&amp;spn=0.108429,0.219727&amp;z=12&amp;output=embed" height="480" width="640" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe><br />
<small>Afficher <a style="color: #0000ff; text-align: left;" href="https://maps.google.com/maps/ms?msid=200870680444297882804.0004ca9a89f7f25eb1a0e&amp;msa=0&amp;ie=UTF8&amp;t=m&amp;ll=48.855454,2.344551&amp;spn=0.108429,0.219727&amp;z=12&amp;source=embed">Fashion Week Paris</a> sur une carte plus grande</small></p>
<p>Pour la lire :<br />
- chaque couleur correspond à une journée jusqu&rsquo;à mardi prochain, fin des festivités.<br />
- certains couturiers n&rsquo;ont pas précisé l&rsquo;adresse et elle se trouve sur un carton d&rsquo;invitation &#8211; que je n&rsquo;ai point hélas.<br />
- jour, heure et lieu sont disponibles en cliquant sur le picto d&rsquo;un défilé.<br />
- c&rsquo;est pas très design mais c&rsquo;était chouette à faire.</p>
<p>Si vous avez des remarques, erreurs ou améliorations, n&rsquo;hésitez point.</p>
<p>&#8212;</p>
<p>Illu <a href="http://autempsde.fr/" target="_blank">Claire Berthelemy</a> à l&rsquo;une des fashion week d&rsquo;il y a quelques années.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>De l&#8217;essentialisme geek</title>
		<link>http://regardailleurs.fr/2012/09/24/de-lessentialisme-geek/</link>
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		<pubDate>Mon, 24 Sep 2012 12:09:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Reguen</dc:creator>
				<category><![CDATA[Côté binoclard]]></category>
		<category><![CDATA[clichés]]></category>
		<category><![CDATA[geek]]></category>
		<category><![CDATA[lain]]></category>
		<category><![CDATA[nerds]]></category>
		<category><![CDATA[obcamp]]></category>

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		<description><![CDATA[Le mythe du technophile monomaniaque a encore de beaux jours devant lui. Être « geek » et s&#8217;intéresser à la cuisine est-il extraordinaire ? A en croire des participants du premier Open Bidouille Camp, cela ne se verrait nulle part ailleurs. Tant seuls les circuits imprimés et les Lego robotisables sont les seules choses qui comptent pour [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le mythe du technophile monomaniaque a encore de beaux jours devant lui. Être « geek » et s&rsquo;intéresser à la cuisine est-il extraordinaire ? A en croire des participants du premier <a href="http://storify.com/nicolasloubet/obcamp-la-foire-populaire-de-la-bidouille" target="_blank">Open Bidouille Camp</a>, cela ne se verrait nulle part ailleurs. Tant seuls les circuits imprimés et les Lego robotisables sont les seules choses qui comptent pour eux.</p>
<p><span id="more-2463"></span></p>
<blockquote class="twitter-tweet" lang="fr">
<p style="text-align: center;">Voir des geeks fascines par la technique d&rsquo;étalement de la pâte a gâteau, c&rsquo;est a <a href="https://twitter.com/search/%23obcamp">#obcamp</a></p>
<p style="text-align: center;">— Morgane Tual (@morganetual) <a href="https://twitter.com/morganetual/status/249511791099527168" data-datetime="2012-09-22T14:13:41+00:00">Septembre 22, 2012</a></p>
</blockquote>
<p><script charset="utf-8" type="text/javascript" src="//platform.twitter.com/widgets.js"></script><br />
Quelques heureuses voix sont venues contredire ce cliché éhonté. Si rare de toute façon. Si ? Non.</p>
<blockquote class="twitter-tweet" lang="fr" data-in-reply-to="249519712424304640">
<p style="text-align: center;">@<a href="https://twitter.com/reguen">reguen</a> et dans l&rsquo;intimité ! Je viens de faire des petits gâteaux. Non mais c&rsquo;est quoi ces clichés ;)</p>
<p style="text-align: center;">— Pierre Beyssac (@pbeyssac) <a href="https://twitter.com/pbeyssac/status/249523549503643649" data-datetime="2012-09-22T15:00:24+00:00">Septembre 22, 2012</a></p>
</blockquote>
<blockquote class="twitter-tweet" lang="fr" data-in-reply-to="249523853880086528">
<p style="text-align: center;">@<a href="https://twitter.com/reguen">reguen</a> oh détrompes toi, tu n&rsquo;imagine même pas l&rsquo;intérêt des geeks pour la cusisine. Et tant de rapport avec la programmation cc @<a href="https://twitter.com/pbeyssac">pbeyssac</a></p>
<p style="text-align: center;">— Solarus (@Solarus0) <a href="https://twitter.com/Solarus0/status/249524584183910400" data-datetime="2012-09-22T15:04:31+00:00">Septembre 22, 2012</a></p>
</blockquote>
<blockquote class="twitter-tweet" lang="fr" data-in-reply-to="249519712424304640">
<p style="text-align: center;">@<a href="https://twitter.com/reguen">reguen</a> désolé de m&rsquo;interesser à la cuisine :)</p>
<p style="text-align: center;">— Darkoneko Hellsing (@darkoneko) <a href="https://twitter.com/darkoneko/status/249524906222551041" data-datetime="2012-09-22T15:05:48+00:00">Septembre 22, 2012</a></p>
</blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le message était drôle et innocent ? Inscrit dans le plaisir du moment et le besoin de faire la publicité du bonheur qu&rsquo;est <a href="https://twitter.com/#!/search/?q=%23obcamp" target="_blank">#obcamp</a> ? Non. Ce message &laquo;&nbsp;anodin&nbsp;&raquo; contribue à construire un mythe du &laquo;&nbsp;geek&nbsp;&raquo; seulement tenu par l&rsquo;informatique, maniaque du circuit imprimé, qui ne s&rsquo;intéresse parfois au &laquo;&nbsp;vrai monde du dehors&nbsp;&raquo; que forcé ou attiré par une perspective &laquo;&nbsp;geek&nbsp;&raquo;. La cuisine n&rsquo;est qu&rsquo;une contingence : ce n&rsquo;est pas la pâte qui fascine les geeks ici, mais la &laquo;&nbsp;technique&nbsp;&raquo;.</p>
<p>La culture populaire a d&rsquo;ailleurs très bien illustré ses propres clichés. De la manière la plus gerbante qui soit. Sous couvert de satire politiquement correcte d&rsquo;une population incapable de se défendre médiatiquement (car trop segmentante), on en arrive à <a href="http://www.imdb.com/title/tt1302555/" target="_blank">des œuvres minables</a> ou à l&rsquo;inclusion classique du stéréotype geek, versant blanc à lunettes du noir qui meurt dans les films d&rsquo;horreur. Quand la culture pop saura traiter la différence autrement que <a href="http://irregulier.net/592" target="_blank">par l&rsquo;omission ou la moquerie</a> puérile, on pourra avancer.</p>
<h3>Le geek, humain ? Pfff</h3>
<p>Voyez-vous, le &laquo;&nbsp;geek&nbsp;&raquo; n&rsquo;est pas humain, il est geek. Il ne s&rsquo;intéresse qu&rsquo;à &laquo;&nbsp;des trucs de geeks&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est une forme d&rsquo;essentialisme peu, voire pas formalisée. Confondre &laquo;&nbsp;état geek&nbsp;&raquo; et passion de l&rsquo;électronique et de l&rsquo;anticipation scientifique est devenu commun. Pourquoi ? Parce qu&rsquo;en dehors des &laquo;&nbsp;geeks&nbsp;&raquo;, la passion est une valeur presque inexistante. Il existerait même un &laquo;&nbsp;état naturel&nbsp;&raquo; du geek, derrière un écran à perdre la notion du temps et la raison, plongé qu&rsquo;il est dans son univers immatériel. Tout comme &laquo;&nbsp;l&rsquo;état naturel&nbsp;&raquo; fondateur de l&rsquo;Homme, celui du &laquo;&nbsp;geek&nbsp;&raquo; est aussi une belle connerie.</p>
<p>« Geek », même dans la bouche de ceux qui disent aimer cette culture, reste une insulte. Comme le traduisent les tweets hype cités, être geek c&rsquo;est être inadapté à la vie quotidienne, vivre dans un monde uniquement fait de bidouille et de fantasmes électroniques, être incapables de s&rsquo;intéresser à quoi que ce soit qui n&rsquo;évoque pas la culture scientifique. Le &laquo;&nbsp;geek&nbsp;&raquo; n&rsquo;est pourtant pas un inadapté social monomaniaque par essence, contrairement à ce que véhicule l&rsquo;image populaire. Ou les films des années 80 <a href="http://www.imdb.com/title/tt0088000/" target="_blank">sur les nerds</a>, qui sont bien entendu les mêmes.</p>
<div align="center"><iframe src="http://www.youtube.com/embed/gZEdDMQZaCU" frameborder="0" width="560" height="315"></iframe></div>
<p>Pour le grand public, le terme geek est synonyme de futilité absolue. Se revendiquer geek, désormais, c&rsquo;est exprimer son amour de son smartphone et rire aux messages Mario sur 9GAG. Ou lire des &laquo;&nbsp;blogs geeks&nbsp;&raquo; à la qualité éditoriale douteuse. La construction de l&rsquo;identité par l&rsquo;exclusion, la réflexion sur notre culture, la curiosité face à l&rsquo;inconnu ? Bof. Je porte de grosses lunettes et ai un iPhone, alors je suis geek. La part d&rsquo;inadaptation sociale de chacun, même les plus populaires des vedettes, est du &laquo;&nbsp;geek&nbsp;&raquo;, voire &laquo;&nbsp;nolife&nbsp;&raquo;. &laquo;&nbsp;J&rsquo;ai envie de voir personne aujourd&rsquo;hui. Je suis trop geek !&nbsp;&raquo;</p>
<p>Ce besoin rassurant d&rsquo;être dans une catégorie avait d&rsquo;ailleurs déjà été <a href="http://regardailleurs.fr/2009/12/21/cliches-sur-les-geeks-encore-et-toujours/">exploré par Jérémy</a>. Avec une belle définition du &laquo;&nbsp;geek&nbsp;&raquo; au passage.</p>
<h3>Déconstruire le hacker</h3>
<p>Et il y a le « hacker », élite du « geek » qui a su dépasser les tares geek pour se mettre au service des gens normaux. &laquo;&nbsp;Hacker&nbsp;&raquo; dont certains médias spécialisés créent une image presque olympique, ces êtres extraordinaires et divins, qui ouvrent au bien de l&rsquo;Humanité dans un mouvement altruiste. Et dont ils seront de toute façon l&rsquo;avenir pur. A en croire ces messages autour d&rsquo;OBCamp, l&rsquo;humain &laquo;&nbsp;new born&nbsp;&raquo; hackera, sera fabuleux mais ne saura pas faire cuire de pâtes. C&rsquo;est con.</p>
<p>Je veux bien que des œuvres comme <a href="http://myanimelist.net/anime/339/Serial_Experiments_Lain" target="_blank">Serial Experiments Lain</a> aient imprégné l&rsquo;imaginaire collectif – y compris celui de ceux qui ne les connaissent pas – mais il y a des limites. Lain, jeune lycéenne timide et fascinée par les ordinateurs, très peu représentée dans des moments de sociabilité, même familiale, se révélera être un Dieu numérique qui sauvera l&rsquo;Humanité. La mère du « hacker » propre sur lui et au coeur pur. Des motivations politiques ? Non, ils sont bons par essence, vous comprenez.</p>
<div align="center"><iframe src="http://www.youtube.com/embed/yO4myLCfN-Y" frameborder="0" width="560" height="420"></iframe></div>
<p>Les médias censés nous informer sur le sujet construisent ces mythes, incapables de critiquer qu&rsquo;ils sont. La fascination béate devant ces merveilleux barbus du futur empêche toute interrogation sur leurs rapports conflictuels aux médias généralistes, le rejet ambiant de l&rsquo;autorité et, globalement, l&rsquo;hermétisme de personnes qui prônent de nouvelles formes de démocratie. Sortir du dogme, c&rsquo;est sortir du groupe. Comment réfléchir les fondements de cette culture dans ces conditions ?</p>
<p>PS : A ceux qui penseront à de <a href="http://irregulier.net/521" target="_blank">l&rsquo;opportunisme</a>.</p>
<p>PPS : Le fringant jeune homme en illustration est <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Wil_Wheaton" target="_blank">Wil Wheaton</a>, une de ces nombreuses icônes &laquo;&nbsp;geek&nbsp;&raquo; populaires. Notamment sur <a href="http://www.youtube.com/user/wilwheaton" target="_blank">YouTube</a>.</p>
<p><em>Photo (CC) : <a href="http://www.flickr.com/photos/sbisson/5090962493" target="_blank">An Audience With Wil Wheaton</a> par Simon Bisson.</em></p>
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		<title>#harcèlementderue</title>
		<link>http://regardailleurs.fr/2012/08/01/harcelementderue/</link>
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		<pubDate>Wed, 01 Aug 2012 17:58:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphanie</dc:creator>
				<category><![CDATA[Regards sur l'actualité]]></category>
		<category><![CDATA[éric macé]]></category>
		<category><![CDATA[ethnicité]]></category>
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		<category><![CDATA[harcèlement de rue]]></category>
		<category><![CDATA[nacira guénif-souilamas]]></category>
		<category><![CDATA[pierre bourdieu]]></category>
		<category><![CDATA[virginie despentes]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;équation un film + un hashtag = une prise de conscience a encore frappé ces jours-ci sur Twitter. Le film : Femme de la rue, d&#8217;une étudiante bruxelloise, Sofie Peeters. En caméra cachée, elle se promène simplement dans les rues de Bruxelles et fait entendre (enfin ?) les commentaires que certains hommes portent sur elle, [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;équation un film + un hashtag = une prise de conscience a encore frappé ces jours-ci sur Twitter. Le film : <a href="http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/07/31/chienne-le-machisme-ordinaire-filme-en-camera-cachee/" target="_blank"><em>Femme de la rue</em></a>, d&rsquo;une étudiante bruxelloise, Sofie Peeters. En caméra cachée, elle se promène simplement dans les rues de Bruxelles et fait entendre (enfin ?) les commentaires que certains hommes portent sur elle, en tant que femme, en tant qu&rsquo;objet. La réaction immédiate sur Twitter a donc été la création d&rsquo;un hashtag, #harcèlementderue, ayant pour but de libérer la parole des femmes qui subissent, quotidiennement, ces pressions de la part d&rsquo;inconnus à peine croisés dans la rue. De là ont découlé un certain nombre de remarques et questions qui m&rsquo;ont donné envie de réagir, plus d&rsquo;un an après <a href="http://regardailleurs.fr/2011/05/02/contre-le-harcelement-de-rue/" target="_blank">mon précédent article</a> sur le même sujet.  <span id="more-2444"></span><br />
<iframe src="http://www.youtube.com/embed/YVXc2o5shto" frameborder="0" width="560" height="315"></iframe></p>
<p>La prise de conscience a donc eu lieu ces deux derniers jours, chez les hommes comme chez les femmes : le harcèlement de rue, c&rsquo;est constamment, peu importe le physique des femmes, peu importe l&rsquo;origine des hommes, peu importe l&rsquo;endroit. Après, on retrouve (évidemment) des invariants : on dit ici harcèlement de rue, mais harcèlement dans les lieux publics serait tout aussi juste — on ajoute ainsi les transports en commun, ce qui n&rsquo;est pas négligeable. Parler de harcèlement &laquo;&nbsp;de rue&nbsp;&raquo; porte la première question de la rue. Le Larousse dit &laquo;&nbsp;Voie publique, aménagée dans une agglomération&nbsp;&raquo;. Espace public entre deux lieux privés : une rue. Lieu de passage : une rue. Le harcèlement de rue est assez particulier, en ce sens qu&rsquo;il est très diffus. Il est assez rare de croiser dix fois dans la même journée la même personne qui nous harcèle : c&rsquo;est un harcèlement-marathon, cela se passe comme si tous les hommes qui harcèlent une même femme en une journée se passent le relais. Le harcèlement de rue, c&rsquo;est un inconnu que tu croises, que tu ne reverras plus jamais, mais qui t&rsquo;a déjà proposer de tirer un coup, puis t&rsquo;a insultée quand tu l&rsquo;as ignoré ou que tu as refusé. Si certain-e-s s&rsquo;évertuent à lire ici une sorte de &laquo;&nbsp;flatterie&nbsp;&raquo; envers les femmes, mon argument en réponse sera tout simplement qu&rsquo;ils ont complètement intériorisé les normes dans lesquelles nous sommes socialisés dès notre plus jeune âge.</p>
<h3>Éviter le piège de l&rsquo;essentialisation des comportements</h3>
<p>Parmi les nombreux commentaires lus sur Twitter, une interrogation m&rsquo;a interpelée : parler des causes du harcèlement de rue, est-ce possible sans sombrer dans le racisme (ethnique ou social) ? Le film de Peeters montre principalement des hommes &laquo;&nbsp;d&rsquo;origine étrangère&nbsp;&raquo; dans un quartier &laquo;&nbsp;populaire&nbsp;&raquo;. Est-ce à dire qu&rsquo;il n&rsquo;y a que les étrangers et les pauvres qui harcèlent dans la rue ? Première piste que je souhaite apporter, déformation d&rsquo;étudiante en sciences humaines oblige : il est impossible d&rsquo;apporter des réponses à cette question tant qu&rsquo;aucune étude sociologique ou anthropologique ne sera menée. Tant qu&rsquo;on ne dispose pas de solide pour s&rsquo;exprimer, cela reste du &laquo;&nbsp;on dit&nbsp;&raquo;, de l&rsquo;empirisme bas de gamme, du &laquo;&nbsp;j&rsquo;ai vécu donc je conclus&nbsp;&raquo; : bref, du parfait matériau pour construire et consolider des préjugés. Notons en outre que parler de l&rsquo;ethnique, en France, même en 2012, revêt un caractère un peu extra-terrestre : comme si passer par le filtre ethnique supposait nécessairement des a priori stigmatisants. Les chercheurs français ont longtemps nié le critère de l&rsquo;ethnicité, fondant de force, dans les discours, ce qui semblait différent dans le mythe de l&rsquo;Unité nationale, restant par là même fidèle à son Histoire : l&rsquo;unité nationale (une seule langue, une seule mythologie commune, une seule école) est chère aux cœurs des Français depuis au moins la Révolution. Depuis les années 1980, les minorités locales (Bretons, Basques, Corses…) commencent timidement à être reconnus, ouvrant sans doute la porte (un jour) à une plus grande tolérance envers les différences culturelles.</p>
<p>En ce qui concerne l&rsquo;ethnique et les violences faites aux femmes, une chose est remarquable : l&rsquo;autre est toujours pointé du doigt, dénoncé comme l&rsquo;origine du mal. Les violences conjugales ? Une affaire d&rsquo;hommes &laquo;&nbsp;d&rsquo;origine étrangère&nbsp;&raquo; et de &laquo;&nbsp;classes populaires&nbsp;&raquo; ! Le viol ? Une affaire d&rsquo;hommes &laquo;&nbsp;d&rsquo;origine étrangère&nbsp;&raquo; et de &laquo;&nbsp;classes populaires&nbsp;&raquo; ! Pour argumenter cela, souvent on peut trouver les exemples du fameux voile (encore des &laquo;&nbsp;étrangers&nbsp;&raquo;, n&rsquo;est-ce pas) ou de l&rsquo;excision. Cela tend à prouver, pour certaines personnes, l&rsquo;essence &laquo;&nbsp;violente&nbsp;&raquo; des hommes d&rsquo;origine étrangère. Pourquoi alors viser les &laquo;&nbsp;classes populaires&nbsp;&raquo; ? Question d&rsquo;habitus, a envie de répondre la bourdieusienne qui sommeille en moi, ajoutant qu&rsquo;il s&rsquo;agit également d&rsquo;un &laquo;&nbsp;<a href="http://lmsi.net/Les-feministes-et-le-garcon-arabe" target="_blank">racisme vertueux</a>&laquo;&nbsp;. Les personnes appartenant aux groupes des dominants marient plusieurs capitaux (culturel, social, économique), qui leur permettent de passer inaperçues dans les classes dominantes ici (à peu près). On peut en plus remarquer une certaine &laquo;&nbsp;occidentalisation&nbsp;&raquo; chez certaines personnes, qui sont alors interprétées comme un bon pas vers la &laquo;&nbsp;civilisation&nbsp;&raquo;. Alors est-ce vraiment le fait d&rsquo;hommes d&rsquo;origine étrangère issus des quartiers populaires, ou est-ce une stigmatisation nécessaire pour éviter de se remettre en question ? — Une fois la question posée, je laisse néanmoins la porte ouverte à une réponse positive : il est tout de même possible que ce soit effectivement le fait d&rsquo;hommes d&rsquo;origine étrangère et de modeste condition. En ce cas, la question du pourquoi devra se poser nécessairement : comment ces mécanismes se mettent-ils en place ? Des récurrences s&rsquo;observent-elles dans tous les pays où des personnes de mêmes origines sont installés ? Est-ce une question d&rsquo;&nbsp;&raquo;intégration&nbsp;&raquo;, de &laquo;&nbsp;culture&nbsp;&raquo;, d&rsquo;&nbsp;&raquo;éducation&nbsp;&raquo; ?</p>
<h3>L&rsquo;aboutissement d&rsquo;une société sexiste</h3>
<p>Il n&rsquo;est pas ici question de faire preuve d&rsquo;angélisme et de blâmer les institutions responsables de l&rsquo;intégration des migrants en France ou en Belgique. Comment le font remarquer Éric Macé et Nacira Guénif-Souilamas, dans <em>Les Féministes et le garçon arabe</em>, cela peut être un retournement identitaire : intériorisant le rôle dans lequel on (la société, les médias, les voisins) les enferme, ils le jouent parfaitement. Ainsi, tant qu&rsquo;on ne dit pas &laquo;&nbsp;Tous les Noirs/Arabes/mecs de banlieue&nbsp;&raquo; agissent ainsi, ce n&rsquo;est pas du racisme, c&rsquo;est un constat. Et ce n&rsquo;est pas parce que la personne est bronzée qu&rsquo;il ne faut pas la dénoncer. Par contre, il est également contre-productif de ne s&rsquo;attarder que sur ces personnes : cela permet de mettre un pudique voile sur ce que les autres hommes font aussi subir aux femmes. Bien sûr, ce ne sont pas tous les hommes, mais le harcèlement de rue, comme toutes les violences faites aux femmes (et il faut le répéter jusqu&rsquo;à la lie), ne connaît ni groupe social, ni critère économique, ni origine ethnique. Cela peut toucher n&rsquo;importe quelle femme, par n&rsquo;importe quel homme, n&rsquo;importe où, à n&rsquo;importe quel moment : voilà la joie de vivre dans une société sexiste (ne le niez pas).</p>
<p>Le harcèlement de rue est d&rsquo;ailleurs, <a href="http://anthropologyrules.tumblr.com/post/20315443907/jenaipasporteplainte" target="_blank">avec le viol</a>, un des fruits les plus parfaits, les plus aboutis, de cette société sexiste. D&rsquo;un côté les filles sont socialisées, dès leur plus jeune âge, à se comporter en princesses, à attendre le prince charmant (&laquo;&nbsp;attendre&nbsp;&raquo; est ici un mot-clé), à bien se tenir, bien s&rsquo;habiller, ne pas attirer le regard, parfois encore à servir les hommes, s&rsquo;effacer pour eux. Les filles sont socialisées aux jeux d&rsquo;intérieur alors que les garçons sont invités à découvrir le monde extérieur, à faire du sport, à se salir, à être libre entièrement de leur corps. Le corps de la fille ne lui appartient déjà plus : afin de la protégér du grand méchant loup, les parents et l&rsquo;école lui apprennent à se vêtir, à ne pas sortir tard non accompagnée, à ne pas trop boire. Les garçons, eux, on ne leur apprend ni à se protéger (à l&rsquo;exception du &laquo;&nbsp;N&rsquo;accepte pas de bonbons des inconnus&nbsp;&raquo;), ni à agir de manière non dangereuse. Autorisés à être libres. Et ce, oui oui, indifféremment selon les groupes sociaux, ethniques, économiques. Évidemment, aucune règle n&rsquo;est immuable et surtout aucune fatalité ne plane sur nos têtes : dans tout cela on trouvera toujours des exceptions, des arrangements. Il ne faut pas ici chercher l&rsquo;histoire individuelle mais le tempérament global de la société. Société qui, finalement, donne la rue comme territoire aux hommes. Alors, est-ce étonnant que les femmes, qui viennent envahir ce territoire, se fassent harceler ? Et alors, si on te demande une pipe dans la rue, qu&rsquo;est-ce que tu y faisais, toute seule, avec un pantalon (UN PANTALON !!), et ton regard de salope ! Tu l&rsquo;as bien mérité ! Comme avec le viol, on retrouve encore cette culpabilisation des femmes, au détriment de celle des hommes : la finalité de l&rsquo;histoire, c&rsquo;est que les jupes, les débardeurs, le maquillage, les cheveux, les sourires, tout … disparaisse. Que d&rsquo;ailleurs les femmes ne sortent plus de chez elles, tiens ! Cela me rappelle une histoire relatée par Virginie Despentes dans <em>King Kong Théorie</em> :</p>
<blockquote><p>Été 2005, Philadelphie, je suis en face de Camille Paglia, on fait une interview pour un documentaire. Je hoche la tête avec enthousiasme en écoutant ce qu’elle dit. “Dans les années 60, sur les campus, les filles étaient enfermées dans les dortoirs à dix heures du soir, alors que les garçons faisaient ce qu’ils voulaient. Nous avons demandé “pourquoi cette différence de traitement ?” on nous a expliqué “parce que le monde est dangereux, vous risquez de vous faire violer”, nous avons répondu “alors donnez-nous le droit de risquer d’être violées.&nbsp;&raquo;</p></blockquote>
<p>Est-ce que le harcèlement de rue est une fatalité ? Est-ce que tous les hommes, partout… ? Eh bien non : selon les époques, selon les endroits du monde, les femmes sont plus ou moins prises en compte. Et on l&rsquo;a toutes vécu : lors d&rsquo;une escapade à l&rsquo;étranger, découvrir l&rsquo;étrange silence (ou le brouhaha, au contraire) quand on se promène dans la rue : oui, il arrive que, dans des grandes villes, même dans les quartiers &laquo;&nbsp;populaires&nbsp;&raquo;, même face à des hommes &laquo;&nbsp;d&rsquo;origine étrangère&nbsp;&raquo;, on ne se fasse pas traiter comme un bout de viande. Ah oui : le respect, ça existe. Et surtout : ça s&rsquo;apprend. Alors que le législateur s&rsquo;empare de la question pour faire une loi : oui, merci ! Parce que c&rsquo;est par la reconnaissance que l&rsquo;on passera pour déculpabiliser et se réapproprier l&rsquo;espace public.</p>
<p>Photo (CC) : &laquo;&nbsp;<a href="http://www.flickr.com/photos/elecnix/1416387228/" target="_blank">Rue Sainte-Catherine sous la foule</a>&laquo;&nbsp;, elecnix.</p>
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		<title>Facebook, Twitter et les rapports à soi et au temps</title>
		<link>http://regardailleurs.fr/2012/05/10/facebook-twitter-et-les-rapports-a-soi-et-au-temps/</link>
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		<pubDate>Thu, 10 May 2012 08:25:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Claire</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vision médiatique]]></category>
		<category><![CDATA[accélération]]></category>
		<category><![CDATA[facebook]]></category>
		<category><![CDATA[réseaux sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[temps]]></category>
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		<description><![CDATA[Réseaux sociaux aka Twitter, Facebook pour ne citer qu&#8217;eux. Notre présence y est indispensable pour ceux qui y travaillent. Un des premiers réflexes de la journée, allumer  l&#8217;ordinateur, lancer le navigateur &#8211; certains ont une fâcheuse tendance, comme moi à conserver les onglets ouverts en le quittant la veille au soir ou dans la nuit et quand [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Réseaux sociaux aka Twitter, Facebook pour ne citer qu&rsquo;eux. Notre présence y est indispensable pour ceux qui y travaillent. Un des premiers réflexes de la journée, allumer  l&rsquo;ordinateur, lancer le navigateur &#8211; certains ont une fâcheuse tendance, comme moi à conserver les onglets ouverts en le quittant la veille au soir ou dans la nuit et quand on le rallume ça fait tout drôle question temps de chargement &#8211; et ouvrir/checker Gmail et Facebook, Twitter ou Tweetdeck ou Hootsuite, c&rsquo;est selon vos préférences.<span id="more-2414"></span></p>
<p>Que s&rsquo;est-il passé, qu&rsquo;est ce qu&rsquo;on raté, comment vont nos 500 friends, dont la plupart se souvient de votre anniversaire uniquement parce que Facebook le leur rappelle, hypocrisie du millénaire sans doute. Nos sphères se sont réduites à une représentation temporelle et spatiale biaisée, à la fois par le temps et à la fois par l&rsquo;espace. Ou comment ce qui constitue notre représentation en ligne est modifié par ce qui la constitue.</p>
<h3>Dimensions multiples</h3>
<p>Le temps parce que la timeline permet une mise en scène des plus réfléchies. Une mise en avant de certaines choses, la suppression de ce qui dérange. Le tout pour se fabriquer une image acceptable aux yeux de tous. Alors qu&rsquo;il y a quelques années le réseau balbutiait et nous permettait d&rsquo;être encore vrai, à la fois avec nos proches puisque c&rsquo;était le but et à la fois avec nous, aujourd&rsquo;hui ce qui importe souvent c&rsquo;est le contrôle de l&rsquo;image, de sa représentation. Drôle de racine : La<em> &nbsp;&raquo;représentation désigne étymologiquement l&rsquo;« Action de replacer devant les yeux de quelqu&rsquo;un »&nbsp;&raquo;</em> dixit Wikipedia.</p>
<p>Nous passons notre temps en représentation et plaçons à la vue de tous ce que nous voulons bien montrer de nous aux autres. Avant la timeline, le seul moyen de modifier la vision que les autres ont de soi, grand miroir que le réseau bleu et blanc, consistait en un effacement pur et simple d&rsquo;un statut, d&rsquo;une photo ou d&rsquo;un lien qu&rsquo;on juge a posteriori nuisible à son image publique &#8211; et ce malgré la possibilité de créer une multitude de listes. Aujourd&rsquo;hui le temps est beaucoup plus malléable et permet de petits arrangements avec la réalité déjà biaisée du visage que l&rsquo;on montre à nos proches.</p>
<p>L&rsquo;espace aussi est modifiable. Ce qui est privé peut devenir public. Ce qui est devenu public ne peut plus redevenir privé. Le mélange des sphères n&rsquo;étant qu&rsquo;une façon comme une autre d&rsquo;apprendre à gérer sa vie numérique, mieux vaut réfléchir à deux fois avant de publier quoi que ce soit. Spontanéité mon amour. Sommes nous encore capable de n&rsquo;utiliser que les réseaux pour échanger tels que nous sommes ou le contrôle est une nécessité de tous les instants ? L&rsquo;espace sur Facebook est autant limité qu&rsquo;il est infini : tout est possible partout, poster un commentaire sur le mur d&rsquo;un friend, réagir à une photo, modifier son statut et ajouter un employeur. Et pourtant tout est possible dans le cercle défini de nos <em>friends</em>. Parfois Facebook ressemble à un CV en ligne. Le nouveau book de ceux qui bossent sur Internet et/ou pour Internet ?</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-2421" title="illu_twitter" alt="" src="http://regardailleurs.fr/wp-content/uploads/2012/05/illu_twitter.jpg" width="640" height="480" /></p>
<p>Sphère privée ou sphère publique ? Partage entre amis &#8211; vrais &#8211; ou simple vitrine ? Temps passé à se créer une identité après laquelle on court parce qu&rsquo;on ne sait pas vraiment qui on est ou temps passé à laisser quelques mots et quelques pensées à des amis qui vous sont chers ? Peaufiner son identité numérique jusqu&rsquo;à se perdre et aller vérifier les statuts et liens de certains ou conserver une envie de montrer ce qui pourrait intéresser nos proches ?</p>
<p>C&rsquo;est là que Twitter débarque dans la réflexion. Le petit oiseau bleu, qui gazouille, forcément c&rsquo;est un oiseau, peut remplacer ce que Facebook tend à devenir chez certains (à savoir un étalage faussé de ce que l&rsquo;ont est) : un lieu d&rsquo;échange de liens et un lieu d&rsquo;échange tout court. Une vraie vie ou presque, peut-être plus spontanée qu&rsquo;elle ne peut l&rsquo;être sur Facebook. Concurrents ou pas, ce qui a tendance à manquer à Facebook se retrouve sur Twitter. L&rsquo;échange, le partage. Et pour cause, la différence de temporalité, la quasi absence d&rsquo;historique à long terme (remontez-donc une timeline jusqu&rsquo;à son origine qu&rsquo;on rigole un peu). En somme, vous voulez retrouvez de l&rsquo;authenticité et de la spontanéité, un peu plus que sur Facebook où les enjeux sont différents, là aussi dans le temps et l&rsquo;espace puisque les dimensions de Facebook sont multiples quand Twitter n&rsquo;a qu&rsquo;une dimension temporelle &#8211; non les Twittpics ne sont pas une dimension spatiale &#8211; passez donc sur Twitter.</p>
<p>Mais se pose aussi pour Twitter ce mélange vie privée, vie publique, clin d&rsquo;oeil à Mireille Dumas si elle passe par là. <a href="http://guybirenbaum.com/" target="_blank">Guy Birenbaum</a> l&rsquo;a très bien montré dans <a href="http://www.dailymotion.com/video/xqo4q4_vos-tweets-vous-engagent_news" target="_blank">une dernière chronique</a> de sa Revue du net sur Europe 1, de la même façon que le licenciement express de Pierre Salviac par RTL pour tweet injurieux : la mention qui pourrait nous protéger d&rsquo;on ne sait quoi <em>&laquo;&nbsp;mes tweets n&rsquo;engagent que moi&nbsp;&raquo;</em> ne tient pas ou plus la route. Nous avons mélangé le privé et le public. Mes tweets n&rsquo;engagent que moi. Mais qui est devenu  &nbsp;&raquo;moi&nbsp;&raquo; ?</p>
<h3>Perte de repères</h3>
<p>En définissant les limites des dimensions de Twitter et Facebook, hors les questions de représentation &#8211; la vie n&rsquo;est qu&rsquo;une éternelle répétition générale d&rsquo;une représentation qui n&rsquo;aura jamais lieu a dit Amélie Poulain, de mémoire &#8211; il est des questions de santé publique que de se rendre compte de la dépendance qui a été créée indirectement à travers ces outils. Le temps avec Internet a changé d&rsquo;échelle, la minute compte trois fois plus qu&rsquo;avant &#8211; si tant est qu&rsquo;il existe un avant, j&rsquo;étais bien trop jeune malgré mon grand âge pour avoir besoin de lire de quoi était fait le monde avec ma première connexion en &#8230; 1996. Le #old est un #fail qui parfois ne pardonne pas.</p>
<p>Une des conséquences notables de l&rsquo;accélération de cette sensation temporelle : la nécessité d&rsquo;être à peu près à la page, d&rsquo;autant plus si on travaille sur le Oueb et pour le Oueb (journalistes, community manager, soyez fort), implique une connexion quasi permanente, aux aguets pour soi, mais aussi pour son job. Un oeil toujours ouvert pour éviter de passer à côté de ce qui fera de vous, tant au niveau professionnel qu&rsquo;au niveau personnel, quelqu&rsquo;un &laquo;&nbsp;<em>qui ne suit pas l&rsquo;actu</em>&nbsp;&raquo; (* sifflements des locaux en fin de match de foot alors que l&rsquo;équipe hôte vient de se manger 3 buts à domicile *).</p>
<p>La modification de ces repères entraine une pression, un sentiment de devoir être à la page en permanence. Derrière il y a le lecteur et à côté de vous, il y a vos camarades de promo mais aussi et surtout vos compagnons de route, de droite ou de gauche selon le journal auxquels ils appartiennent (je plaisante), qui sont dans la même situation. Et nous participons de la surenchère, tous, chacun de nous, individuellement et collectivement. Nous sommes à la fois victime et à la fois responsables de la valeur différente que le temps a pris. Il ne tient qu&rsquo;à nous de le ralentir un peu, chacun, individuellement.</p>
<p>Débranchez, vous êtes cernés.</p>
<p>Illustrations Flickr <a href="http://www.flickr.com/photos/qiaomeng/" target="_blank">CC Qiaomeng</a></p>
<p>PS : loin de moi l&rsquo;idée de jeter la pierre à un système auquel je participe de mon propre gré ou presque. À l&rsquo;avenir un peu moins. Ce n&rsquo;est pas une histoire de temps perdu. C&rsquo;est une histoire de priorités.</p>
<p>Pour aller plus loin, un collègue avisé m&rsquo;a conseillé <a href="http://www.lemonde.fr/societe/article_interactif/2010/08/29/le-monde-magazine-au-secours-tout-va-trop-vite_1403234_3224.html" target="_blank">une saine lecture d&rsquo;Hartmut Rosa</a>.</p>
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		<title>Les pools de journalistes vus par les péquenots</title>
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		<pubDate>Sun, 25 Mar 2012 18:40:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérémy</dc:creator>
				<category><![CDATA[Regards sur l'actualité]]></category>
		<category><![CDATA[bayrou]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
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		<description><![CDATA[En cette période à l&#8217;actualité politique brûlante, petite mise au point d&#8217;un journaliste de presse régionale quelque peu lassé&#8230; Si les brunes ne comptent pas pour des prunes, les journalistes locaux ne sont pas des manchots. Ça fait quelques semaines que j&#8217;ai envie d&#8217;écrire ce billet, par manque de temps mais aussi par flémingite aiguë, je [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>En cette période à l&rsquo;actualité politique brûlante, petite mise au point d&rsquo;un journaliste de presse régionale quelque peu lassé&#8230; Si les brunes ne comptent pas pour des prunes, les journalistes locaux ne sont pas des manchots.</p>
<p><span id="more-2389"></span></p>
<p>Ça fait quelques semaines que j&rsquo;ai envie d&rsquo;écrire ce billet, par manque de temps mais aussi par flémingite aiguë, je n&rsquo;avais rien fait jusque-là. Entre temps, la question des &laquo;&nbsp;pools de journalistes&nbsp;&raquo; a été abordée par différents confrères. <a href="http://blog.lesoir.be/parisbysoir/2012/03/09/531/" target="_blank">Une journaliste du Soir</a> tout d&rsquo;abord puis un autre du <a href="http://blog.lefigaro.fr/election-presidentielle-2012/2012/03/chere-charlinejai-lu-avec-attention.html" target="_blank">Figaro</a> et enfin <a href="http://laplumedaliocha.wordpress.com/2012/03/13/pool-de-privileges/" target="_blank">Aliocha</a>.</p>
<p>Toutefois, ils abordent tous le problème selon l&rsquo;angle de la proximité entre journalistes et politiques ou celui du diktat des communicants. Ce n&rsquo;est pas celui qui m&rsquo;inquiète (?) le plus.</p>
<p>Campagne présidentielle et proximité d&rsquo;Orléans avec Paris obligent, le Loiret constitue une destination de choix pour candidats et leurs soutiens. 2h (aller-retour) de voyage, quelques heures sur place et ça laisse même le temps d&rsquo;aller border les enfants le soir, faire un autre meeting, voire squatter les plateaux télé. Depuis quelques semaines, c&rsquo;est donc un à deux meetings minimum par semaine. Ainsi, demain, Nicolas Sarkozy ET François Bayrou font le déplacement dans le département.</p>
<h3>Enjeux locaux ?</h3>
<p>Lors d&rsquo;une récente visite d&rsquo;un candidat à la présidentielle, mes confrères et moi avons eu la surprise de nous faire gentiment écarter des débats, au titre des &laquo;&nbsp;pools de journalistes&nbsp;&raquo;. Explication : &laquo;&nbsp;<em>vous pourrez récupérer les images auprès de l&rsquo;AFP&#8230;</em>&laquo;&nbsp;. Si en faisant le forcing, nous avons pu nous imposer, la problématique est placée.</p>
<p>Au-delà de l&rsquo;image de la presse uniformisée que cela peut renvoyer à nos lecteurs, c&rsquo;est le rôle même de la presse régionale qui est mis en jeu. Quel intérêt de se déplacer en région si c&rsquo;est pour parler aux mêmes personnes d&rsquo;un endroit à l&rsquo;autre ? Faites vos déplacements à Paris, il y a sûrement de quoi faire.</p>
<p>Oui messieurs les politiques, ce sont les journalistes de presse locale qui connaissent les enjeux du terrain sur lequel vous vous déplacez. Ce sont eux qui sont au contact au quotidien avec vos interlocuteurs du jour. Ce sont eux qui vont vous interroger sur des sujets locaux et donc avoir une approche et des questions différentes de leurs confrères parisiens.</p>
<p>L&rsquo;élection présidentielle est un scrutin national, c&rsquo;est entendu. Mais c&rsquo;est un scrutin qui intéresse localement comme le prouve notre série hebdomadaire &laquo;&nbsp;La présidentielle vue d&rsquo;ici&nbsp;&raquo;. Chaque Français, qu&rsquo;il soit simple citoyen ou élu, a ses questions auxquelles il souhaite des réponses. Bien sûr, les candidats ne peuvent s&rsquo;intéresser à chaque cas local particulier sans tomber dans la démagogie (même s&rsquo;ils n&rsquo;hésitent pas à le faire : Lejaby, Fessenheim&#8230;).</p>
<p>En court-circuitant les médias locaux, ce sont donc aussi les citoyens à la rencontre desquels vous prétendez aller ou représenter que vous laissez de côté. Si la France ne se résume pas à Paris, les journalistes non plus.</p>
<p>Demain, <a href="http://www.larep.fr/loiret/actualite/pays/loire-sologne/2012/03/25/nicolas-sarkozy-en-visite-a-la-centrale-nucleaire-de-saint-laurent-des-eaux-puis-a-ormes-lundi-1126868.html" target="_blank">Nicolas Sarkozy vient donc dans le Loiret</a> et je vais suivre son déplacement. Lui qui avait annoncé (impossible de retrouver le lien, si vous l&rsquo;avez&#8230;) il y a quelques semaines qu&rsquo;il aurait un temps spécifique de rencontre avec la presse régionale&#8230; On vous tiendra au courant.</p>
<p>Photos (CC) : <a href="https://secure.flickr.com/photos/stephenliveshere/6909505529/in/photostream/" target="_blank">StephenMitchell</a>.</p>
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		<title>Le salon où l&#8217;on feuillette des livres. Papier. Ou numérique.</title>
		<link>http://regardailleurs.fr/2012/03/01/le-salon-ou-lon-feuillette-des-livres-papier-ou-numerique/</link>
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		<pubDate>Wed, 29 Feb 2012 22:08:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Claire</dc:creator>
				<category><![CDATA[Des lettres à la loupe]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[livre numérique]]></category>
		<category><![CDATA[livre papier]]></category>
		<category><![CDATA[numérique]]></category>
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		<description><![CDATA[Bientôt s&#8217;ouvriront les portes du Salon du livre (SDL pour les intimes). Le mois prochain, tout le gratin de la littérature française et étrangère — enfin presque, confère la polémique sur les auteurs qui-vont-devoir-payer-leur-entrée — va donc aller s&#8217;amasser porte de Versailles. Pour les non-initiés, la porte de Versailles à Paris est comme son nom [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Bientôt s&rsquo;ouvriront les portes du <a href="salondulivreparis.com?PHPSESSID=bcdb80a98f2f2b78689343695c1b2c07" target="_blank">Salon du livre</a> (SDL pour les intimes). Le mois prochain, tout le gratin de la littérature française et étrangère — enfin presque, <a href="http://www.actualitte.com/actualite/monde-edition/societe/accreditation-lutte-contre-la-vente-illicite-de-billets-au-salon-du-livre-32124.htm" target="_blank">confère la polémique sur les auteurs qui-vont-devoir-payer-leur-entrée</a> — va donc aller s&rsquo;amasser porte de Versailles. Pour les non-initiés, la porte de Versailles à Paris est comme son nom l&rsquo;indique à une porte de de la ville, donc difficilement accessible pour ceux qui habitent le centre de la capitale.</p>
<p>Bref. L&rsquo;intérêt d&rsquo;un tel salon ? Flâner entre les différents éditeurs, découvrir des auteurs, se rendre compte de l&rsquo;impact de la notoriété de <a href="http://ladiesroom.fr/wp-content/uploads/2011/01/marc-levy.jpg" target="_blank">Marc Levy </a>quand il dédicace son dernier livre, aller écouter des conférences fortement intéressantes (en plus de croiser l&rsquo;équipe dePlus belle la vie sans savoir ce qu&rsquo;ils font là). Et aimer manger de la foule pendant trois ou quatre jours : aller au Salon du livre c&rsquo;est piétiner des heures au milieu de centaines de milliers de gens qui sont venus faire la même chose que vous. C&rsquo;est-à-dire traîner. Mais aussi d&rsquo;assister à de très beaux débats.</p>
<p><span id="more-2355"></span></p>
<h3>La littérature pour ce qu&rsquo;elle est</h3>
<p>Ici sur ce blog, nous sommes au moins deux à aimer la littérature, la vraie, celle qui fait autant rire qu&rsquo;elle fait pleurer et au delà des oppositions papier/numérique &#8211; même si fondamentalement la question est posée et se pose depuis quelques années. Papier ou numérique ? Numérique ou papier ? Outre l&rsquo;opposition, derrière il reste le marché, celui de la main invisible et du prix qui gouverne. Aussi ses petites et grandes maisons, dont certaines vivent de leurs best-sellers pour financer de plus petits auteurs, on appelle ça la prise de risque.</p>
<p>Je vous le confie, je n&rsquo;ai pas encore regardé le programme des conférences. Mais j&rsquo;aimerais, pour une fois, que le clivage numérique/papier s&rsquo;amenuise, que l&rsquo;un n&rsquo;ait plus peur de l&rsquo;autre comme deux étrangers. Que l&rsquo;on cesse d&rsquo;opposer deux déclinaisons de la même culture. Le papier comme le numérique parlent la même langue, s&rsquo;adressent au même public, celui qui aime lire.</p>
<p>Ce qui peut peut-être esquisser une ébauche de dialogue ? Ça :</p>
<blockquote><p>Le Salon du livre présente un espace consacré à l’édition numérique et à la lecture sur supports mobiles : lecteurs ebook, iphone/smartphones, ipad et autres tablettes de lecture. <em>[C'est mieux que <a href="http://www.actualitte.com/actualite/monde-edition/societe/livre-numerique-l-enquete-de-m6-dont-personne-n-avait-besoin-32158.htm" target="_blank">l'affligeant reportage de Capital la semaine dernière sur l'édition numérique</a>. Mais dans lequel les journalistes avaient glissé un passage caméra sur un des articles d'OWNI consacrés au livre numérique. NDLA.]<br />
</em><br />
Désormais, <strong>la question n’est plus de savoir si le livre sera ou non numérique, mais bel et bien d’en saisir concrètement toutes les opportunités et les enjeux.</strong> [<em>ALLELUIA, NDLA</em>]</p>
<p>Pour le grand public, des conférences sont prévues sur les plateformes de lecture ebook, ipad et autres tablettes, la presse en ligne, le numérique à l’école.<br />
A découvrir « Paroles d’auteurs », des tête-à-tête passionnants entre deux auteurs sur leur pratique du numérique et comment il influence leurs modes de création.</p>
<p>D&rsquo;autres conférences sont plus particulièrement destinées aux professionnels.<br />
La Scène numérique accueillera également les « Assises professionnelles du livre à l’heure du numérique » organisées par le SNE.</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il y a plein de choses que je ne parviens pas à saisir, hormis les pierres jetées au téléchargement illégal et à la fermeture de MegaUpload mais c&rsquo;est un autre problème, développé en note de bas de page, à commencer par cette frigidité à l&rsquo;égard du livre numérique. Mes bibliothèques sont pleines à craquer de livres, brochés et poches. Un jour j&rsquo;aurai aussi comme beaucoup une tablette numérique, genre Kindle, pour éviter de m&rsquo;éclater le dos dans le métro (si je ne prends plus de livre à lire sur moi, chose que je faisais toujours il y a encore un peu moins d&rsquo;une année, c&rsquo;est avant tout parce que j&rsquo;achète plus facilement des brochés pour le confort de lecture, et ce même si c&rsquo;est plus cher. Aujourd&rsquo;hui je transporte tout un tas de trucs pour le boulot, pochettes lourdes comme des dicos. Et mon dos hurle sa propre mort quand j&rsquo;y ajoute même le plus petit broché &#8211; le dernier Alma Brami que je vous recommande plus que chaudement et que à l&rsquo;occaz&rsquo; on se remettra à faire des critiques de livres aussi).</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-2375" title="jemesouviendrai" alt="" src="http://regardailleurs.fr/wp-content/uploads/2012/02/jemesouviendrai.jpg" width="640" height="427" /></p>
<p>Mais je continuerai toujours à acheter cet espace de liberté qu&rsquo;est la littérature, toujours à lire ces mots qu&rsquo;un auteur vous offre, fruit de son travail, de ses aller-retours avec son éditeur ou éditrice, résultat d&rsquo;un laborieux labeur d&rsquo;intermédiaires du livre. Il y aura toujours des lecteurs aussi longtemps que des écrivains seront derrière. Aussi longtemps que des éditeurs se risqueront à publier des  ouvrages qui peuvent plaire, ou non.</p>
<h3>La <em>&laquo;&nbsp;survie&nbsp;&raquo;</em> du papier</h3>
<p>Persuadée qu&rsquo;il restera aussi toujours et à jamais des gens qui comme moi ont ce besoin quasi vital de lire et d&rsquo;écrire. Le papier survivra au numérique. Et ils ne pourront que co-exister. À ceux qui comparent l&rsquo;industrie de la musique à celle de la littérature, juste n&rsquo;oubliez jamais que le CD n&rsquo;a pas tué la radio. La musique est la même en radio et dans les bacs de la FNAC, dans les rayons de l&rsquo;iTunes Store. J&rsquo;achète toujours des CDs et j&rsquo;en offre, je fréquente l&rsquo;iTunes Store régulièrement. Cette démonstration est bancale, certes mais on ne peut pas toujours être rigoureux trop-trop.</p>
<p>Au Salon du livre, on se croisera beaucoup. De fervents défenseurs du livre papier, pour la beauté de l&rsquo;objet. Et de chouettes personnes qui lisent aussi sur tablette. Les mêmes livres. Et des qui sont simplement des amoureux de la littérature, peu importe la forme qu&rsquo;elle prenne, du moment qu&rsquo;elle se lise. Pourquoi parmi les différences il faudrait éradiquer l&rsquo;un ou l&rsquo;autre support ?</p>
<p>Faisons la paix veux-tu. Et serrez-vous la main. Tout ira bien.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La note de bas de page sur la fermeture de MegaMachin : ce qui est pénible là dedans c&rsquo;est que <a href="http://owni.fr/2011/12/14/secret-megaupload-streaming-kim-schmitz-david-robb/" target="_blank">l&rsquo;association MegaMachin</a> - ce qui compte tenu du lien sur lequel il faut cliquer n&rsquo;est pas tant une mauvaise chose que ça - et pirate c&rsquo;est trop facile. Oui je regardais des séries en streaming, parfois, ça m&rsquo;arrivait, c&rsquo;était drôle, en France ça n&rsquo;arrivait que six mois après leur diffusion aux USA. Des communautés plutôt sympathiques traduisaient les dialogues et les ajoutaient en sous-titres pour mon anglais parfois hésitant. Aussi, souvent j&rsquo;achète et offre des DVDs. Les gros consommateurs de culture musicale, cinématographique et/ou littéraire &#8211; dont j&rsquo;estime faire partie &#8211; achèteront toujours vos disques/films/livres, en physique et/ou numérique. Ma carte bleue vous maudira à vie.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>(Et un jour je prendrai le temps de vous raconter comment on a trouvé avec ma coloc un appartement)</p>
<p>&#8212;</p>
<p>Illus <a href="http://www.flickr.com/photos/cberthel/" target="_blank">CBerthel</a></p>
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		<title>L&#8217;aventure du dimanche : installer le dernier Android sur le HTC Magic</title>
		<link>http://regardailleurs.fr/2012/01/30/laventure-du-dimanche-installer-le-dernier-android-sur-le-htc-magic/</link>
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		<pubDate>Mon, 30 Jan 2012 02:24:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Reguen</dc:creator>
				<category><![CDATA[Côté binoclard]]></category>
		<category><![CDATA[32b]]></category>
		<category><![CDATA[android]]></category>
		<category><![CDATA[bugs]]></category>
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		<category><![CDATA[ice cream sandwich]]></category>
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		<description><![CDATA[Il faut parfois savoir se découvrir un esprit baroudeur et tenter des actions de prime abord contre nature&#8230; Comme installer la dernière version d&#8217;Android (Ice Cream Sandwich) sur le second smartphone sorti avec le système (en version 1.5), le HTC Magic. Un appareil sorti en 2009 en France déjà considéré comme obsolète, au point de [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Il faut parfois savoir se découvrir un esprit baroudeur et tenter des actions de prime abord contre nature&#8230; Comme installer la dernière version d&rsquo;Android (Ice Cream Sandwich) sur le second smartphone sorti avec le système (en version 1.5), le HTC Magic. Un appareil sorti en 2009 en France déjà considéré comme obsolète, au point de n&rsquo;avoir eu droit que très péniblement à Android 2.2 fin 2010. Le Magic ne verra jamais officiellement ICS, à cause de la taille limitée de son stockage interne (512 Mo), de sa RAM (192 Mo) et surtout ses capacités de traitement qui ne permettent pas d&rsquo;afficher fluidement une interface aussi animée que celle d&rsquo;Android 4.0. Et pourtant&#8230;</p>
<p><span id="more-2312"></span>L&rsquo;envie m&rsquo;est venue ce dimanche après-midi. Après 20 minutes de recherche, je tombe sur ce post sur Google+ où un certain <a href="https://plus.google.com/110866728242823105983/posts/iBWaAJwz6GX" target="_blank">Marcus Thompson</a> indique avoir installé <a href="http://forum.xda-developers.com/showthread.php?t=1360598" target="_blank">une alpha</a> d&rsquo;ICS destinée au tout premier appareil Android vendu, le &laquo;&nbsp;Dream&nbsp;&raquo; (G1), sur son Magic (G2). Tentons donc et voyons comment se comporte le système sur ce vieil appareil.</p>
<div id="attachment_2318" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://regardailleurs.fr/wp-content/uploads/2012/01/magic-froyo.jpg"><img class="size-medium wp-image-2318" title="La dernière mise à jour officielle pour le Magic, Froyo" src="http://regardailleurs.fr/wp-content/uploads/2012/01/magic-froyo-300x199.jpg" alt="La dernière mise à jour officielle pour le Magic, Froyo" width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">Au revoir, version officielle !</p></div>
<h3>Obtention des droits et installation</h3>
<p>Petit moment pseudo technique. L&rsquo;installation se déroule exactement comme indiqué dans le message du développeur de la ROM. Pour &laquo;&nbsp;rooter&nbsp;&raquo; (obtenir tous les droits) son appareil, avant cela, il faut se plier à une petit gymnastique. Téléchargez et installez d&rsquo;abord <a href="http://www.unlockroot.com/" target="_blank">Unlock Root</a> (en refusant les logiciels tiers), qui supporte de (très) nombreux smartphones. Téléchargez ensuite <a href="http://www.htc.com/fr/help/" target="_blank">HTC Sync</a> sans l&rsquo;installer. Lancez le programme d&rsquo;installation et laissez-le installer Adobe AIR et les pilotes requis. Une fois ceux-ci en place, annulez l&rsquo;installation de Sync, inutile. Ouvrez enfin Unlock Root, cliquez sur &laquo;&nbsp;Root&nbsp;&raquo;, sélectionnez le Magic et attendez. Oui, c&rsquo;est tout simple.</p>
<div id="attachment_2324" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://regardailleurs.fr/wp-content/uploads/2012/01/magic-backup.jpg"><img class="size-medium wp-image-2324" title="La sauvegarde du système est terminée, installation d'ICS en cours (et en flou)" src="http://regardailleurs.fr/wp-content/uploads/2012/01/magic-backup-300x199.jpg" alt="La sauvegarde du système est terminée, installation d'ICS en cours (et en flou)" width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">N&#39;oubliez pas de &quot;nand backup&quot; votre système actuel !</p></div>
<p>Téléchargez ensuite <a href="https://market.android.com/details?id=com.koushikdutta.rommanager" target="_blank">ROM Manager</a> sur l&rsquo;appareil, de préférence à partir du Market web, plus rapide que celui du téléphone. A partir de l&rsquo;app, installez la dernière version de ClockworkMod (pour HTC MyTouch 3G). A partir de là, on passe aux instructions du développeur:</p>
<blockquote>
<ol>
<li>Téléchargez recovery-v1.5.8-CustomMTD_S.zip et boot-v1.5.8-CustomMTD_S.zip <a href="http://www.mediafire.com/?lifib6a9ptj5j#1pcwmbdd9kqpc" target="_blank">sur Mediafire</a> puis placez-les sur votre carte SD ;</li>
<li> Téléchargez le mtdpartmap.txt en bas de ce message et placez-le dans le même dossier que les fichiers .zip sur la carte SD ;</li>
<li> Installez ClockworkMod recovery (ndrl, comme expliqué au-dessus) ;</li>
<li> Redémarrez en recovery ;</li>
<li> Faites une sauvegarde du système actuel par &laquo;&nbsp;Nandroid backup&nbsp;&raquo; (ndlr, ne sautez pas cette étape, vu que tôt ou tard, vous y reviendrez) ;</li>
<li> Videz le cache et la mémoire (wipe cache et wipe data) ;</li>
<li> Redémarrez en recovery (ndlr, écran principal de CWM et &laquo;&nbsp;Advanced&nbsp;&raquo; ) ;</li>
<li> Dans CWM,  montez (&laquo;&nbsp;mount&nbsp;&raquo;) /sdcard (pour écrire dans mtdpartmap.txt, essentiel) ;</li>
<li> Flashez recovery-v1.5.8-CustomMTD_S.zip (ndlr, &laquo;&nbsp;installez zip from sdcard&nbsp;&raquo; dans CWM) ;</li>
<li> Redémarrez en recovery ;</li>
<li> Flashez la ROM (précaution supplémentaire, montez /system avant) ;</li>
<li> Flashez boot-v1.5.8-CustomMTD_S.zip ;</li>
<li> Redémarrez.</li>
</ol>
</blockquote>
<p>Cette méthode d&rsquo;installation est relativement simple, vu que tous les fichiers sont déjà prêts. Aussi, je ne saurais pas vous indiquer des instructions spécifiques au Magic, donc ayez confiance. Ah si, juste une chose : si ClockworkMod refuse de se lancer (plus de deux minutes sur le logo de l&rsquo;opérateur ou une icône danger au-dessus d&rsquo;un téléphone), pas de panique. Enlevez la batterie, redémarrez normalement le téléphone et téléchargez le recovery <a href="http://forum.xda-developers.com/showthread.php?t=530492" target="_blank">Amon Ra</a> (la <a href="http://files.androidspin.com/downloads.php?dir=amon_ra/RECOVERY/&amp;file=recovery-RA-sapphire-v1.7.0G.img" target="_blank">dernière version</a>) que vous pouvez installer à partir de ROM Manager en plaçant le fichier sur la carte SD et en descendant dans ROM Manager jusqu&rsquo;à l&rsquo;option proposant d&rsquo;installer un autre recovery. Vous avez simplement à redémarrer puis à retenter d&rsquo;installer CWM. Bizarrement, cela fonctionne. Le seul problème étant que la bizarrerie peut persister et nécessiter des allers retours assez lourds entre les deux recoveries&#8230; Bon courage.</p>
<h3>Ce que ça donne</h3>
<p>Alors voilà, maintenant mon Magic est très sommairement équipé d&rsquo;Ice Cream Sandwich et ne pourra l&rsquo;être d&rsquo;une manière manière que quand quelqu&rsquo;un de sérieux se pencheront sur ce non-problème. Première chose : alpha oblige, Android 4.0 très lent, bien plus que les versions officielles des versions 2.x qui ne sont déjà pas exceptionnelles. Comptez plus de cinq minutes pour le premier démarrage.</p>
<div id="attachment_2337" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://regardailleurs.fr/wp-content/uploads/2012/01/magic-ics-boot-wait.jpg"><img class="size-medium wp-image-2337" title="Un grand défaut d'une ROM non-optimisée : les très longs temps de démarrage." src="http://regardailleurs.fr/wp-content/uploads/2012/01/magic-ics-boot-wait-300x199.jpg" alt="Un grand défaut d'une ROM non-optimisée : les très longs temps de démarrage." width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">En attendant, ça décore.</p></div>
<p>ICS intègre une alerte visuelle lorsque le système est saturé, un cadre rouge très large, qui m&rsquo;a fait saigner des yeux au moins un quart de mon temps d&rsquo;utilisation. Dans ces conditions, des choses comme la présence d&rsquo;un widget par défaut sur le bureau aide aussi à perdre une minute à attendre une réaction. Bien entendu, cette relative débauche visuelle n&rsquo;est pas désactivable en options ; la résignation est donc de mise.</p>
<div id="attachment_2328" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://regardailleurs.fr/wp-content/uploads/2012/01/magic-ics-version.jpg"><img class="size-medium wp-image-2328" title="Android 4.0.1 sur le HTC Magic. Enjoy." src="http://regardailleurs.fr/wp-content/uploads/2012/01/magic-ics-version-300x199.jpg" alt="Android 4.0.1 sur le HTC Magic. Enjoy." width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">Une image (sombre) bien trop rare.</p></div>
<p>En dehors de la lenteur, l&rsquo;interface donne une impression très bizarre par rapport à la résolution de l&rsquo;écran (320&#215;240), la plus faible permise par le SDK Android. Si l&rsquo;ensemble des écrans s&rsquo;affichent en intégralité dans ce format, le clavier joue à cache-cache en tronquant la dernière ligne de touches, contenant le switch vers les chiuffres et symboles, l&rsquo;espace et la validation des formulaires. En clair, il est simplement inutilisable en l&rsquo;état. Un moindre mal pour le &laquo;&nbsp;Dream&nbsp;&raquo; et son clavier physique mais un calvaire pour le Magic, qui m&rsquo;a obligé à constamment basculer entre les claviers embarqués &#8211; français et japonais &#8211; pour obtenir les touches qui m&rsquo;intéressent. Roots et fun.</p>
<p>Par une certaine malice, il s&rsquo;affiche quand la barre d&rsquo;état disparait, ce qui n&rsquo;est pas un comportement voulu&#8230; Tant qu&rsquo;on est dans les contrôles, le bouton &laquo;&nbsp;Accueil&nbsp;&raquo; n&rsquo;est simplement pas détecté. Donc plutôt que de revenir simplement au lanceur d&rsquo;applications, on doit multiplier les &laquo;&nbsp;retours&nbsp;&raquo; pour atteindre l&rsquo;écran principal. Un effet de l&rsquo;installation d&rsquo;un système prévu pour un autre téléphone.</p>
<div id="attachment_2332" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://regardailleurs.fr/wp-content/uploads/2012/01/magic-ics-lockscreen.jpg"><img class="size-medium wp-image-2332" title="L'écran de verrouillage d'ICS sur le Magic." src="http://regardailleurs.fr/wp-content/uploads/2012/01/magic-ics-lockscreen-300x199.jpg" alt="L'écran de verrouillage d'ICS sur le Magic." width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">L&#39;appareil a bien vécu et le fond d&#39;écran également, le même d&#39;Android 1.5 à 4.0 !</p></div>
<p>Cette version ne comporte pas les applications Google (Gmail, Maps, Youtube&#8230;) et l&rsquo;Android Market ne permet aucune installation. Un &laquo;&nbsp;léger&nbsp;&raquo; problème qui ne permet pas de changer pour un autre clavier, de regarder des vidéos Youtube ou d&rsquo;enregistrer l&rsquo;activité avec <a href="https://market.android.com/details?id=com.ms.screencast" target="_blank">ScreenCast</a> par exemple. Une surprise, pourtant : le navigateur web, presque plus rapide que celui de la version 2.2 officielle, pourtant bien optimisée. J&rsquo;ai donc hâte de voir ce que ça donnera sur mes appareils actuels, Galaxy S2 et Asus Eee Pad Transformer, pour lesquels je n&rsquo;ai pas (encore) tenté le diable en passant à des ROM non-officielles.</p>
<div id="attachment_2333" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://regardailleurs.fr/wp-content/uploads/2012/01/magic-ics-keyboard.jpg"><img class="size-medium wp-image-2333" title="Le clavier (tronqué) d'Android 4.0 sur Magic." src="http://regardailleurs.fr/wp-content/uploads/2012/01/magic-ics-keyboard-300x199.jpg" alt="Le clavier (tronqué) d'Android 4.0 sur Magic." width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">Surexposons ! Le clavier n&#39;en reste pas moins incomplet.</p></div>
<p>Le peu d&rsquo;applications fonctionnelles s&rsquo;intègrent très bien au style matériel du &laquo;&nbsp;G2&Prime;. Le genre d&rsquo;originalité dans le design qui me font préférer le style HTC à ceux &laquo;&nbsp;ultra plats pour être plats&nbsp;&raquo; de Samsung ou Sony. Sans parler de Motorola qui saccage l&rsquo;interface pour coller à ses téléphones.</p>
<div id="attachment_2341" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://regardailleurs.fr/wp-content/uploads/2012/01/magic-ics-message.jpg"><img class="size-medium wp-image-2341" title="L'application SMS d'Ice Cream Sandwich." src="http://regardailleurs.fr/wp-content/uploads/2012/01/magic-ics-message-300x199.jpg" alt="L'application SMS d'Ice Cream Sandwich." width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">Non, la mise au point n&#39;est pas ratée. Non.</p></div>
<p>Détail amusant, la trackball n&rsquo;active plus un défilement dans les éléments de l&rsquo;interface mais fait apparaitre une souris sur l&rsquo;écran. Lente.</p>
<div id="attachment_2335" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://regardailleurs.fr/wp-content/uploads/2012/01/magic-ics-mouse.jpg"><img class="size-medium wp-image-2335" title="Le trackball du Magic laisse apparaitre une souris." src="http://regardailleurs.fr/wp-content/uploads/2012/01/magic-ics-mouse-300x199.jpg" alt="Le trackball du Magic laisse apparaitre une souris." width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">Floutons ! Souris et menu d&#39;extinction, classique.</p></div>
<p>Bien sûr, Ice Cream Sandwich &laquo;&nbsp;complet&nbsp;&raquo; est dans tous les cas inutilisable sur le Magic au quotidien. Trop lourd, surtout, comme l&rsquo;était déjà Froyo ; limité dans son portage sur le Magic. Le style graphique convient pourtant bien et les avancées ergonomiques seraient bienvenues, surtout couplées aux boutons physiques du Magic, que je trouve inégalés, sinon par les claviers complets. Même si ICS a pour but de se débarasser de tout bouton physique, il est vraiment dommage de voir disparaitre des accès rapides vers les fonctions clés d&rsquo;un&#8230; téléphone. Même disposé sur le &laquo;&nbsp;dock&nbsp;&raquo; de l&rsquo;écran d&rsquo;accueil, un lien vers la fonction d&rsquo;appel reste moins intuitif qu&rsquo;un bouton physique. Aux amateurs du tout tactile&#8230;</p>
<p>J&rsquo;attends donc que quelqu&rsquo;un se penche vraiment sur la thématique &laquo;&nbsp;ICS sur Magic&nbsp;&raquo;, pour voir s&rsquo;il est possible de redonner une seconde jeunesse au téléphone et, par bonheur, redonner ses lettres de noblesse au choix de nombreux boutons fait par HTC, il n&rsquo;y a pourtant pas si longtemps. Trois ans à peine.</p>
<h3>Et bien sûr&#8230;</h3>
<p>Un clip presque honteux. Pas autant que les passions musicales de Stéphanie, mais tout de même. Parce que que je suis accro au groupe Filter depuis quelques mois, à vous d&rsquo;en profiter. Par contre, je n&rsquo;assume toujours pas leur look ni leurs clips. Trop mainstream.</p>
<p style="text-align: center;"><iframe frameborder="0" width="420" height="336" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xcxem5"></iframe></p>
<p>PS : Heureux d&rsquo;avoir pu vous faire profiter des pires &laquo;&nbsp;Myspace angles&nbsp;&raquo; des photos de gadgets. Un hommage à tous ces journalistes qui aiment le flou, les inversions de mise au point, la surexposition et montrer les appareils sur d&rsquo;autres pour prétendre à la suroccupation. Et à mon objectif vraiment trop court. Big up!</p>
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		<item>
		<title>IVG : les dangers du journalisme-témoignage et de la victimisation permanente</title>
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		<pubDate>Wed, 28 Dec 2011 10:10:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphanie</dc:creator>
				<category><![CDATA[Regards sur l'actualité]]></category>
		<category><![CDATA[anthropologie]]></category>
		<category><![CDATA[avortement]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[tabou]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a des sujets qui nous tiennent plus ou moins en alerte. Pour ma part, j’effectue depuis des années une veille constante sur ce qui touche aux femmes et aux féminismes. J’ai lu récemment, avertie sur Twitter, un article paru sur Rue89 à propos de l’IVG médicamenteuse, titré « IVG médicamenteuse : moins on en [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a des sujets qui nous tiennent plus ou moins en alerte. Pour ma part, j’effectue depuis des années une veille constante sur ce qui touche aux femmes et aux féminismes. J’ai lu récemment, avertie sur <a href="https://twitter.com/#!/lactualaloupe/status/151312803624521728" target="_blank">Twitter</a>, un <a href="http://www.rue89.com/rue69/2011/12/26/ivg-medicamenteuse-moins-en-parle-plus-ca-fait-mal-227743" target="_blank">article paru sur Rue89</a> à propos de l’IVG médicamenteuse, titré « IVG médicamenteuse : moins on en parle, plus ça fait mal », dont mon intuition me soufflait, à la lecture du titre, que le reste du papier allait m’agacer. Ça n’a pas loupé. Dans la forme et dans le fond, de bout en bout, encore un papier misérabiliste et victimisant (alors même qu’en fin d’article on trouve un lien vers un <a href="http://www.rue89.com/rue69/2011/04/25/un-blog-pour-celles-qui-ont-avorte-et-vont-bien-merci-200976" target="_blank">autre article </a>du même journal au sujet du blog « <a href="http://jevaisbienmerci.net/" target="_blank">IVG : je vais bien merci</a> »…), encore du journalisme-témoignage qui ne fait qu’effleurer un sujet grave.<span id="more-2269"></span></p>
<h3><strong>De la difficulté d’aborder un sujet aux données si floues</strong></h3>
<p>Le danger de ce « journalisme-témoignage » se trouve dans la généralisation évidente du vécu propre à une ou deux personne/s. En l’occurrence, le cas d’« Ania », décrite ainsi : « <em>frange coupée court, regard bleu un peu triste </em>». Âgée de 19 ans, la jeune femme a vécu il y a deux mois et « <em>dans une grande solitude </em>» un avortement médicamenteux. En ce qui concerne l’IVG, la tentation du témoignage est adoubée par le manque de données à ce sujet : très peu d’études sur l’IVG sont trouvables, très peu de chiffres. Il existe une sorte de flou artistique habillant ce sujet, qui n’a pas l’air d’inquiéter outre mesure qui que ce soit. Ce manque de données chiffrées ne peut être compensé que par une étude longue et approfondie auprès de femmes ayant vécu une IVG, auprès des centres de <a href="http://www.planning-familial.org/" target="_blank">Planning familial </a>les accompagnant en amont, auprès des autres associations créées pour ouvrir un espace de libre parole en aval. Et partout en France, pour commencer. Ceci est, il me semble, impossible à réaliser dans les délais courts souvent imposés par la presse. Il serait fantastique qu’une telle étude soit faite par des sociologues ou des anthropologues, mettant ainsi à disposition des journalistes un matériau comblant un vide… qui les contraint à se diriger vers le témoignage. Ceci dit, qui dit témoignage, ne veut pas dire citer <a href="http://doctissimomatuer.tumblr.com/" target="_blank">Doctissimo</a>.</p>
<p>Le malaise à la lecture du titre et de la photo d’accompagnement (sobrement légendée &laquo;&nbsp;Une femme seule&nbsp;&raquo;), s’est trouvé confirmé par l’idée centrale de l’article : l’IVG médicamenteuse serait « pire » que par aspiration. Ainsi qu’une légère remise en cause des récents amendements à la loi autorisant l’avortement, en 2004, supprimant l’obligation de rendez-vous avec un/e psychologue ou un/e assistant/e social/e avant l’IVG. Rappelant alors le côté « volontaire » de l’acte, et surtout soulignant la responsabilité des femmes y ayant recours. Quand je dis « responsabilité », je ne cherche pas à aller dans le chemin de la culpabilité, mais il suffit de lire quelques témoignages sur le blog cité plus haut « IVG : je vais bien merci » pour saisir qu’une IVG est vécue toujours différemment selon les centres IVG, les soignants rencontrés, les époques et surtout selon les femmes. Il existe deux techniques d’avortement : par voie médicamenteuse ou par aspiration. La première est possible en France jusqu’à 5 semaines de grossesse, soit 7 semaines d’aménorrhée. Depuis 2004, un médecin généraliste de ville peut procéder à cette IVG et prescrire la pilule dite “abortive” à son cabinet. Entre 5 et 12 semaines de grossesse, il est question d’une intervention pratiquée en hôpital ou centre IVG, l’aspiration. La femme, bien que devant motiver sa « situation de détresse », est considérée responsable et fait le choix, avant la fin de la 5e semaine de grossesse, de la technique pour son IVG.</p>
<h3><strong>Cachez cette IVG que je ne saurais voir…</strong></h3>
<p>L’IVG « à la maison » par voie médicamenteuse pose plusieurs problèmes, en termes de santé publique notamment : s’agit-il de cacher l’IVG, de la gommer de l’espace public ? Cette dissimulation a deux facettes : une pragmatique, avec la baisse des financements pour les centres IVG ; il coûte moins cher de prescrire une pilule que d’accueillir une personne pendant une journée. L’autre facette est peut-être plus insidieuse, il s’agit d’ailleurs d’un argument souvent cité par les « pro-vie » : s’il faut la cacher, est-ce parce qu’elle est honteuse ? En ce sens, en ajoutant que les femmes recourant à une IVG médicamenteuse seraient mal informées et livrées à elles-mêmes, ce qui est en partie vrai (mais en partie seulement, j’y reviendrai plus tard), oui, l’IVG médicamenteuse est effectivement plus douloureuse qu’une IVG par aspiration. Ne serait-ce que par le manque de responsabilité pris par les pouvoirs publics.</p>
<p>Mais je ne sais pas si on peut dire que toutes les femmes recourant à l’IVG médicamenteuse sont mal informées. Tout d’abord parce qu’il y a mille démarches avant d’arriver à demander à son médecin une IVG, chaque démarche étant jalonnée de rencontres différentes. L’information qui semble manquer, c’est qu’avorter n’est pas un acte anodin. Et cela manque peut-être parce que c’est trop évident pour être souligné en permanence. Parmi les différentes rencontres, une femme peut être confrontée à des médecins œuvrant dans le cadre de l’IVG mais profondément hostiles à cette pratique. Dans certains centres IVG, on trouve des médecins universellement réputés pour être des « <a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2010/03/LAMBERT/18915" target="_blank">bourreaux</a> », même pour des IVG par aspiration. À côté de ça, pour une IVG médicamenteuse à Paris (cela est encore timide dans le reste de la France), une femme peut rencontrer un médecin du <a href="http://www.revho.fr/" target="_blank">Réseau Ville-Hôpital sur l’Orthogénie</a>, créé depuis 2004 et « <em>qui permet aux femmes d’avoir recours à une IVG médicamenteuse avec leur médecin de ville, c’est-à-dire à un avortement fait en dehors d’un établissement de santé </em>».</p>
<p><strong> </strong>Selon les endroits où l’IVG a lieu, les pratiques sont différentes : certains centres IVG font du zèle par rapport à la loi et systématisent sans demander à la femme un rendez-vous avec un/e psychologue. À d’autres endroits, une échographie est automatique (alors qu’elle ne l’est, dans la loi, qu’en cas de danger imminent pour la femme). À l’opposée, certains médecins invitent les femmes à prendre plusieurs rendez-vous pour créer un lieu de parole, reconnaissant qu’un avortement, même bien réfléchi et bien vécu, constitue tout de même un « deuil », en ce sens qu’il s’agit d’un choix et que tout choix est en partie renoncement. Il apparaît alors nécessaire à ces soignants des villes d’apporter du réconfort à la personne qu’ils ont en face. Ce réconfort, il ne faut pas toujours y compter quand on va dans certains centres IVG où, clairement, c’est l’usine. Le personnel blasé ne cherche même plus à communiquer en profondeur avec les patientes <a href="#_ftn1">[1]</a>.</p>
<h3><strong>Quel accompagnement post-IVG ?</strong></h3>
<p>En conclusion, parce qu’il faut bien que je m’arrête à un moment, j’ai envie de m’attarder un peu sur la dernière partie de l’article de Rue89, qui dénonce quelque chose de très vrai : « <em>Les associations de soutien psychologique aux femmes qui choisissent l’avortement médicamenteux sont toutes issues des milieux religieux anti-avortement. </em>» Les « milieux religieux anti-avortement » : quelle jolie manière de ne pas dire « pro-vie », ce qui annonce plus clairement la couleur. Il y a pour moi ici une faute assez importante en ne précisant pas quels « religieux » sont derrière les sites dénoncés (en fait, un seul site : ivg.net), un manque de précision que je ne me permettrai pas de qualifier d’anti-religieux primaire mais qui pose question. Notamment quand on sait (mais faut-il le savoir) qu’il existe des « milieux religieux anti-avortement » qui offrent un soutien psychologique aux femmes qui ont vécu un avortement (médicamenteux ou par aspiration), qui n’avancent pas à visage caché, et qui offrent un véritable soutien à ces femmes.</p>
<p>Une question sous-jacente est : si « toutes » les association de soutien psychologiques sont issues de milieux religieux et souvent catholiques, quelle en est la raison ? Faut-il encore une fois y lire le manque d’investissement des pouvoirs publics en la matière ? Mais il me semble indispensable de rappeler que la porte du Planning familial est toujours ouverte. Et surtout il est temps de rappeler que peu de femmes contactent de manière effective ces associations : sur 200 000 avortements en moyenne par an en France, les associations catholiques sont contactées, toutes combinées<a href="#_ftn2">[2]</a>, par à peine 400 personnes. Je suis tentée d’ajouter qu’une femme qui avorte n’a pas moins le droit qu’une autre personne d’être en quête de spiritualité, et avoir sous la main des personnes croyantes, même d’une autre religion, peut constituer une véritable aide.</p>
<h3><strong>La victimisation permanente : le risque de la récupération</strong></h3>
<p>Je m’étais fait la réflexion, à la lecture de l’article, qu’un tel angle pour aborder l’IVG ne pouvait qu’être repris par les sites pro-vie. Cela pour la simple et bonne raison que l’article n’envisage pas qu’une femme ayant recours à une IVG ait réfléchi son choix et les conséquences de celui-ci. Une femme qui avorte est, semble-t-il, automatiquement victime d’elle-même et de la société. Donc, après l’avortement, elle souffre. Le dit « syndrome post-abortif » n’est pas encore prouvé de manière certaine, il est en tout cas le fer de lance des associations catholiques intégristes qui organisent chaque année une « Marche pour la vie ». Preuve en est s’il le faut : l’article de Rue89 a été <a href="http://www.chretiente.info/201112262154/lavortement-medicamenteux-aussi-fait-souffrir-la-mere/" target="_blank">repris sur un site</a> appelant à la Marche en janvier prochain.</p>
<p>Il est temps de cesser de véhiculer l’image de femmes constamment traumatisées et victimes de leurs actes et d’évoquer le vrai problème de santé publique que constitue l’IVG : la baisse des subventions, la fermeture de centres IVG, le manque de moyens. Envisager davantage un encadrement des soignants que des femmes, qui ne sont pas éternellement victimes.</p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<p>&nbsp;</p>
<div>
<p style="text-align: justify;"><a name="_ftn1"></a>[1] Ici pas de source précise, je m’appuie sur de longues conversations avec des soignants de plusieurs endroits de France, que je ne cite pas par souci de préservation d’anonymat</p>
<p style="text-align: justify;"><a name="_ftn2"></a>[2] Les estimations ici sont ici de ma propre étude, menée en 2010 auprès d’associations catholiques engagées sur l’IVG en France.</p>
<p>&nbsp;</p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
</div>
<div></div>
<div><em><strong>Pour aller plus loin :</strong></em></div>
<ul>
<li>BEAUCHE Guy, « Avortement : le procès de Bobigny », Public Sénat, diffusé le 7 mars 2011 (<a href="http://www.publicsenat.fr/vod/documentaire/avortement-leproces-de-bobigny/68450" target="_blank">podcast en ligne</a>).</li>
<li>ERNAUX Annie, 2000, <em>L’Événement</em>, Gallimard, « Folio », Paris, 130 p.</li>
<li>EVEGRAND Martine, 1995, <em>Les Enfants du bon Dieu. Les catholiques français et la procréation au 20e siècle</em>, « Bibliothèque Albin Michel – Histoire », Paris, 475 p.</li>
<li>FRIEDMAN Isabelle, 2006, <em>Liberté, sexualités, féminisme. Cinquante ans de combat du Planning pour les droits des femmes</em>, Éditions la Découverte, Paris, 277 p.</li>
<li>GOUJET Guillaume, SAHEL Jérémy et WERTHENSCHLAG Emmanuel, « Code 178, des mots sur l’avortement », Enfin Bref production, avril 2010 (<a href="http://enfinbref.com/?p=3" target="_blank">en ligne</a>).</li>
<li>VEIL Simone, 2007, Une vie, Stock, Paris, 397 p.</li>
<li>WINCKLER Martin, 1989, La Vacation, POL Éditeur, « J’ai lu », Paris, 254 p.</li>
</ul>
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		<title>Question de &#171;&#160;priorités&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Sat, 29 Oct 2011 09:04:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphanie</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la louche]]></category>
		<category><![CDATA[colère]]></category>
		<category><![CDATA[égalité]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[humains]]></category>

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		<description><![CDATA[Ces temps-ci, le climat est propice au second degré qu&#8217;il ne faut surtout pas mal interpréter, sur un sujet qui est tellement léger, au fond : les femmes. Déclinaisons multiples : on se rit de Tristane Banon et de Nafissatou Diallo (viol et agressions sexuelles), on se rit des demoiselles (nouvelle campagne d&#8217;Osez le féminisme), [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Ces temps-ci, le climat est propice au second degré qu&rsquo;il ne faut surtout pas mal interpréter, sur un sujet qui est tellement léger, au fond : les femmes. Déclinaisons multiples : on se rit de Tristane Banon et de Nafissatou Diallo (viol et agressions sexuelles), on se rit des demoiselles (nouvelle campagne d&rsquo;<a href="http://www.osezlefeminisme.fr/" target="_blank">Osez le féminisme</a>), on se rit des femmes qui votent/ne votent pas (Arabie Saoudite), on se rit des <a href="http://www.scienceshumaines.com/genre-et-identite-judith-butler-en-france_fr_5114.html" target="_blank"><em>gender studies</em></a>. C&rsquo;est tellement <em>drôle</em>, tout ça, on se marre tous les soirs en y pensant. Ces moments où la société me renvoie, très violemment, à ma &laquo;&nbsp;condition de femme&nbsp;&raquo;, je n&rsquo;ai qu&rsquo;un seul réflexe : sortir les griffes.<span id="more-2224"></span></p>
<div style="text-align: justify;">
<p>On peut penser ce qu&rsquo;on veut de l&rsquo;affaire DSK, de <a href="https://twitter.com/#!/carolinedehaas" target="_blank">Caroline de Haas</a> ou du droit de vote des femmes en général. De toute façon, on en pensera ce qu&rsquo;on veut. Il reste tout ce climat pourri qui règne en ce moment, ces blagues merdiques que tout le monde s&rsquo;autorise, ces remarques un peu plus piquantes. J&rsquo;ai découvert cette semaine qu&rsquo;il fallait nécessairement une hiérarchie, soit dans les <a href="http://www.rue89.com/2011/09/26/victime-de-viol-je-suis-degoutee-par-la-mascarade-tristane-banon-223677" target="_blank">crimes</a> soit dans les combats. Hommes, femmes : choisissez votre arme.</p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Fascinée par cette monomanie qui semble nécessaire, je me demande, en toute sincérité, ce que font ces bonnes personnes qui trouvent à redire sur chaque action féministe. Est-ce parce que la femme prend la parole sur la place publique que la contrariété naît ? Je ne pense pas ; on laisse bien Marine Le Pen s&rsquo;exprimer sans la reprendre sur sa place de femme. Alors, c&rsquo;est autre chose…</p>
<div style="text-align: justify;">
<p>Ne serait-ce pas que, s&rsquo;attaquant à plusieurs fronts d&rsquo;un même coup, on risquerait de <em>vraiment</em> changer les choses ? Ne risque-t-on pas de changer les structures de notre société ? Là est le danger. Le monde bascule, <a href="http://www.routard.com/mag_info/7719/des_passeports_adaptes_aux_transexuels_et_transgenres.htm" target="_blank">l&rsquo;Australie </a>reconnaît sur son passeport le troisième genre avec l&rsquo;identité &laquo;&nbsp;X&nbsp;&raquo;. Et la France demeure dans ses conforts : mademoiselle, c&rsquo;est bien, c&rsquo;est un si joli terme, pourquoi l&rsquo;abolir, qui sont ces connasses qui veulent tout renverser ?</p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Dans le &laquo;&nbsp;tout renverser&nbsp;&raquo;, entendons-nous : supprimer la case &laquo;&nbsp;Mademoiselle&nbsp;&raquo; dans les papiers administratifs, cela revient SIMPLEMENT à faire respecter <a href="http://www.c-e-r-f.org/nomappellation" target="_blank">la loi</a>. Après, on en pense ce qu&rsquo;on veut de la loi, mais c&rsquo;est une autre histoire.</p>
<p style="text-align: justify;">L&rsquo;histoire du moment, en fait, c&rsquo;est que tout le monde s&rsquo;en fout de l&rsquo;égalité hommes-femmes. Tout le monde s&rsquo;en fout que des milliers de victimes de viols et agressions sexuelles portent plainte (quand elles osent le faire) et que ça tombe dans l&rsquo;oubli. Tout le monde s&rsquo;en fout qu&rsquo;on tente, encore en 2011, encore en France, de pister le statut marital d&rsquo;une femme mais pas d&rsquo;un homme. Tout le monde s&rsquo;en fout qu&rsquo;il y ait trois femmes de moins au Sénat, puisque la gauche a gagné. Tout le monde s&rsquo;en fout, non parce que ce n&rsquo;est pas <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bancable" target="_blank"><em>bankable</em></a> mais parce que c&rsquo;est devenu une blague. Il est devenu drôle de dire que pour faire taire une femme qui porte plainte pour viol, <a href="http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/cafouillage/42-cafouillage/1360-viol-et-humour-sur-twitter" target="_blank">il faut la violer</a>. Il est devenu drôle de dire &laquo;&nbsp;C&rsquo;est pire en Arabie Saoudite, au moins ici tu peux conduire et aller voter&nbsp;&raquo;. Combat qui a perdu tout son sens, dont tout le monde se moque, au sens premier du terme.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui me rend particulièrement triste, à vrai dire, c&rsquo;est la connerie de tous ceux qui pensent que le féminisme n&rsquo;arrange que les femmes. Le féminisme, c&rsquo;est une vision de la société, une vision globale de l&rsquo;homme, de la femme et des autres. Le féminisme, cet idéalisme qui fait dire qu&rsquo;hommes et femmes sont égaux, ça revient parfois, très simplement, à dire que l&rsquo;homme n&rsquo;est pas un monstre prêt à nous attaquer partout, que la femme n&rsquo;est pas une victime perpétuelle. L&rsquo;homme n&rsquo;est pas voué à être violent ; l&rsquo;homme doit être éduqué à ne pas violer. La femme n&rsquo;est pas faible ; la femme doit être éduquée à se défendre en cas d&rsquo;agression.</p>
<p style="text-align: justify;">À titre personnel, à chaque fois qu&rsquo;on m&rsquo;appelle &laquo;&nbsp;<a href="http://www.elle.fr/Societe/Edito/Apres-vous-Mademoiselle-1769892" target="_blank">mademoiselle</a>&nbsp;&raquo; j&rsquo;ai l&rsquo;impression d&rsquo;être inachevée, qu&rsquo;<a href="http://blogs.lesinrocks.com/bouillondeluxure/2011/09/28/mesdemoiselles-messieurs/" target="_blank">il me faut vite me marier</a> ou vieillir pour être enfin complète. Quand j&rsquo;exige le &laquo;&nbsp;madame&nbsp;&raquo;, je deviens pénible pour mon interlocuteur. J&rsquo;aimerais simplement pouvoir <em>avoir le choix</em>. J&rsquo;ai cru comprendre, en filigrane, qu&rsquo;il n&rsquo;était pas crédible pour une dite « vraie » féministe de s&rsquo;intéresser à des sujets autres qu&rsquo;avortement, excision et violences conjugales. Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il doit être beau, ce monde binaire, dans lequel il semblerait qu&rsquo;on évolue ! Apparemment, discuter linguistique est incompatible avec le fait de militer contre la fermeture de centres IVG, contre l&rsquo;excision et contre les violences conjugales.</p>
<div style="text-align: justify;">
<p>Apparemment il faut être monomaniaque ou se taire.</p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Monomaniaque : un seul combat à la fois. Dès qu&rsquo;on s&rsquo;attache aux structures de la société, quelqu&rsquo;un de bien intentionné vient nous rappeler, à nous les &laquo;&nbsp;féministes&nbsp;&raquo; (tout d&rsquo;un coup on n&rsquo;est plus un corps citoyen, on est détaché-e-s de l&rsquo;ensemble), qu&rsquo;il y a &laquo;&nbsp;plus important&nbsp;&raquo; : les retraites, l&rsquo;égalité salariale. Et les femmes qui se font cloîtrer partout dans le monde, tu y penses un peu !? Ce billet pour en venir à cela : chers amis, laissez-nous le droit de nous intéresser à plusieurs causes, en même temps. Laissez-nous le droit de parler.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces dernières semaines me donneraient presque envie de <a href="http://www.bobleponge.fr/photos/humour-bob-eponge/Angry-Spongebob.jpg" target="_blank">jeter l’éponge</a>, de ne plus écrire sur des sujets féministes, de m’en tenir à tout le reste (c’est quoi, tout le reste ?). Je n’ai jamais souhaité l’entre-soi, sinon j’aurais simplement envoyé un mail à mes ami-e-s déjà convaincu-e-s par la cause, et point barre. Au contraire, j’ai toujours voulu trouver dans le dialogue une manière de comprendre celui qui ne partage pas mes opinions, et de me faire comprendre, et, ainsi, d’avancer ensemble. Je ne comprends pas tout ce climat, toute cette haine qu’on s’autorise à exprimer, tout à coup, hop, lâchez-vous, que le plus hargneux l’emporte.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces temps-ci, j’ai perdu mon humour, quelque part entre une des affaires DSK, « Mademoiselle » et la jubilation mesquine de tous les commentateurs. J’ai perdu mon humour de lire des pages de stupidités qui se voulaient intelligentes, mais qui n’étaient que vide et mise en abîme de ce vide. Qu’est-ce que j’aimerais offrir certains livres à certaines personnes. Comptez donc à venir sur une bibliographie conseillée d’ouvrages féministes et à portée de main. Je ne me tairai pas.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Photos (CC) : </em><a href="http://www.flickr.com/photos/library_of_congress/4138846882/" target="_blank">Suffrage Hay wagon (LOC)</a> <em>, Bain News Service, publisher.</em></p>
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